Changer d'édition

Etudiants hier, en renfort aujourd'hui
Luxembourg 3 min. 09.04.2020

Etudiants hier, en renfort aujourd'hui

Avec la crise sanitaire, les étudiants du LTPS pourront se prévaloir d'un stage de terrain assez inédit

Etudiants hier, en renfort aujourd'hui

Avec la crise sanitaire, les étudiants du LTPS pourront se prévaloir d'un stage de terrain assez inédit
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 09.04.2020

Etudiants hier, en renfort aujourd'hui

Olivier TASCH
Olivier TASCH
Les étudiants du Lycée technique des professions de santé (LTPS) sont mobilisés pour donner un coup de main dans la lutte contre le covid-19. Tous ceux qui suivent une spécialisation sont d'ores et déjà sur le terrain pour un stage pour le moins inédit.

La fermeture des écoles le 16 mars a entraîné une adaptation dans l'urgence, avec un basculement vers l’enseignement à distance. Mais pour le Lycée technique des professions de santé (LTPS) de Luxembourg, la crise actuelle a évidemment une implication toute particulière. Ainsi, une partie des 1.140 élèves et étudiants a dû obligatoirement s'inscrire dans la réserve sanitaire ouverte le 23 mars par le gouvernement. 

La semaine de stage prévue pour les jeunes gens du LTPS pendant ces vacances de Pâques prend donc une forme inattendue. Les étudiants infirmiers qui disposent déjà d'une autorisation d'exercer et qui suivent une des quatre spécialisations proposées par le LTPS  (chirurgie, anesthésie/réanimation, pédiatrie, psychiatrie) sont déjà tous affectés sur le terrain par le ministère de la Santé. 


La réserve sanitaire se constitue au pas de course
Infirmiers, médecins spécialistes mais aussi agents administratifs. Tous les professionnels disponibles et tous les volontaires prêts à soutenir le secteur de la santé et des soins doivent se manifester rapidement sur la plateforme govjobs.lu

«Ils ont signé un contrat à durée déterminée qui sera comptabilisé dans leur période de stage», explique la directrice du lycée, Maly Goedert. Les élèves infirmiers qui ne sont pas encore en voie de spécialisation, les assistants techniques de radiologie ou encore les sages-femmes en formation sont également en train d'être placés par la Santé. Ils et elles signeront, aussi, un CDD. 

A la différence des autres professionnels de santé qui pourront être mobilisés jusqu'à 60 heures par semaine, la durée de travail des étudiants a été plafonnée à 32 heures sur quatre jours par semaine. L'organisation du planning peut être négociée avec l'employeur, mais en plus de deux jours de repos, les jeunes doivent disposer d'une journée hebdomadaire afin de continuer à bûcher sur leur cursus scolaire. «Car ceux qui suivent le BTS auront bien un examen en fin d'année», rappelle la directrice. 

En contrat à durée déterminée

Les étudiants ne se retrouveront toutefois pas forcément dans leur domaine de prédilection. Ils sont répartis selon le besoin dans les hôpitaux, les maisons de soins, le centre de soins avancés ou encore dans les réseaux de soins à domicile. «Pour un infirmier en réanimation, c'est peut-être plus facile d'être affecté dans un service correspondant à sa spécialisation. Mais pour l'assistant technique médical en chirurgie, c'est moins évident car avec la réorganisation actuelle du système hospitalier il y a beaucoup moins d’opérations», note Maly Goedert. 


Lokales, Corona-Virus Covid 19, CHEM Esch Alzette, Die Kantine des CHEM wurde in eine Pflegestation umgebaut, Fiebermessung, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
La cantine du CHEM transformée en unité de soins
Pour répondre à des arrivées plus massives de patients, le centre hospitalier Emile Mayrisch a considérablement augmenté sa capacité de lits. Au lieu de deux, l'hôpital disposera bientôt de quatre unités de soins intensifs.

Ces CDD dureront, en théorie, jusqu'au 29 mai. Ceci étant, les cours sont censés officiellement reprendre le 4 mai. Le contrat devrait donc prendre fin lors de leur retour à l'école. Certains devront ensuite retrouver une place de stage, ce qui n'apparaît pas forcément comme une évidence précisément au regard de la réorganisation hospitalière. La directrice ne veut toutefois pas se précipiter avant de prendre une décision. «Pour l'instant, nous planifions une semaine après l'autre.» 

Quant aux lycéens, ceux qui n'ont donc pas encore de diplôme, ils ne se retrouvent pas d'office dans la réserve sanitaire. Ils peuvent néanmoins se manifester comme bénévoles et pourraient ainsi participer à «l'effort de guerre» par le biais de tâches administratives ou logistiques.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

«Voir cette crise comme une leçon»
François Bausch (Déi Gréng), ministre de la Défense, de la Mobilité et de la Sécurité intérieure revient sur l’état de crise et les enseignements à en tirer pour l’avenir.
Politik, Interview Francois Bausch, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
L'épidémie met la CNS sous pression
Avec la crise sanitaire, la Caisse nationale de santé est confrontée à un surplus d'activité. En temps normal, elle procède à 8.000 paiements par mois, aujourd'hui il faut en réaliser près de 80.000.
Lokales,CNS,Assurances Sociales,Krankekees. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
L'Allemagne choisit la stratégie sud-coréenne
Multiplier les tests et placer les malades en quarantaine: pour empêcher une saturation de ses hôpitaux, où le personnel manque, le gouvernement allemand est en train d'adopter la stratégie coréenne face au coronavirus.
Two woman walk by a restaurant with a sign up which reads "We Stay at Home" in Berlin's Kreuzberg district on March 27, 2020 during the new coronavirus COVID-19 pandemic. (Photo by David GANNON / AFP)