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Étienne Schneider se défend et brouille les pistes
Luxembourg 3 min. 30.06.2020

Étienne Schneider se défend et brouille les pistes

L'ancien ministre de la Défense a admis, pour la première fois, avoir été rapidement mis au courant du surcoût du projet.

Étienne Schneider se défend et brouille les pistes

L'ancien ministre de la Défense a admis, pour la première fois, avoir été rapidement mis au courant du surcoût du projet.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 3 min. 30.06.2020

Étienne Schneider se défend et brouille les pistes

Lundi, l'ancien ministre de la Défense est venu s'expliquer devant la commission de Contrôle budgétaire face à l'accusation d'avoir menti à l'Assemblée sur le coût du satellite d'observation militaire Luxeosys. A l'arrivée, son audition sème plus de doutes qu'elle n'apporte de réponses.

(JFC, avec Marc Hoscheid) - La venue d'Étienne Schneider (LSAP) lundi à la commission du Contrôle budgétaire était très attendue. L'ex-ministre de la Défense (2013 - 4 février 2020) devait expliquer pourquoi la facture du satellite d'observation militaire Luxeosys était passée de 170 millions à l'origine à 350 millions d'euros à l'arrivée. Mais l'audition a généré plus de questions que de réponses. A la sortie, ses déclarations contredisent celles de son successeur, François Bausch (Déi Gréng). Bref, le dossier est loin d'être clos.

Selon Schneider, «il était prévu dès le départ que le satellite serait exploité par l'armée». Pour ce faire, l'intention sous-jacente était de former progressivement jusqu'à 25 recrues à ces nouvelles technologies, et d'ainsi rendre les métiers de l'armée plus attractifs pour les jeunes.


11.11. Wi / Min Cooperation / PK Space Law Luxembourg / Space Mining / Etienne Schneider und Jean Louis Schiltz / Etienne Schneider Foto:Guy Jallay
Etienne Schneider devra rendre des comptes à la Chambre
L'ancien ministre de la Défense a-t-il volontairement caché des informations concernant le coût réel du futur satellite Luxeosys? A l'heure où la facture de l'engin vient de doubler, plusieurs députés réclament l'ouverture d'une commission d'enquête.

Face aux déclarations de Paul Nilles, l'ancien directeur du personnel de l'armée, qui avance n'avoir jamais été mis au courant de tels plans de recrutement, Étienne Schneider rétorque que «ces lignes directrices affirmant notre intention de créer des capacités technologiques satellitaires dans l'armée ont été adoptées par le Parlement» et donc «cela a été envisagé au plus haut niveau politique».

 Le nouveau membre du conseil d'administration d'ArcelorMittal poursuit en avouant que «s'il est vrai qu'en 2018, le directeur du personnel n'a pas été mêlé aux discussions concernant des recrues dont il aurait besoin en 2023, c'est parce que cela n'était pas nécessaire».

Concernant l'utilisation commerciale initialement prévue de Luxeosys par la société LuxGovSat, Schneider avance que «l'idée était de convaincre des clients privés d'acheter 10% des capacités du satellite pour un montant pouvant aller jusqu'à 31 millions d’euros de revenus annuels». L'ex-ministre de la Défense n'a cependant pas été en mesure de nommer les clients potentiels de ce deal commercial. Car, dit-il, «je n'ai négocié avec aucun client». Il ajoute que les raisons pour lesquelles LuxGovSat n'est plus intéressé à exploiter le satellite restent pour lui «inconnues».


La saga Luxeosys se poursuit
Passé de 170 à 350 millions d'euros, le coût du satellite militaire luxembourgeois n'a pas fini de faire parler de lui. Les explications avancées par François Bausch et les responsables de la Défense n'ont guère convaincu les députés, lundi en commission du contrôle de l’exécution budgétaire.

Étienne Schneider a rejeté avec véhémence l'accusation selon laquelle il avait délibérément menti au Parlement. «Je n'avais aucune raison de mentir, j'avais assez d'argent disponible même si le projet était devenu plus coûteux.» Il évoque ainsi l'engagement pris par le Luxembourg en 2014 d'augmenter ses dépenses militaires de 0,4 à 0,6% du produit intérieur brut (PIB). Ainsi et pour la première fois, l'ex-ministre de la Défense admet avoir été au courant d'un surcoût du projet. 

Le prédécesseur de François Bausch a justifié le fait que le projet de loi ait été soumis au vote du Parlement avant les élections de 2018 par la pression du temps due aux engagements au sein de l'OTAN. Le satellite devait en effet être prêt à fonctionner en 2023, afin qu'il puisse aussi être utilisé par d'autres États membres de l'alliance de défense.

A l'issue de l'audition, Diane Adehm (CSV), la présidente de la commission avouait, perplexe, «ne plus savoir qui croire», de Schneider ou de Bausch. La même ajoutait que «nous avons reçu beaucoup d'informations aujourd'hui (lundi), mais cela n'a pas contribué à nous donner une image plus claire». Sur la base de la réunion de lundi, il a été décidé de convoquer prochainement des responsables de LuxGovSat ainsi que des membres de l'état-major de l'Armée devant la commission du Contrôle budgétaire.

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