Changer d'édition

Gérard Schockmel insiste sur une surveillance continue
Luxembourg 6 min. 17.03.2022 Cet article est archivé
Pandémie au Luxembourg

Gérard Schockmel insiste sur une surveillance continue

Gérard Schockmel considère que la pollution atmosphérique n'influence pas la propagation du virus.
Pandémie au Luxembourg

Gérard Schockmel insiste sur une surveillance continue

Gérard Schockmel considère que la pollution atmosphérique n'influence pas la propagation du virus.
Photo d'archives: Marc Wilwert
Luxembourg 6 min. 17.03.2022 Cet article est archivé
Pandémie au Luxembourg

Gérard Schockmel insiste sur une surveillance continue

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
Alors que le nombre de cas positifs au covid repart à la hausse, le Dr Gérard Schockmel ne voit pour le moment pas de quoi s'alarmer. Mais il considère qu'il faut suivre de près les taux d'incidence et l'arrivée de nouveaux variants.

Libéré et délivré du covid avec la fin de la plupart des mesures sanitaires depuis vendredi dernier ? La fin de la pandémie n'est sans doute pas pour tout de suite. Le nombre de cas positifs au covid est reparti à la hausse, avec un quart d'infections en plus. Faut-il déjà craindre l'arrivée d'une nouvelle vague, alors que le nombre de cas augmente aussi de nouveau dans d'autres pays européens? Le Dr Gérard Schockmel, médecin spécialiste en maladies infectieuses aux Hôpitaux Robert Schuman et expert auprès de l’EMA (Agence européenne du médicament), fait un point sur la situation sanitaire.


ARCHIV - 26.01.2022, Bonn: Eine Mitarbeiterin des Labors CBT füllt mit einer Pipette zur Vorbereitung von Corona PCR Tests eine Testflüssigkeit in einer Trägerplatte. Die leichtere Übertragbarkeit des Omikron-Subtyps BA.2 und die Rücknahme kontaktreduzierender Maßnahmen sind nach Ansicht des Robert Koch-Instituts (RKI) vermutlich für den erneuten Anstieg der Covid-19-Fälle verantwortlich. (zu dpa «SRKI: Omikron-Subtyp BA.2 lässt Fallzahlen steigen») Foto: Henning Kaiser/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les infections au covid ont augmenté de 24%
Selon le rapport hebdomadaire de la Santé, les infections ont augmenté de près d'un quart pour la semaine du 7 au 13 mars.

Comment expliquez-vous la hausse de 24% des cas positifs au covid la semaine dernière ?

Gérard Schockmel: «Quand on allège les mesures, le taux d'incidence remonte. C'est un effet qui était totalement prédictible. Le taux d’incidence reflète la dynamique globale au sein de la société. Comme les restrictions avaient déjà été allégées dans plusieurs pays, nos citoyens étaient conscients ici que ce serait le cas aussi au Luxembourg avant Pâques. Je pense que la population est fatiguée des restrictions et qu'il y avait une forme d'anticipation à se relâcher (ndlr: avant le vote de la nouvelle loi Covid mettant fin au port du masque obligatoire et au CovidCheck).

Il est difficile d'évaluer dans quelle mesure le comportement individuel est responsable d'une telle hausse de cas positifs à la Covid-19. Mais la question est de savoir si ce nombre de cas positifs représente un problème et un risque.

Certains épidémiologistes parlent de pollution atmosphérique qui pourrait expliquer l'augmentation des infections à la Covid-19, vous en pensez quoi ?

«C'est une piste très spéculative. La transmission du virus se fait par des particules virales qui se libèrent par la sécrétion de gouttelettes et d’aérosols en respirant, toussant ou parlant. Les aérosols jouent plutôt un rôle à l'intérieur qu'à l'extérieur. 

Vous écartez donc une influence du climat sur la propagation du virus ?

« Le facteur le plus important dans la transmission est encore et toujours le comportement humain. Nous savons ce qui peut limiter la propagation du virus, à savoir garder ses distances, éviter de grands rassemblements et porter le masque. Le comportement humain est un facteur essentiel dans la transmission de la Covid-19. La transmissibilité du variant viral en circulation en est un autre.

Selon vous, c'était trop tôt pour alléger les mesures ?

«Je crois qu'il faut surtout du recul et regarder les chiffres qui peuvent varier d'un jour à l'autre. Il faut voir si c'est une tendance qui se maintient ou non. Les données doivent être interprétées dans leur contexte. Je ne m'alarmerais pas avec seulement l'information de près de 6.000 nouveaux cas positifs la semaine dernière.

En plus des taux d'incidence, il faut aussi savoir quel variant circule, si c'est Omicron ou le sous-variant BA.2 qui n'est pas très préoccupant. Quand il s'agit d'Omicron, il y a moins de cas graves et de personnes qui se retrouvent en soins intensifs.

Il faut rappeler que les patients à l'hôpital sont systématiquement testés. La plupart ne venaient plus à cause du virus. Ces patients ont été hospitalisés à cause d'autres pathologies.

Les vaccins élaborés il y a deux ans sont-ils encore efficaces avec l'arrivée des nouveaux variants?

