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Etre noir au Luxembourg en 2020

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Etre noir au Luxembourg en 2020

Etre noir au Luxembourg en 2020

Etre noir au Luxembourg en 2020


par Sibila LIND/ 08.06.2020

Natalie, Sandrine, Firmino, Lolo et Rubio constituent cinq visages de la population du Luxembourg. Cinq vies marquées par leur couleur de peau.Photo: Sibila Lind

Firmino, Lolo, Natalie, Rubio et Sandrine vivent et travaillent au Luxembourg. D'origine africaine, tous racontent la manière dont la couleur de leur peau impacte leur quotidien dans un pays où l'esprit «multikulti» n'empêche pas le racisme. Témoignages.

En novembre 2018, l'étude «Being Black in the EU» de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne indiquait que le Luxembourg pratiquait une forme de discrimination raciale et l'exclusion sociale des personnes d'origine africaine.  Bien que mis en perspective par le gouvernement, ce dernier reconnaît l'existence d'un «certain nombre de défis», confirmant à demi-mot les observations des associations qui dénoncent des atteintes aux droits fondamentaux des personnes d'origine africaine. Notamment en matière d'accès à l'emploi ou au logement. 

Pour tenter de comprendre cette face peu connue du Luxembourg, cinq personnes au parcours différent ont accepté de raconter leur quotidien pour tenter de mettre en mots la notion de «discrimination raciale». Et mettre en lumière la manière dont Firmino, Lolo, Natalie, Rubio et Sandrine sont parvenus à ouvrir des portes qui leur étaient initialement fermées.

1

Natalie
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Née en 1980 à Ettelbruck, Natalie Silva est fille d'immigrés capverdiens arrivés au Luxembourg en 1971. Sa mère a notamment été femme de ménage au sein de la commune d'Ettelbruck. Diplômée en relations internationales de l'université de Bruxelles, la jeune femme est depuis 2017 bourgmestre de Larochette. Une première dans le pays pour une personne de couleur.


2

Rubio
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En Espagne, il se faisait appeler Rubio car à cette époque, il se teignait les cheveux en blond. Son nom de famille, Engenheiro (ingénieur en français), lui vient de la famille qui lui est venue en aide lorsqu'il en avait le plus besoin. Parmi ses multiples vies, Rubio a notamment été mannequin. Raison pour laquelle il s'est installé en 2016 à Athus, pour tenter de percer dans le milieu de la mode. Mais jusqu'à présent, il n'a trouvé du travail que du côté luxembourgeois et en tant qu'ouvrier dans le secteur de la construction.


3

Lolo
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Femme. Noire. Lesbienne et sans le sou. Si sa mère n'avait pas émigré au Luxembourg, Lolo n'aurait pas pu terminer ses études à Lisbonne. Elle est ainsi titulaire d'une licence en cinéma documentaire et d'un master en études artistiques. Elle expose son travail dans le monde entier, mais au Grand-Duché, la jeune femme ne trouve du travail que comme femme de ménage. Son rêve est pourtant bien différent.


4

Firmino
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Arrivé en train en 1965 avec un ami, Firmino Inocêncio, 81 ans, a vécu une période au cours de laquelle très peu de Noirs vivaient au Luxembourg. Il a trouvé devant lui un pays marqué par la guerre. Sa première tâche a donc été de reconstruire le pays. Président de l'association Amizade Cabo-Verdiana pendant de nombreuses années, il est une référence dans la communauté capverdienne. De son potager, où il passe la plus grande partie de sa retraite, il observe la manière dont les choses évoluent peu à peu.


5

Sandrine
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À l'âge de 18 ans, Sandrine Gashonga a fui le Rwanda avec sa famille. Bien qu'appartenant au peuple hutu, ils ne souhaitent pas rester pour que sa famille se fasse pas partie des victimes du génocide dans lequel plus de 800.000 Tutsis ont été tués. Sandrine est arrivée au Luxembourg en tant que réfugiée en 1998, mais aujourd'hui, elle n'est pas sûre d'être acceptée dans ce pays. Depuis des années, elle travaille comme formatrice multiculturelle. La visibilité des minorités est devenue son combat personnel.

 

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Lok , Luxemburg Stadt , Bevölkerung , Demografie , Grand Rue , Foto:Guy Jallay/Luxembuzrger Wort
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