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Georges Engel vise une victoire du collectif LSAP
Luxembourg 6 min. 05.08.2020

Georges Engel vise une victoire du collectif LSAP

Georges Engel entend démarquer le LSAP des compromis faits au nom de la coalition gouvernementale en exprimant plus clairement le point de vue socialiste.

Georges Engel vise une victoire du collectif LSAP

Georges Engel entend démarquer le LSAP des compromis faits au nom de la coalition gouvernementale en exprimant plus clairement le point de vue socialiste.
Photo : Lex Kleren
Luxembourg 6 min. 05.08.2020

Georges Engel vise une victoire du collectif LSAP

Voir le groupe socialiste prendre plus d'ampleur encore: telle est l'ambition du chef de fraction.

(pj avec Annette Welsch) A l'instar de son homologue du DP, Gilles Baum, Georges Engel n'est président de fraction que depuis peu de temps. Six mois tout juste que le socialiste dirige les députés LSAP à la Chambre. A 51 ans, le successeur d'Alex Bodry veut que la voix socialiste se fasse plus entendre encore dans l'approche des textes de loi.

Quel a été le plus grand changement pour vous durant ce premier semestre? 

«A dire vrai, mes objectifs de président de fraction ont été balayés par la crise covid-19. Des mesures de renforcement de l'esprit d'équipe étaient prévues, mais cela n'a pas été rendu possible. Au sein du groupe LSAP, nous avons aussi recruté du personnel car nous avons obtenu plus d'argent du Parlement pour cela. Mais l'actualité parlementaire a surtout été très influencée par la pandémie, donc c'était une période globalement stressante.

Sans oublier mon départ de mes fonctions de bourgmestre de Sanem. Après 15 ans à la tête de la commune, cela m'a touché car je m'identifiais fortement à ma ville.  


 Vous avez parlé de team building, vous vous définissez comme joueur d'équipe plutôt que soliste. Quelle est votre marque?

«Un ''dinosaure politique'' comme Alex Bodry  n'avait besoin de personne pour faire de la bonne politique. Il savait tellement de choses qu'il pouvait se débrouiller tout seul. Pour remplir mon rôle de chef de groupe (qui intervient quand les choses deviennent explosives, qui doit pouvoir faire des discours spontanés, qui se retrouve dans tous les dossiers, qui met en cohérence le travail du groupe) je dois encore travailler. Mais cela ne fonctionnera que si chacun des députés socialistes se voit confier davantage de responsabilités individuelles, mais aussi se considère comme un élément de l'équipe.


Lokales, Interview Georges Engel über Zukunft als BM in Sassenheim, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
Georges Engel ne veut plus être «Mister Nobody»
A 51 ans, le bourgmestre de Sanem s'amuse de son manque de notoriété nationale. N'empêche, petit à petit, le tout nouveau chef de fraction LSAP à la Chambre se fait un nom.

En langage footballistique : nous n'avons pas besoin de dix attaquants, qui marquent chacun un but, et puis vous perdez 10 à 15 parce qu'il n'y avait ni défenseurs ni gardien de but. Chacun - y compris le personnel du groupe - doit jouer son rôle et alors il sera alors difficile de gagner contre nous.

Jusqu'à présent, vous vous êtes principalement axé sur l'emploi et la politique sociale. L'heure approche d'évoquer la politique budgétaire du gouvernement...

«J'ai passé 15 ans à monter le budget de Sanem, et je suis membre de la commission des Finances. Les finances ne sont pas directement dans mon ADN, mais elles m'intéressent. Cette année, les comptes de l'État sont sous une drôle d'étoile. Nous ne savons pas vraiment où nous allons. La reprise viendra-t-elle rapidement? Les aides d'État auront-elles bien l'effet attendu? En septembre, nous y verrons plus clair. Mais je suis toujours président de la Commission de l'emploi et de la sécurité sociale.

La montée en puissance de Paulette Lenert ravit Georges Engel, mais complique la répartition des rôles pour le futur...
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Photo : Lex Kleren

Quel est actuellement votre dossier le plus important?

