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Frontaliers: Aucune compensation financière en vue pour la France
Luxembourg 3 min. 24.11.2016 Cet article est archivé

Frontaliers: Aucune compensation financière en vue pour la France

Un système de compensation existe bel et bien avec la Belgique mais dans un cadre légal fixé en 2001

Frontaliers: Aucune compensation financière en vue pour la France

Un système de compensation existe bel et bien avec la Belgique mais dans un cadre légal fixé en 2001
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 24.11.2016 Cet article est archivé

Frontaliers: Aucune compensation financière en vue pour la France

Maxime LEMMER
Maxime LEMMER
"L'Etat luxembourgeois devrait verser une compensation financière pour les frontaliers français qui payent leurs impôts là-bas". Cette phrase d'Harlem Désir a beaucoup fait réagir mais aucune mesure en ce sens n'est prévue.

(ml) - Le Luxembourg est un véritable aimant pour de nombreux travailleurs de la Grande Région. Selon une étude de l'Observatoire du marché du travail interrégional, ils sont plus de 173.000 à franchir quotidiennement les frontières de France (87.000), d'Allemagne (43.000) ou de Belgique (43.000) pour venir travailler au Luxembourg. En 1999, ils étaient seulement la moitié. 

Selon des prévisions évoquées par le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Harlem Désir, en visite au Grand-Duché lundi dernier, ces chiffres devraient doubler d'ici à 2035.

"Sur quoi sont basés ces calculs?"

"Je ne sais pas sur quoi sont basés ces calculs", rétorque Corinne Cahen, ministre de la Grande Région, au Luxemburger Wort. Etablir de telles prévisions est très difficile.

Lors de la conférence de presse conjointe suivant la rencontre lundi, Harlem Désir avait plaidé pour une compensation financière, une idée qui revient régulièrement depuis quelques années: "L'Etat luxembourgeois devrait verser une compensation financière pour les frontaliers français qui payent leurs impôts là-bas." 

Cette compensation serait justifiée d'après lui parce que la France paye pour la formation de ces ressortissants qui partent ensuite travailler à l'étranger, pour la prise en charge de leurs enfants au niveau des collectivités locales et pour leur accompagnement au moment de la dépendance. 

Harlem Désir  a notamment fait référence à un accord existant entre le Grand-Duché et la Belgique. Mais la demande du Français a suscité peu d'enthousiasme côté luxembourgeois.

Le gouvernement préfère en effet financer des projets spécifiques, qui bénéficient à la fois aux frontaliers et aux résidents, indique la ministre Cahen.

Des millions d'euros d'investissement

La liste des investissements dans des projets d'infrastructure, qui prennent en compte les besoins de mobilité des frontaliers est longue:

  • mise à 2x3 voies de l'A3 à hauteur de Dudelange pour 255 millions d'euros,
  • développement de la ligne de chemin de fer Luxembourg-Bettembourg pour 292 millions d'euros,
  • création d'un P+R à Rodange conçu pour 1.800 véhicules pour 50 millions d'euros,
  • ajout de 2 quais supplémentaires à la gare centrale de Luxembourg pour 145 millions d'euros,
  • participation au coût des lignes de transport par autobus Thionville-Luxembourg,
  • et, dès l'an prochain, incitation financière pour les usagers pratiquant le covoiturage.

La demande d'Harlem Désir a été fortement critiquée, y compris par ses propres compatriotes. Pour nombre d'entre eux, l'économie luxembourgeoise contribue en effet à réduire le chômage en Lorraine, et une large partie de l'argent revient dans la région.   

30 millions d'euros annuels pour la Belgique

Depuis 2002, un système de compensation financière est expérimenté entre la Belgique et le Luxembourg dans le cadre de l'union économique belgo-luxembourgeoise. L'objectif est d'assurer le financement de communes belges dont la majorité des résidents travaillent au Luxembourg.

C'est l'actuel ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui avait signé l'accord en 2001 avec le ministre des Finances, Jean-Claude Juncker.

L'an dernier, le "fonds Reynders" a été porté à 30 millions d'euros annuels. Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, avait justifié cette augmentation de 70% par l'augmentation du nombre de frontaliers belges ces dernières années. Le montant versé est révisé à la hausse ou à la baisse tous les trois ans.

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