«Les vaccins ont jusqu’à présent été actifs contre tous les variants. Contre Omicron, ils sont moins efficaces quand il s’agit de prévenir l’infection, mais ils confèrent une bonne protection contre une maladie grave. Il n’est pas sûr qu’un vaccin spécifiquement conçu pour Omicron, aurait été plus efficace que les vaccins de la première heure avec les doses «booster» actuellement recommandées.


09.02.2022, Mecklenburg-Vorpommern, Schwerin: Apotheker Marco Bubnick impft eine Kundin in der Regenbogenapotheke mit dem Corona-Impfstoff Moderna. Die ersten Apotheken in Mecklenburg-Vorpommern bieten nun Corona-Schutzimpfungen nach vorheriger Terminabsprache an. Bislang hätten acht Apotheken im Land die notwendigen Bescheinigungen erhalten. Ende Januar 2022 hatten im Nordosten Schulungen für das Impfen begonnen. Foto: Jens Büttner/dpa-Zentralbild/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Pas d'élargissement pour la quatrième dose de vaccin
La quatrième dose de vaccin anti-covid pour tout le monde, ce n'est pas pour tout de suite au Luxembourg. Pour l'heure, ce rappel reste réservé uniquement aux personnes «hautement vulnérables».

La quatrième dose pour les personnes âgées est-elle nécessaire?

«Je ne vois actuellement pas l'intérêt d’administrer une quatrième dose à toute la population, ce n'est pas nécessaire. Pour les personnes fortement immunodéprimées ou ayant un système immunitaire défaillant, une quatrième dose de vaccin est tout à fait justifiée par contre. Il faudra ensuite voir si la quatrième dose se justifie également à partir d'un certain âge, mais à l’heure actuelle, il n’y a que peu de données à ce sujet. Il n'y a donc pas urgence. Il faut aussi considérer qu'il y a entretemps beaucoup de personnes qui ont été vaccinées et en plus infectées. L'infection fonctionne en fait un peu comme un booster quand on a déjà été vacciné.

Vous faites partie du groupe d'experts qui dans leur avis du 14 janvier 2022 ont plaidé pour la vaccination obligatoire pour les personnes de plus de 50 ans. C'est encore d'actualité?

«Nous ne savons pas quels variants succéderont à Omicron. On ne peut pas partir du principe qu'il n'y aura plus que des variants peu virulents qui circuleront. N’oublions pas qu’il existe encore toujours des personnes vulnérables qui ne sont pas ou partiellement vaccinées ou qui ont un système immunitaire défaillant. L'immunité au virus diminue au fil des mois. En été, l'épidémie baissera de manière saisonnière comme les autres années.


La vaccination obligatoire, voie royale pour s'en sortir
Dans une tribune publiée dans le «Luxemburger Wort», l'infectiologue Dr. Gérard Schockmel ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de l'immunisation des personnes, nécessaire à ses yeux.

En septembre, il est possible qu’Omicron aura été remplacé par d'autres variants. Nous devons assurer que notre système de santé soit pleinement opérationnel, que ce soit pour les patients Covid ou les patients non-Covid. Nous avons le devoir de protéger les plus vulnérables, c'est essentiel. Leur nombre est tel qu’ils pourraient mener à une surcharge du système de santé. Nous voulons permettre à la population de vivre le plus normalement possible, comme c'est le cas depuis quelques jours.

Vous ne craignez pas qu'on arrive déjà dans une autre vague de l'épidémie?

«Il faudra tout d’abord définir ce qui constitue une vague. Le taux d’incidence est très élevé avec Omicron parce que ce variant est très transmissible. Mais cela n'est pas si problématique du fait que les complications, les hospitalisations et les décès ne montent pas proportionnellement. La plupart des cas positifs à l'hôpital sont découverts fortuitement lors du dépistage systématique dans le milieu des soins.

Je pense qu'il faut maintenir la surveillance et rester attentif aux taux d'incidence, aux complications et aux variants qui circulent. Un bon indicateur d’alerte reste le taux d’hospitalisations causées par la Covid-19. Si des variants plus virulents arrivent, il faudra repenser la politique sanitaire actuelle. Pour le moment, cela n'est pas nécessaire sur base des informations dont nous disposons. Je pense qu'il faut simplement savoir faire preuve de flexibilité.»


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La situation dans les hôpitaux est stable. Le directeur de la Santé, le Dr Jean-Claude Schmit, s'attend à de nouveaux assouplissements.
Lokales,Interview mit Dr. Jean Claude Schmit - Update zur Corona-Pandemie.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Propulsés au premier plan au plus fort de la crise sanitaire, les infirmiers du Luxembourg ont comme partout été extrêmement sollicités ces deux dernières années. Le point sur leur situation à l’heure où les restrictions sanitaires sont allégées.
Pour tenter de répondre à la pénurie, une refonte de la formation et une campagne auprès du grand public sont évoquées.
Le 13 mars 2020, le pays recensait le premier décès lié au covid. Alex Meyers, responsable adjoint du service soins intensifs des Hôpitaux Robert Schuman, revient sur les deux ans de pandémie et la prise en charge des patients.