«Il s'agit de trois questions. Comment garder les finances sous contrôle, car la crise a un impact considérable. Ensuite, il y a la hausse du chômage. Je pense que c'est terrible quand les jeunes n'ont plus aucune perspective. C'était déjà un problème auparavant et il a été exacerbé par la crise. Il y a de moins en moins d'apprentissages et il est également compréhensible que les entreprises fassent profil bas côté embauche. 

Récemment, des décisions tripartites ont été prises à ce sujet. Elles ont été mises en œuvre la dernière semaine de la session avec trois lois adoptées au Parlement, mais cela ne sera pas suffisant. Le chômage est une tumeur de la société, qu'il faut traiter directement et maintenir aussi petite que possible.


Wirtschaft, ADEM, Arbeitsamt, Jugendarbeitslosigkeit, Arbeit, Job, ADEM Esch Alzette, ( gestelltes Bild mit Einverständnis des Jugendlichen zu jedem Thema in Zusammenhang der ADEM ) Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort Esch Alzette, ( gestelltes Bild mit Einverständnis des Jugendlichen zu jedem Thema in Zusammenhang der ADEM ) Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Les millennials, principales victimes de la crise
Avec un quart de ses jeunes de moins de 30 qui ne trouvent actuellement pas de travail, le Luxembourg fait partie des mauvais élèves européens. Seules la Grèce et l'Espagne présentent des chiffres moins favorables. Explication d'un phénomène aux conséquences potentielles importantes.

Le troisième dossier qui me tient à cœur est la nouvelle loi sur la protection du climat, en cours d'examen. L'avis du Conseil d'État à ce sujet est plutôt véhément, car la clause sociale est critiquée. Mais pour nous, en tant que LSAP, c'est très, très important. L'impact des mesures climatiques doit être amorti socialement, et chacun doit pouvoir participer au Pacte climat. 

En tant que chef de groupe, vous êtes pris entre le contrôle du gouvernement, mais aussi veiller à ce qu'il dispose toujours d'une (très faible) majorité au Parlement. Cela laisse-t-il de la place pour une position critique ?

«Il s'agit en effet d'un exercice d'équilibre pas toujours facile. Mais nous avons une assez bonne communication avec les ministres. Avec Dan Kersch (vice-Premier), Yves Cruchten (nouveau président du parti) et moi-même, il y a trois personnes au sommet qui s'entendent également bien en dehors de la politique. Cela aide beaucoup.

Très heureux que pour la première fois une femme soit à la tête du Politmonitor

Au sein du LSAP, nous devons faire connaître nos positions plus clairement que par le passé. En disant «ceci est notre position en tant que parti, mais nous sommes dans une coalition et nous avons accepté ce compromis''. Montrer que notre parti a une position différente (souvent plus radicale) et qu'il essaierait de la faire passer si nous ne faisions pas partie de cette coalition LSAP-Déi Gréng-DP. Donc je pense aussi qu'un groupe doit élaborer ses propres positions afin de se distancer des compromis faits. 

Quelles conclusions tirez-vous du dernier Politmonitor, dans lequel le LSAP est resté stable et où la ministre de la Santé Paulette Lenert a pris la tête ?

«Je ne tire aucune conclusion pour les élections de 2023. Mais je suis néanmoins heureux que la tendance à la baisse ait été stoppée et que nous ayons même pu augmenter légèrement de 0,7% d'opinion favorable. Mon objectif est de regagner en 2023 les trois sièges à la Chambre que nous avons perdus en 2018. C'est un objectif très réaliste.


Politik, Corona-Virus, Pressekonferenz Paulette Lenert, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Paulette Lenert chamboule totalement le jeu politique
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Nous sommes, bien sûr, très heureux que pour la première fois une femme soit à la tête du Politmonitor. Et le fait qu'elle soit LSAP nous rend plus heureux encore. Paulette s'est avérée être une chance pour le parti. Sans grande expérience politique préalable, elle montre qu'elle est la bonne personne au bon endroit.

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