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Faut-il se méfier du «tourisme de la protestation»?
Luxembourg 6 3 min. 10.01.2022
Opposition aux mesures anti-covid

Faut-il se méfier du «tourisme de la protestation»?

En se regroupant d'abord à la gare centrale, le cortège de samedi dernier était bien loin du corridor autorisé.
Opposition aux mesures anti-covid

Faut-il se méfier du «tourisme de la protestation»?

En se regroupant d'abord à la gare centrale, le cortège de samedi dernier était bien loin du corridor autorisé.
Photo : Luc Deflorenne
Luxembourg 6 3 min. 10.01.2022
Opposition aux mesures anti-covid

Faut-il se méfier du «tourisme de la protestation»?

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, entend mieux anticiper la venue de perturbateurs originaires des pays frontaliers et venant manifester au Luxembourg.

A défaut du chaos du 4 décembre dernier, c'est la confusion qui a régné samedi dernier autour des manifestants venus dans la capitale crier leur opposition aux choix sanitaires imposés dans le cadre de la crise covid. En effet, si l'habituel regroupement au Glacis n'a guère posé de problème, la police a dû intervenir pour contenir un autre groupe de contestataires. Un cortège de plus de 150 personnes qui n'avait pas annoncé son rassemblement, et avait bien l'intention de sortir du périmètre imposé désormais pour ce type de défilé.


Des policiers critiquent le dispositif choisi samedi
Pas assez nombreux, pas équipés pour la circonstance, manquant de consignes claires : les agents qui ont, de près ou de loin, assisté aux débordements de ce 4 décembre en gardent un souvenir amer.

Ainsi, en prenant leur départ depuis la gare centrale, remontant l'avenue de la Liberté pour rejoindre le boulevard Hamilius, les participants ont quelque peu perturbé la circulation du tram. Mais une fois atteint la Ville-haute, le dispositif policier en place n'a pas réussi à contenir cette foule. D'où quelques intrusions du côté du centre piétonnier de la capitale luxembourgeoise et même une approche tentée en direction de la Chambre des députés.

Certes au final, le mouvement de ce 8 janvier ne s'est  soldé par aucun affrontement significatif avec les forces de l'ordre, ni même de violences sérieuses envers les biens et personnes croisant la route des manifestants, mais le cadre fixé n'a pas été respecté : ni déclaration de manifestation auprès des autorités de la Ville, ni marche dans le seul cadre de l'axe Glacis-Kirchberg. Deux faits qu'a reconnus, ce lundi, le ministre de la Sécurité intérieure. Henri Kox (Déi Gréng) qui, au micro de RTL, a aussi rappelé que quatre participants à la manifestation avaient été interpellés, samedi.

Mais pour le ministre écologiste, il est indispensable que le pays tire profit de ces expériences inédites par le trouble causé au Grand-Duché. Ainsi, Henri Kox devrait s'entretenir avant la fin du mois avec les responsables policiers belges qui ont aidé leurs homologues luxembourgeois sur le maintien de l'ordre ces dernières semaines. Le responsable de la sécurité entend aussi réfléchir à mieux anticiper l'intrusion d'éléments perturbateurs venus de l'étranger semer l'agitation au Luxembourg. 

Sujets brûlants

Car, incontestablement, en fonction des rendez-vous, l'origine des participants aux divers cortèges n'a pas le même accent... Ni les mêmes slogans, ni les mêmes banderoles, ni les mêmes cibles. Des militants anarchistes, par exemple, n'hésitant pas à passer la frontière belge ou française pour venir créer un peu de «tumulte» dans la capitale luxembourgeoise. Ce fut le cas ce 8 janvier comme à d'autres occasions. Des personnes originaires de Strasbourg, Marseille ou Paris étant signalés dans les rangs...

Sachant qu'à l'avenir, il faudrait aussi prévoir d'autre sanction (qu'une simple amende) à l'encontre d'organisateurs de manifestation ne se signalant pas auprès des autorités communales comme le veut la loi actuelle.

Voilà autant de sujets brûlants que le principal parti d'opposition, le CSV, aimerait voir traiter au plus vite. Aussi, la formation présidée par Claude Wiseler a-t-elle demandé la convocation dans les meilleurs délais du ministre et des représentants de la police devant la commission parlementaire en charge des questions de sécurité intérieure.


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