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Etre Belge et devenir Luxembourgeois: Le patron d'Ice Watch veut devenir Luxembourgeois
Luxembourg 5 min. 12.09.2015

Etre Belge et devenir Luxembourgeois: Le patron d'Ice Watch veut devenir Luxembourgeois

Jean-Pierre Lutgen souhaite avoir la double nationalité

Etre Belge et devenir Luxembourgeois: Le patron d'Ice Watch veut devenir Luxembourgeois

Jean-Pierre Lutgen souhaite avoir la double nationalité
Photo: Nadia Lallemant
Luxembourg 5 min. 12.09.2015

Etre Belge et devenir Luxembourgeois: Le patron d'Ice Watch veut devenir Luxembourgeois

Une loi grand-ducale permet à des Belges d’obtenir la double nationalité à la condition de prouver qu’ils possèdent dans leurs ascendants directs un aïeul luxembourgeois à la date du 1er janvier 1900.

Par Nadia Lallemant

En 2012, trois personnalités de la province de Luxembourg, Patrick Nothomb, Philippe Greisch et Henri Bosseler, ont acquis la nationalité luxembourgeoise et ont créé une association de néo-luxembourgeois. Avocats, historiens, bourgmestres (…), leur ont emboîté le pas. Prochainement, c’est le Bastognard Jean-Pierre Lutgen, le patron des montres Ice-Watch, qui va entamer la procédure. Rencontre.

Vous avez fait des recherches généalogiques pour retrouver votre aïeul luxembourgeois ?

«Cela n’a pas été nécessaire car, en ce qui me concerne, l’aïeul luxembourgeois n’est autre que mon arrière-grand-père paternel Mathias Lutgen. Dans la famille, son histoire est connue de tous. Né à Bourscheid le 13 février 1861, il est décédé à Bras, près de Bastogne, en 1929.

Il était le fils de Jean Lutgen et d’Elisabeth Faber, originaires d’Erpeldange. Au début des années 1900, il est parti avec ses frères aux Etats-Unis. Ses frères se sont installés là-bas. Il est le seul à être revenu en Belgique. Il s’est marié avec Julienne Volvert et est devenu cultivateur à Bras. Le couple a eu cinq enfants dont mon grand-père Auguste qui fut instituteur à Noville. Au début du 20e siècle, les conditions de vie étaient difficiles au Luxembourg. Un tiers de la population grand-ducale s’est expatriée aux Etats-Unis et au Canada. » 

J’ai beaucoup d’admiration pour les Luxembourgeois."

Pourquoi voulez-vous recouvrer la nationalité luxembourgeoise ?

«La loi de 2008 offre une occasion unique d’obtenir une seconde nationalité. Cette nationalité fut celle de mes ancêtres. Je ne vais pas laisser passer cette chance de bénéficier de la double nationalité belgo-luxembourgeoise. Je souhaite rejoindre une communauté qui dépasse les frontières dans différents domaines. J’ai beaucoup d’admiration pour les Luxembourgeois. Ce petit pays, qui avait beaucoup de handicaps au départ, est devenu l’un des plus riches au monde.

Le Grand-Duché n’a pas d’accès à la mer et s’est pourtant développé de manière extraordinaire. La grande différence par rapport à la Belgique, c’est l’efficacité sur le plan politique. Les Luxembourgeois ont réussi à vivre ensemble et à construire un futur commun en assurant la stabilité sur le plan politique. Cette réussite s’explique par le travail de grands hommes d’Etat comme Gaston Thorn, Pierre Werner et Jacques Santer. Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker et le premier ministre Xavier Bettel font aussi un excellent travail.

Les Luxembourgeois choisissent les meilleurs d’entre eux pour les représenter, ce qui n’est pas toujours le cas en Belgique. Le Grand-Duché est, par ailleurs, un pays novateur »

Les Luxembourgeois réagissent très vite par rapport à ce qu’ils identifient comme un secteur porteur."

