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François Bausch a répondu aux frontaliers et ça ne plaît pas: «Si ça continue, il y aura une émeute»
Les usagers sont de plus en plus excédés par leurs conditions de transport. La réponse de François Bausch ne va certainement pas les apaiser.

François Bausch a répondu aux frontaliers et ça ne plaît pas: «Si ça continue, il y aura une émeute»

Alexandre Grison
Les usagers sont de plus en plus excédés par leurs conditions de transport. La réponse de François Bausch ne va certainement pas les apaiser.
Luxembourg 5 min. 13.06.2016

François Bausch a répondu aux frontaliers et ça ne plaît pas: «Si ça continue, il y aura une émeute»

Excédée, l'association des voyageurs du TER Metz-Luxembourg, avait adressé une lettre ouverte à François Bausch début juin. Le ministre a répondu ce lundi. Une réponse qui "n'apaisera en rien les tensions" selon le secrétaire général de l'association, Henry Delescaut.

Par Sophie Wiessler

Excédée, l'association des voyageurs du TER Metz-Luxembourg, avait adressé une lettre ouverte à François Bausch début juin. Le ministre a répondu ce lundi. Une réponse qui «n'apaisera en rien les tensions» selon le secrétaire général de l'association, Henry Delescaut.

Acte 1. Une lettre de ras-le-bol

Depuis fin mai - et peut-être encore auparavant -, les usagers de la ligne Metz-Luxembourg vivent un enfer sur les routes ferroviaires. Grèves, inondations, retards accumulés, rien ne va plus et la tension commence à monter.

L'association du TER Metz-Luxembourg décide donc de prendre les choses en main et adresse une lettre ouverte au ministre des Infrastructures François Bausch et à Philippe Richert, Président du conseil régional d'Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

Dans cette missive, les frontaliers demandaient au ministre «d'agir sans délai pour résoudre les problèmes d'infrastructure ferroviaire, en particulier en ce qui concerne la remise en état du poste d'aiguillage de Bettembourg, et ce, non pas au moyen d'un énième rafistolage, comme cela a pu se passer dans un passé récent, mais en réalisant d'urgence les travaux de mise aux normes actuelles, prévus à l'horizon 2021.»

Ils plaidaient également pour l'accélération des travaux d'extension de la gare de Luxembourg-ville, en soulignant le fait que de plus en plus de travailleurs frontaliers passaient la frontière via le trafic ferroviaire, sans que jamais un gouvernement n'investisse d'argent dans le renouvellement des infrastructures. 

Une lettre engagée, qui soulignait le ras-le-bol des usagers de la ligne, aux prises avec les grèves, les inondations, les retards et le nombre toujours plus croissant de frontaliers présents dans les trains.

Acte 2. Pour François Bausch, il faut être patient

15 jours plus tard, François Bausch répond à cette lettre. Une missive courte, qui rappelle brièvement les différents travaux qui vont être mis en place au Luxembourg pour améliorer le quotidien des frontaliers. A savoir:

Concrètement, les usagers vont encore devoir attendre un an et demi avant de voir les choses bouger. Le ministre ajoute également que «le réseau ferré luxembourgeois se trouve parmi les plus modernes en Europe» et que «les postes d'aiguillages de Bettembourg offrent toutes les fonctionnalités requises et sont entretenus dans les règles».

Acte 3. Une réponse qui ne plait pas

Face à cette réponse, Henry Delescaut, secrétaire général de l'association TER Metz-Luxembourg n'est pas réellement satisfait. «C'est une réponse standard, qui ne va certainement pas calmer les tensions», explique-t-il. 

«François Bausch nous rabâche les mêmes arguments, les mêmes "investissements sur l'avenir" que d'habitude. Mais il ne reconnait pas qu'il y a un problème. Pas une fois on le voit dire "oui vous avez raison, ça ne va pas"».

Lorsque Henry voit que le ministre souligne le fait que «le réseau ferré luxembourgeois se trouve parmi les plus modernes en Europe», il ne peut s'empêcher de s'esclaffer. «Qu'est-ce que ça doit être ailleurs ?!». Pour lui, l'incompréhension demeure.

«Il y a une panne majeure par semaine au poste de Bettembourg. Si ce n'est pas la pluie, c'est la foudre. J'ai du mal à comprendre ce que fait un poste d'aiguillage aussi important au fond d'une cave. C'est juste du bon sens. On sait très bien qu'à chaque problème, c'est du rafistolage !», poursuit-il. «Si ça continue comme ça, il y aura bientôt une émeute en gare de Luxembourg».

Pour le secrétaire général de l'association, la réponse du ministre n'est donc pas satisfaisante. «On dirait qu'il nous dit: voilà, je n'ai rien à ajouter, c'est comme ça et pas autrement, si ça vous plait pas, c'est pareil. C'est le sentiment que j'ai face à cette réponse»

Et les usagers iront sans doute dans ce sens aussi. Certains se sont déjà exprimés sur les réseaux sociaux.



Epilogue. «On veut un dialogue constructif»

Toutefois, Henry ne veut pas rejeter la faute sur Bausch ou le gouvernement actuel. Il a conscience que tout ne peut pas se régler en un claquement de doigts, et qu'il faudra un peu de temps pour régler tous ces problèmes.

«Ils font ce qu'ils peuvent. Si on en est là, c'est à cause de 30 ans d'immobilisme de la part des gouvernements français et luxembourgeois. Mais j'aurais aimé que François Bausch reconnaisse au moins ses torts.»

«On veut juste un dialogue constructif et là, ce n'est pas le cas. On ne veut pas critiquer pour critiquer, seulement il ne peut pas nous dire que "tout va bien" alors que ce n'est pas le cas», conclut-il.


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