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François Bausch voit la crise comme une chance
Luxembourg 5 min. 27.10.2019 Cet article est archivé

François Bausch voit la crise comme une chance

François Bausch tente de sortir son parti de la crise avec le calme qui s'impose.

François Bausch voit la crise comme une chance

François Bausch tente de sortir son parti de la crise avec le calme qui s'impose.
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 5 min. 27.10.2019 Cet article est archivé

François Bausch voit la crise comme une chance

A travers la crise dans laquelle se trouve Déi Gréng, François Bausch est redevenu l'homme fort au sein de son parti. Il fédère les Verts et leur donne le courage nécessaire par ces temps difficiles. Il n'épargne ni sa collègue Carole Dieschbourg, ni l'ancien député-maire de Differdange.

(MF avec Danielle Schumacher) – Propulsé vice-Premier ministre du gouvernement Bettel, fin septembre, suite à l'absence prolongée de Félix Braz,  ministre de la Justice et vice-Premier ministre (Déi Gréng), François Bausch, le très exposé ministre de la Mobilité et de la Sécurité intérieure, continue de jouir au sein de son parti, comme de la population d'une belle notoriété


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L'enquête Politmonitor 2019 réalisée pour le compte du «Luxemburger Wort» et de «RTL» contient quelques surprises. Si le ministre des Affaires étrangères continue de truster le haut du classement «compétence et notoriété», les scores obtenus par Déi Gréng et le CSV apparaissent comme révélateurs.

Si les Verts traversent une crise majeure depuis l'affaire Braz et suite à l'affaire Traversini-Dieschbourg, François Bausch avait été le premier homme politique des Verts à avouer sur les ondes de Radio 100.7, fin septembre. Un mois plus tard, le ministre explique dans une interview accordée ce lundi au Luxemburger Wort qu'il a en fait «délibérément parlé de crise» car son but était également de «réveiller le parti». 

La relève est là mais pas l'expérience

Un parti «sévèrement secoué» par la mort de Camille Gira et, à peine un an plus tard, par le malaise cardiaque de Félix Braz, deux de ses piliers. François Bausch rappelle que le parti avait atteint «un très bon résultat électoral l'automne dernier en remportant trois sièges supplémentaires» au parlement mais qu'il était surtout parvenu à rajeunir ses troupes. 

«Contrairement à d'autres partis, nous avons réussi le changement générationnel», glisse-t-il dans l'interview en montrant du doigt le CSV, principal parti d'opposition, et le LSAP où «Taina Bofferding est le seul nouveau visage». Le petit inconvénient chez les Verts, confesse-t-il, est que ce rajeunissement a pour corollaire «un manque d'expérience actuellement».

François Bausch estime que son parti est bien pourvu en personnel. Contrairement à ses rivaux politiques, Déi Gréng a réussi le changement générationnel.
François Bausch estime que son parti est bien pourvu en personnel. Contrairement à ses rivaux politiques, Déi Gréng a réussi le changement générationnel.
Photo: Lex Kleren



«Nous sommes tous en situation de stress»
François Bausch est revenu, ce lundi matin, sur les dossiers chauds du gouvernement. A savoir: le remplacement de Félix Braz par Sam Tanson au ministère de la Justice, le fichier central de la police grand-ducale et les questions concernant les transports.

A 63 ans, celui qui est devenu le poids lourd des Verts au sein du gouvernement se montre «très optimiste, car nous avons le potentiel». Mais aussi parce que la crise, il la voit plutôt comme une chance: «Pour moi, une crise n'est pas nécessairement quelque chose de négatif. Quand je parle d'une crise, je suis conscient qu'il faut que je change quelque chose, que je dois me remettre en question. Si vous gérez bien une crise, vous en sortez plus fort».

«Ce que Roberto Traversini a fait est clairement mal.»

François Bausch

Sur l'affaire qui a coûté son siège de bourgmestre, puis de député à Roberto Traversini, le vice-Premier ministre tranche: «Ce qu'il a fait est clairement mal.» Pour lui, son collègue de parti «n'a apparemment pas remarqué qu'il avait dépassé les bornes, à cause de son activisme. Il ne se rendait plus compte qu'il aurait dû séparer certaines choses». 

«Un parlement n'est pas un tribunal»  

En l'état actuel, et s'il n'y a plus de nouveaux détails qui viennent se rajouter à l'affaire, «on ne peut pas lui reprocher d'avoir, à travers ses actions, voulu s'enrichir à tout prix. C'est pourquoi tout cela est si difficile à comprendre». Reste que François Bausch «ne comprend pas pourquoi quelqu'un met sa carrière politique en jeu à cause de ce genre de petites choses».


Carole Dieschbourg malmenée à la Chambre
La ministre Déi Gréng s'est expliquée devant les députés sur la façon dont elle a géré le dossier Traversini. Pas de quoi convaincre l'opposition qui, Michel Wolter (CSV) en tête, dénonce «l'un des plus grands scandales environnementaux de ces dernières années».

Quant à sa collègue ministre, Carole Dieschbourg, entraînée dans le tourbillon de l'affaire de la cabane de jardin de Roberto, y compris devant la Chambre, François Bausch est d'avis qu'elle «a commis des erreurs techniques dans le traitement de toute cette affaire. La communication n'était pas optimale et elle est arrivée trop tard. Elle aurait dû prendre position beaucoup plus tôt». Quant à l'intervention de l'opposition devant la Chambre des députés, «elle n'était pas correcte. Un parlement n'est pas un tribunal.»

Protection des données: le point sera fait avant Noël

Exposé dans toute l'affaire sur la protection des données, François Bausch entend agir rapidement en prenant en compte le rapport de la Commission sur la protection des données. De nombreuses lacunes peuvent être résolues au sein de la police «sans modifier la loi. Par exemple, nous pouvons réglementer l'accès au fichier central indépendamment de la loi», explique le ministre de la Sécurité intérieure. 

Sans révéler d'échéances, il raconte que le comité de suivi (formé par l'Inspection générale de police, la commission de protection des données, le ministère public et le ministère de la Justice) «s'est fixé un calendrier précis pour la mise en œuvre des différentes propositions du rapport d'expertise de la commission de la protection des données». D'ici «fin décembre», il veut présenter l'évolution des travaux  devant la commission parlementaire. 

Sur le plan législatif, le gouvernement a fait appel à «des conseillers juridiques externes spécialisés dans la protection des données» et les grandes lignes de la loi seront, espère François Bausch «en place d'ici la fin de l'année». Son objectif est «d'atteindre de la clarté tant sur la loi que sur le travail du comité de suivi, avant les vacances de Noël. La mise en œuvre devrait être terminée d'ici l'été prochain».


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