Dans quels domaines le Luxembourg innove-t-il ?

« Je pense à trois domaines en particulier : les datas, les œuvres d’art et le droit des marques. En effet, l’économie évolue et tout individu souhaite protéger ses valeurs. Au Luxembourg, tout est mis en œuvre pour atteindre cet objectif. La législation y est beaucoup plus favorable. Ce pays a véritablement été un pionnier dans ces trois secteurs. Les Luxembourgeois réagissent très vite par rapport à ce qu’ils identifient comme un secteur porteur. En Belgique, il n’y a pas la même réactivité. Tout est plus lent. Les décideurs saisissent moins vite les opportunités. »

Voici quelques années, vous avez projeté d’installer le siège d’Ice-Watch au Luxembourg. Pourquoi n’avez-vous pas concrétisé ce projet ?

«A l’époque, j’étais effectivement à la recherche de locaux, car mon projet de bureaux sur la place Mc Auliffe à Bastogne était bloqué à l’urbanisme. Je m’étais renseigné auprès d’Erny Schmitz sur les locaux mis en location au Knauf Center à Pommerloch. Il m’avait répondu : « Ton cœur est à Bastogne, tu dois régler tes problèmes dans ta ville ». Finalement, j’ai construit un hall de 6.000 m2 sur le zoning 2 de Bastogne. Je suis occupé à rapatrier à Bastogne une grande partie du stock de montres de Hong-Kong afin d’être plus proche de mes distributeurs européens.

En effet, 65 % des ventes ont lieu en Europe. Actuellement, les montres Ice-Watch sont toujours assemblées à Shenzhen en Chine où je dispose d’une main d’œuvre qualifiée. En ce qui concerne Ice-Watch au Luxembourg, je tiens à préciser que les marques sont logées dans une entité grand-ducale : Ice IP. Trente-deux points de vente sont répartis sur le territoire du Grand-Duché de Luxembourg. »


Fière de sa réussite

Fils de Guy Lutgen, ancien ministre wallon de l’agriculture, et frère de Benoît, bourgmestre de Bastogne et président du cdH, Jean-Pierre Lutgen est né à Bastogne le 3 septembre 1965. Diplômé en affaires publiques et internationales de l’Université Catholique de Louvain, il n’a pas fait carrière en politique, comme son père le souhaitait.

En 1992, il a fondé « Tonton et Lulu », une société de produits promotionnels et fait fabriquer des Pin’s à Taiwan. En 2006, il a créé sa propre marque horlogère : Ice-Watch. Ses montres sont aujourd’hui présentes dans 85 pays à travers le monde et dans 7.000 magasins.

Une success-story qui fait la fierté de sa famille grand-ducale. Raymond Poos, 76 ans, de Harlange, cousin de Guy Lutgen. Il a accueilli favorablement son projet de  recouvrement de la nationalité luxembourgeoise.
Une success-story qui fait la fierté de sa famille grand-ducale. Raymond Poos, 76 ans, de Harlange, cousin de Guy Lutgen. Il a accueilli favorablement son projet de recouvrement de la nationalité luxembourgeoise.
Photo Nadia Lallemant

En 2014, le chiffre d’affaires d’Ice-Watch atteignait 40 millions d’euros avec plus de 1,8 million de montres vendues. Une success-story qui fait la fierté de sa famille grand-ducale. Raymond Poos, 76 ans, de Harlange, cousin de Guy Lutgen – sa mère Maria était la sœur d’Auguste, le père de Guy - suit l’évolution de ses activités avec intérêt. Il a accueilli favorablement son projet de recouvrement de la nationalité luxembourgeoise. « Je comprends qu’il soit fier de ses racines grand-ducales. Ma mère, née Belge, a épousé un grand-ducal originaire de Bavigne. Je suis heureux de vivre au Luxembourg car la vie y est plus facile qu’en Wallonie. »


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