«Frontaliers, papiers, s'il vous plaît !»
«Frontaliers, papiers, s'il vous plaît !»
Les frontaliers belges ne sont pas (encore) concernés par la nouvelle obligation que vient de mettre en place le gouvernement luxembourgeois. Par contre, ceux qui parmi les 106.000 salariés français et les 45.000 allemands sont encore dans l'obligation de venir travailler au Grand-Duché, vont devoir montrer patte blanche. A défaut de disposer d'un "certificat de nécessité de traverser la frontière", la circulation vers et sur le territoire luxembourgeois pourrait leur être refusée.
Ce changement a été signifié par les autorités luxembourgeoises à l'heure où, lundi soir, Emmanuel Macron annonçait des restrictions draconiennes pour les déplacements des 66 millions de Français. Mais le président français n'a rien avancé concernant la circulation des citoyens entre Etats européens. Et sans doute la formalité nouvelle vient-elle se mettre en place en amont d'un confinement plus ferme encore de l'Hexagone ou certaines de ses régions dans les jours à venir.
En effet, l'épidémie de covid-19 s'avère particulièrement virulente dans la région Grand Est voisine (1.378 cas positifs et 45 décès). Aussi, Xavier Bettel et son gouvernement anticipent sans doute une annonce prochaine de fermeture des frontières entre les deux pays.
Mais, pour l'heure, cette barrière sanitaire n'a pas encore été baissée. Un délai qu'employés et employeurs doivent donc mettre à profit pour remplir soigneusement le précieux sésame qui, demain peut-être, permettra à la seule main-d'oeuvre dite «essentielle» (soignants en priorité) de venir travailler au Grand-Duché.
Le ministère d'Etat, à l'origine du document, n'indique pas ce que risquerait le frontalier français ne pouvant présenter le certificat en cas de contrôle. Tout juste le ministère de Xavier Bettel (DP) précise-t-il que les titulaires de ce papier «seront exemptés des restrictions sur les passages frontaliers entre la France et le Luxembourg».
Dans la lutte contre la propagation du coronavirus, les autorités médicales insistent bien sur la dangerosité des mouvements et des contacts des populations. Un propos repris au plus haut niveau par Ursula von der Leyen, lundi encore : «Moins il y a de voyages, plus nous pouvons contenir le virus», a réaffirmé la présidente de la Commission européenne.

