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Félix Braz ne digère pas sa «démission honorable»
Luxembourg 3 min. 12.05.2021

Félix Braz ne digère pas sa «démission honorable»

Félix Braz (tout à droite) avait représenté Déi Gréng à la signature de l'accord de coalition en 2018.

Félix Braz ne digère pas sa «démission honorable»

Félix Braz (tout à droite) avait représenté Déi Gréng à la signature de l'accord de coalition en 2018.
Photo Archives : Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 12.05.2021

Félix Braz ne digère pas sa «démission honorable»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Victime d'un malaise cardiaque à l'été 2019 et longtemps hospitalisé, l'ancien vice-Premier ministre écologiste avait été démis de ses fonctions par arrêté grand-ducal. Aujourd'hui, l'ex-ministre de la Justice conteste cette action auprès du tribunal administratif.

Il a suffi d'un accident de santé pour que la carrière politique de Félix Braz prenne un virage inattendu. Août 2019 voit ainsi celui occupe alors les fonctions de ministre de la Justice être victime d'un malaise cardiaque. Coup dur qui le laissera longtemps à l'écart de la scène publique, au point même que son état de santé impose au gouvernement d'organiser un remaniement dès l'automne. C'est là qu'un arrêté signé de la main de Xavier Bettel et du Grand-Duc viendra signifier la «démission honorable» du vice-Premier ministre déi Gréng.

Plus d'un an et demi après ces faits, voilà Félix Braz de retour. Pas pour un clin d'oeil à ses camarades de parti comme il l'avait fait en 2020 à l'occasion d'un précédent congrès; pas plus pour souligner son retour en forme comme il l'avait signifié lors de la dernière édition du Relais pour la vie. Non, cette fois, le quinquagénaire (55 ans) entend défendre ses droits en dénonçant les conséquences de sa démission «forcée ou involontaire».

Pour cela, le Differdangeois a fait appel à l'avocat Me Jean-Marie Bauler. C'est lui qui, lundi, a déposé deux recours auprès du tribunal administratif. Une double démarche visant à faire annuler l'arrêté de 2020 pour lequel le politicien, acteur prépondérant de la coalition Gambia, n'avait pas eu son mot à dire. «Une démission ne doit pas tomber ainsi du ciel, sans être présentée par l'intéressé ou signée par lui-même», justifie son représentant légal.

La défense compte notamment s'appuyer sur une jurisprudence communautaire dans ce dossier. Il s'agit du cas d'un représentant de Malte qui avait ainsi été débarqué de la Commission Barroso «à son insu». La Cour européenne de justice l'avait réintégré dans ses droits et fonctions. D'où cette interrogation qui plane : si une décision de justice était rendue en faveur de Félix Braz pourrait-il retrouver son poste. «Ipso facto, oui!» Mais la situation est encore loin d'être tranchée. Le gouvernement a maintenant un trimestre pour présenter son mémoire de défense, deux autres mois d'échanges d'arguments suivront ensuite avant qu'en novembre ne soit fixée l'audience. Viendra alors le temps des plaidoiries, le tribunal administratif rendant son avis quelque temps plus tard. 

Par ailleurs, l'ancien ministre Félix Braz attaque aussi le Centre pour la gestion des personnels et de l'organisation de l'Etat (CGPO) estimant que l'indemnisation reçue à la suite de son problème de santé est, selon son défenseur, «discriminatoire et ne correspond pas à ce qui est stipulé par la loi».  Mais, précise Me Bauler, «cela n'est rien en comparaison au choc ressenti par M. Braz quand, une fois sorti de cinq semaines en soins intensifs, il a appris qu'il avait été démissionné».

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