Changer d'édition

Fayot ou di Bartolomeo pour réformer la Constitution
Luxembourg 3 min. 06.12.2019 Cet article est archivé

Fayot ou di Bartolomeo pour réformer la Constitution

Le père de la réforme constitutionnelle, Paul-Henri Meyers verrait bien le député socialiste Franz Fayot (notre photo) reprendre le flambeau d'Alex Bodry à la tête de la Commission parlementaire.

Fayot ou di Bartolomeo pour réformer la Constitution

Le père de la réforme constitutionnelle, Paul-Henri Meyers verrait bien le député socialiste Franz Fayot (notre photo) reprendre le flambeau d'Alex Bodry à la tête de la Commission parlementaire.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 3 min. 06.12.2019 Cet article est archivé

Fayot ou di Bartolomeo pour réformer la Constitution

Maurice FICK
Maurice FICK
La réforme de la Constitution est balayée mais pas abandonnée. Père de ce travail de titan, l'ancien député CSV, Paul-Henri Meyers, a livré deux noms de successeurs potentiels à Alex Bodry à la tête de la commission ad hoc, ce vendredi au micro de RTL.

Puisque l'idée d'une réforme en profondeur du texte datant de 1868, et du coup d'un référendum sur la question, ont été abandonnés en début de semaine, la parade constitue désormais à modifier les différents articles de la Constitution tout en gardant sa structure.


15.1. Staatsarchiv / Konstitution 1868 / Originaldokument / Crise Constitutionelle / Verfassung / Verfassungsaenderungen foto: Guy Jallay
La grande réforme de la Constitution abandonnée
En discussion depuis une décennie, la modification de la Loi fondamentale ne verra finalement pas le jour. Le texte de 1868 devra cependant être progressivement adapté, mais sans la tenue d'un référendum, ont annoncé lundi soir les membres de la commission parlementaire ad hoc.

Les quatre grands partis politiques (CSV, LSAP, DP, Déi gréng) ont trouvé un terrain d'entente après plusieurs réunions informelles et pas plus tard que jeudi, les députés de la Commission des institutions et de la révision constitutionnelle ont provisoirement retenu les 31 points qui pourraient faire consensus, sans trop traîner. Alex Bodry, le président de la commission table même sur 30 à 40 points dans le Tageblatt daté de ce vendredi.

Mars di Bartolomeo et Franz Fayot (à gauche) en pleine discussion à la Chambre.
Mars di Bartolomeo et Franz Fayot (à gauche) en pleine discussion à la Chambre.
Photo: Chris Karaba

«Avec un œil je pleure, avec l'autre je ris», a déclaré avec la sagesse qui le caractérise, Paul-Henri Meyers, le père de la réforme de la Constitution, ce vendredi au micro de RTL. L'ancien député CSV, qui a planché près de vingt ans sur le sujet pleure, parce qu'il estime toujours qu'«une réforme du texte aurait été nécessaire». Et sourit parce qu'au final son travail n'a pas été vain et qu'une issue vient d'être trouvée après que son propre parti eut rejeté le texte l'été dernier.

Paul-Henri Meyers est d'avis que plusieurs points de première importance comme la succession au trône et les relations entre la Chambre des députés et le gouvernement devraient nécessairement y figurer. Pour parvenir à un résultat probant, il importe aux yeux du politicien chevronné qu'une bonne relève soit assurée au sein du LSAP.

Alex Bodry devant en effet rejoindre le Conseil d'Etat en début d'année prochaine, la question de sa succession à la tête de la commission parlementaire est posée. Paul-Henri Meyers verrait bien deux socialistes assumer la lourde tâche: Franz Fayot ou l'ancien président de la Chambre et ancien ministre Mars di Bartolomeo. 

Paul-Henri Meyers préférerait que le futur président de la commission des institutions et de la révision constitutionnelle soit nommé jusqu'à la fin de la législature.
Paul-Henri Meyers préférerait que le futur président de la commission des institutions et de la révision constitutionnelle soit nommé jusqu'à la fin de la législature.
Photo: Guy Jallay

En pleine restructuration suite au départ de Nicolas Schmit à la Commission européenne ce début de semaine, le LSAP devra, dans un avenir plus ou moins proche, aussi trouver un remplaçant à Etienne Schneider. Le vice-Premier ministre prépare déjà sa retraite. Le nom de Franz Fayot circule dans les couloirs. En tout état de cause, «ce ne serait pas une bonne chose que devienne président quelqu'un qui ne reste que six mois pour repartir dans la foulée», pose Paul-Henri Meyers.



Sur le même sujet

En discussion depuis une décennie, la modification de la Loi fondamentale ne verra finalement pas le jour. Le texte de 1868 devra cependant être progressivement adapté, mais sans la tenue d'un référendum, ont annoncé lundi soir les membres de la commission parlementaire ad hoc.
15.1. Staatsarchiv / Konstitution 1868 / Originaldokument / Crise Constitutionelle / Verfassung / Verfassungsaenderungen foto: Guy Jallay
Le CSV bloque désormais clairement la réforme constitutionnelle en réclamant un référendum consultatif, contre l'avis de la majorité gouvernementale. A défaut d'accord, les travaux sur le texte ont été ajournés jusqu'à la rentrée.
IPO , Commission des Institutions , Chambre des Deputes , Suivi Verfassungsreform , Martine Hansen , Leon Gloden , Verfassung , Constitution Foto: Guy Jallay/Luxemburger Wort
Les Luxembourgeois pourraient se rendre deux fois aux urnes en 2019. Directement après l'élection des 6 représentants luxembourgeois au Parlement européen en mai, «démarrera une vaste campagne de sensibilisation sur la nouvelle Constitution». Un référendum sera organisé mais «pas forcément en 2019», prévient Fernand Etgen, président de la Chambre.
Fernand Etgen, président de la Chambre des députés: «Une campagne de sensibilisation sur la future Constitution va être préparée dans les semaines à venir».
«C'est grâce à un travail ardu que j'ai appris le français», confesse volontiers Paul-Henri Meyers qui a fait ses études de droit à la Sorbonne alors que le général de Gaulle gouvernait encore la France. Député depuis 1999, le doyen discret de la Chambre ne se présentera plus aux élections en octobre 2018. Avec le recul, ce chrétien-social convaincu se demande «si à la fin du compte, l'arrivée au pouvoir de l'actuelle coalition gouvernementale, n'a pas été un bienfait pour la démocratie et pour son parti».