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Etude scientifique inédite au Luxembourg: «La violence domestique est un fléau sociétal»
Luxembourg 2 min. 04.03.2015

Etude scientifique inédite au Luxembourg: «La violence domestique est un fléau sociétal»

Etude scientifique inédite au Luxembourg: «La violence domestique est un fléau sociétal»

Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 04.03.2015

Etude scientifique inédite au Luxembourg: «La violence domestique est un fléau sociétal»

Pour mieux saisir le phénomène de la violence domestique, une étude scientifique inédite a été menée au Luxembourg. Elle donne la parole aux victimes, aux auteurs et aux professionnels. En voici un aperçu avant d'être présentée, jeudi, lors d'une conférence internationale organisée à Dudelange dans le cadre de la Journée internationale de la Femme.

(MF) - Pour mieux saisir le phénomène et les causes de la violence domestique au Luxembourg, une étude scientifique inédite a été menée par le Luxembourg Institute of Health (LIH) à la demande du ministère de l'Egalité des Chances. Elle donne la parole aux victimes, aux auteurs et aux professionnels. En voici un aperçu avant d'être présentée et discutée avec des experts nationaux et internationaux, ce jeudi 5 mars 2015, lors d'une conférence publique internationale organisée au Centre culturel régional OpDerSchmelz à Dudelange dans le cadre de la Journée internationale de la Femme.

Expliquant que c'est une volonté manifeste du gouvernement d'«avancer dans la lutte contre la violence domestique», Lydia Mutsch a tenu à souligner mercredi devant la presse que «nous ne pouvons et ne voulons pas donner des réponses simplistes à un problème complexe». Pour la ministre de l'Egalité des Chances «il n'y a pas de solution magique mais des actions concertées qui nécessitent une prise de conscience transversale pour combattre le fléau de la violence».

L'étude scientifique inédite menée sur deux ans montre que la violence domestique touche toutes les catégories sociales et professionnelles et que c'est un véritable fléau sociétal. Le nombre des expulsions est «en augmentation permanente» au Luxembourg, souligne la ministre.

En 2013, la police grand-ducale est intervenue à 844 reprises pour des faits de violence domestique. Bilan: 357 mesures d'expulsion ont été prononcées. Des expulsions qui n'ont cessé d'augmenter progressivement depuis dix ans. De 145 mesures d'expulsion prononcées en 2004, on est passé à 264 en 2010, pour atteindre 357 en 2013. L'augmentation a été de 35,2% au cours des trois dernières années.

A plus de 95%, les auteurs expulsés pour violence domestique sont des hommes. Aujourd'hui, «une femme sur six vit dans la violence et des agressions. Le nombre de femmes qui s'adressent à une structure d'hébergement est légèrement en diminution mais cela s'explique exclusivement par le fait que nous ayons multiplié le nombre de ces structures d'aides», explique Lydia Mutsch.

Mais les chiffres publiés dans l'étude ne peuvent donner une photographie complète du phénomène au Luxembourg car «nombre de cas de violence qui ont lieu à l'ombre de quatre murs est extrêmement élevé», sait la ministre. Avant de préciser: «Beaucoup de victimes ne vont pas à la police pour faire une déclaration officielle» alors que cela permettrait «de mieux aller à l'encontre des auteurs de violence». Elle lance un appel aux victimes pour que de tels actes soient plus souvent dénoncés, tout en sachant bien que ce ne sera pas facile.



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