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Et si les adolescents décidaient de leur vaccination?
Luxembourg 3 min. 17.11.2021
Jeunesse

Et si les adolescents décidaient de leur vaccination?

Pour Charel Schmit, il convient d'«augmenter le bien-être des enfants en renforçant leurs droits».
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Et si les adolescents décidaient de leur vaccination?

Pour Charel Schmit, il convient d'«augmenter le bien-être des enfants en renforçant leurs droits».
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 3 min. 17.11.2021
Jeunesse

Et si les adolescents décidaient de leur vaccination?

C'est l'une des suggestions émises par l'Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher après avoir observé comment la crise covid affectait la vie des jeunes générations luxembourgeoises.

Evidemment que le rapport 2021 de l'Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher  (Okaju) ne pouvait passer à côté de l'impact de l'épidémie covid sur les tout-petits et adolescents du pays. Charel Schmit, commissaire aux droits de l'enfant, s'en est même fait un devoir. Il est vrai que les tranches d'âge les plus basses n'ont pas été les plus épargnées par le virus et ses conséquences. Ainsi, 14.147 jeunes de moins de 18 ans ont été dépistés positifs au SARS-CoV2 entre mars 2020 et mi-septembre. Et leur proportion parmi les infections actives constatées au Luxembourg va même crescendo depuis janvier.


Putscheid prend sous son aile les ados en détresse
Ouvert depuis octobre, le centre de thérapie destiné aux 12-18 ans en difficulté psychologique est unique en son genre au Luxembourg. Son approche se veut basée sur des thérapies douces.

La peur de la contamination, le climat anxiogène d'une société misant sur masques et distanciation sociale, un enseignement bouleversé au rythme des vagues d'infection, la privation des copains, des sorties : il n'a pas fait bon être mineurs depuis un an et demi. Et l'Ombudsman ne manque pas de le rappeler aux décideurs politiques qu'il croise ces derniers jours. Dernièrement encore, c'est au président de la Chambre des députés qu'il répétait ses constatations.

Mais constater ne servirait guère si le bilan n'entraînait pas des actions. Et c'est bien celles-ci que Charel Schmit défend actuellement. Comme l'établissement d'une communication spécifique sur la pandémie à destination de ce jeune public. Un axe oublié des campagnes d'information ou de prévention qui ont pu être mises en place jusqu'alors. «Même quand on fermait leur école, les jeunes étaient à peine informés ou pas du tout. Le message ne s'adressait qu'aux parents», pointe ainsi Ines Kurschat qui travaille auprès de l'Okaju.

Dans ses recommandations, le médiateur appelle aussi ''les grands'' (députés, ministres, bourgmestres, etc) à ne pas négliger la consultation de cette partie de la population. Elle aussi devrait avoir son mot à dire sur les mesures qui peuvent restreindre ses droits ou lui ouvrir des opportunités.

L'Ombudsman insiste même pour que les enfants d'un âge raisonnable -les adolescents proches de la majorité- aient le droit de décider par eux-mêmes s'ils doivent être vaccinés ou non. Pas certain que le message soit validé de sitôt, mais le débat peut être engagé. D'autant que la vaccination vient maintenant frapper à la porte des lycées luxembourgeois pour les jeunes de plus de 12 ans. 


Cette faille covid venue fragiliser les adolescents
L'impact de la crise sanitaire continue à peser sur les 12-19 ans. Selon un rapport de l'Unicef, la santé mentale des jeunes Luxembourgeois n'en finit d'ailleurs pas de s'aggraver, mais les solutions de prise en charge manquent encore.

Mais la grande inquiétude en lien avec la crise tient à la santé mentale des enfants. Les entretiens menés par l'Ombudsman auprès de pédiatres notamment ont permis de confirmer que des pathologies telles qu'anxiété, dépression, troubles de l'alimentation ou troubles obsessionnels compulsifs ont été plus fréquemment observées chez les enfants et les adolescents ces derniers  mois.

De la nécessité donc d'organiser nationalement une prise en charge psychologique rapidement, ouverte au plus grand nombre et facilement accessible. Notamment par un meilleur remboursement des consultations par la CNS, mesure indispensable car la crise a eu des effets bien plus sensibles parmi les classes populaires de la société.


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