Feu vert pour «Caddy 2», l'atelier anti-gaspi alimentaire
Feu vert pour «Caddy 2», l'atelier anti-gaspi alimentaire
Dans les locaux de la «Stëmm Caddy» à Hollerich, «on récupère 127 tonnes de denrées alimentaires par an. Et on a vraiment atteint une limite dans nos locaux car il n'y a pas assez de place pour tout stocker, tout retravailler», expliquait en avril 2018 Alexandra Oxacelay.
La directrice de la Stëmm vun der Strooss, asbl qui œuvre en faveur des sans-abri et de l'intégration sociale et professionnelle des plus mal logés de notre société, expliquait parallèlement que son «objectif était de passer à 500 tonnes de denrées récupérées par an». Soit 500 tonnes d'aliments sauvées juste avant qu'elles ne finissent dans les poubelles des grandes surfaces au Luxembourg et transformées, très vite, par de petites mains pour être servies dans les restaurants sociaux sous forme de repas, de soupes, de sandwiches ou de jus de fruits.
Un an plus tard et 21 mois après avoir imaginé Caddy 2, un atelier de réinsertion qui va devoir quadrupler la capacité de transformation des denrées récupérées par la Stëmm, «je sais qu'on nous a entendu», pose Alexandra Oxcacelay. La directrice précise: «La volonté politique est là, nous disposons de l'argent et de notre savoir-faire. Maintenant nous devons prouver que ça valait la peine de nous écouter».
545.000 euros pour commencer
Le feu vert pour lancer Caddy 2 est tombé en tout début de mois. Quelques jours à peine après l'adoption du budget de l'Etat 2019 à la Chambre des députés, «est arrivée la convention du ministère de la Santé prenant le projet en considération. Pour 2019, nous disposons d'un budget de 500.000 euros pour la construction, l'aménagement et les premiers équipements et de 45.000 euros pour payer les loyers», assure Arnaud Watelet.
Le directeur administratif et financier de la Stëmm est convaincu depuis sa récente rencontre avec le ministre de la Santé, Etienne Schneider, que le reste de l'enveloppe suivra. La création de l'atelier de revalorisation des denrées non périmées avait été chiffré à 3,7 millions d'euros initialement. La Stëmm pouvant apporter autour de 10% en fonds propres.
La convention ministérielle a également validé la création de trois postes: un cuisinier professionnel et deux éducateurs gradués qui seront embauchés pour encadrer les futurs employés du Caddy 2. De 22 personnes en mesure de réinsertion professionnelle actuellement, l'atelier passera à 50 personnes dans un avenir plus ou moins proche.
A Munsbach ou Schuttrange?
Dans le futur bâtiment travailleront au total 90 personnes. Le projet Caddy 2 englobe en effet l'atelier Schweesdrëps. Situé dans un hall industriel à Esch-sur-Alzette, cet autre atelier thérapeutique emploie 40 personnes qui lavent et repassent toutes les semaines les maillots et shorts de 40 clubs sportifs luxembourgeois.
Les questions financières et de personnel étant levées, reste à savoir où naîtra le projet? Arnaud Watelet a deux belles propositions sur la table. La première serait de louer un grand hall dans la zone industrielle Munsbach à Schuttrange, non loin du Findel. Dans le même bâtiment, le groupe Auchan a monté son drive.
Une visite du site a déjà eu lieu. Il présenterait toutes les potentialités permettant d'y implanter Caddy 2-Schweesdrëps mais nécessiterait d'importantes transformations. D'ores et déjà une entrevue est programmée ce mois-ci avec le collège échevinal de Schuttrange.
L'autre option est venue de la commune de Sanem et permettrait de créer de toutes pièces l'infrastructure souhaitée sur un terrain situé dans la zone d'activité «Um Woeller» à proximité immédiate de la collectrice du Sud. Dans ce cas, la Stëmm signerait un bail emphytéotique sur trente ans.
Les deux balles sont dans le camp de la Stëmm vun der Strooss. Coût précis de chacun des projets, fonctionnalité des bâtiments, accessibilité des sites, etc. tous les éléments vont être pesés par le conseil d'administration qui devrait prendre une décision avant l'été.

