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Estimation des dégâts encore inconnue pour Kronospan
Luxembourg 7 5 min. 01.08.2019 Cet article est archivé

Estimation des dégâts encore inconnue pour Kronospan

Au maximum de l'intervention, 240 pompiers étaient mobilisés, luxembourgeois et français.

Estimation des dégâts encore inconnue pour Kronospan

Au maximum de l'intervention, 240 pompiers étaient mobilisés, luxembourgeois et français.
Photo: CGDIS
Luxembourg 7 5 min. 01.08.2019 Cet article est archivé

Estimation des dégâts encore inconnue pour Kronospan

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
24 heures après le départ du feu qui ravage le stock de bois de l'entreprise, le sinistre reste loin d'être maîtrisé. Beaucoup d'hommes, beaucoup de moyens engagés et aussi beaucoup d'interrogations.

Jamais l'entreprise Kronospan, installée depuis 1994, n'avait connu pareil sinistre. Un incendie a débuté mercredi matin dans un stock de bois à proximité de ses installations de production sans que les pompiers ne parviennent à venir à bout des flammes. 

• Comment le feu a-t-il démarré?

Pour l'heure, c'est bien la piste accidentelle qui reste privilégiée. L'incendie a débuté dans une aire de stockage de bois, à l'extérieur des bâtiments. Si l'entreprise Kronospan dispose de ses propres pompiers professionnels, «ceux-ci n'ont pu maîtriser ce départ de feu», indique le Corps grand-ducal d'incendie et de secours (CGDIS). Aussi, dès 10h30 mercredi, appel était lancé aux centres d'interventions pour qu'ils déploient des moyens sur  le site de la zone industrielle Gadderscheier, à Sanem.


A l'usine Kronospan, le feu brûle encore
Plus de 240 pompiers, luxembourgeois et français, sont mobilisés depuis mercredi matin pour maîtriser un incendie d'envergure à Sanem. Ce jeudi matin, la zone n'était pas encore totalement sécurisée.

Si les premières victimes des flammes ont été des palettes entreposées dehors, le feu s'est rapidement propagé à un stock de déchets de bois (sciures notamment) et de troncs d'arbre empilés. Autant de produits entrant ou issus de la fabrication de panneaux en bois dont l'entreprise, filiale d'un groupe autrichien, est spécialiste

• Les installations sont-elles touchées ?

24 heures après le début du sinistre, les installations techniques n'ont pas été impactées par les flammes ou la chaleur. Par précaution pour les personnels, la production a toutefois été suspendue dès les premières heures du fait divers. Seul un «petit réservoir attenant à un silo a explosé sans causer de dégâts, ni victime», informe Cédric Gantzer, porte-parole du CGDIS.

Peter Stadler, CEO de Kronospan, a déclaré jeudi matin au Luxemburger Wort qu'«aucun montant des dommages» ne pouvait être annoncé. «Heureusement, il a été possible d'éviter que le feu impacte la zone de production», explique le chef d'entreprise. Un responsable heureux également qu'il n'y ait «pas eu de blessures corporelles et que les lignes aient été épargnées».   

Pour mémoire, une explosion survenue en 2015 avait, elle, causé la mort d'un salarié. Actuellement, les effectifs de la société approche les 260 salariés. 

L'usine, en pleine croissance, fait l'objet depuis 2017 d'un vaste plan d'investissement de 330 millions d'euros. Un effort devant permettre la création d'une centaine d'emplois via de nouvelles lignes de production.

• Pourquoi les pompiers peinent-ils à éteindre le feu?

De l'avis même des spécialistes du CGDIS, il s'agit d'un «incendie technique». Pas tant par la nature de ce qui brûle, mais bien par la quantité du stock susceptible de s'enflammer et par les conditions météo qui contraignent l'intervention. En effet, si le feu a pu ainsi ravager déjà plusieurs milliers de m3 de bois, c'est parce qu'il a été attisé par un vent «léger et tournant». De quoi non seulement attiser les braises, mais aussi favoriser la dispersion de la moindre flammèche vers l'un ou l'autre des tas de bois voisins.

Présents en nombre -les effectifs sur site sont montés au-delà de la centaine avant la nuit- et se relayant toutes les cinq heures environ, les pompiers doivent lutter contre un feu qui ne cesse de se régénérer. «Il faut imaginer votre barbecue à charbon le lendemain d'une flambée. Un simple courant d'air suffit à ce que les braises rugissent et repartent. Nous sommes dans ce cas-là, malgré toute l'eau dispersée sur les bois en feu ou susceptibles de l'être», commente le porte-parole du CGDIS.

• Que faire?

Déjà, il convient de rappeler que les pompiers de nombreux corps ont été mobilisés sur cette opération. Les uns et les autres étant affectés soit directement au feu, soit au transport de réserve d'eau vers le site. D'où d'ailleurs un incessant va-et-vient de camions vers et depuis Kronospan depuis mercredi matin. Deux camions avec des réserves de 30.000 m3 assurent des navettes pour ravitailler les pompiers en eau sur place.

Ensuite, des renforts en hommes et matériels ont également été sollicités côté français, pour la nuit.

Les homologues de Meurthe-et-Moselle et Moselle sont intervenus avec notamment du matériel spécialisé dans la propagation de mousse «pour étouffer le feu». Cela n'a certes pas suffi mais cela a permis de disposer sur place de plus de moyens d'intervention et d'apporter un soutien et une relève aux hommes en action depuis plusieurs heures. Au maximum, 240 pompiers ont été engagés.

Aujourd'hui, le stock de bois va continuer à être noyé sous des hectolitres d'eau et de retardateurs. Mais, surtout, le CGDIS va reprendre une mission entamée brièvement mercredi, au départ du sinistre : isoler le feu des énormes stocks de bois. «L'opération avait débuté mercredi, mais le vent tournant et la dispersion des flammes en tout sens ont vite rendu l'opération impossible à mener.» Le vent s'est calmé, ce jeudi, cela devrait donc être envisageable.

Une certitude, le sinistre a pris une telle ampleur en se nourrissant de milliers de m3 de bois bien sec, que les pompiers n'envisagent pas de quitter les lieux «avant plusieurs jours».

• Y a-t-il des risques pour la santé?

Comme le feu ne s'attaque pas à des éléments chimiques, mais à du bois non traité, la crainte d'intoxication par les fumées est à balayer. Consigne a toutefois été émise par la commune de Sanem à ses habitants de rester portes et fenêtres closes, par précaution.

Le doute, pour le CGDIS, portait plutôt sur une éventuelle contamination des eaux usées quittant le site industriel. C'est pourquoi les pompiers ont rapidement, mercredi, fait appel à leur cellule spécialisée et à l'Administration de la gestion de l'eau pour mesurer la qualité des liquides se dispersant dans la nature ou le réseau de collecte. «Aucune mesure inquiétante n'a été relevée», assure le porte-parole du CGDIS.

Les eaux issues de l'intervention sont contrôlées, afin qu'elles ne provoquent pas de pollution.
Les eaux issues de l'intervention sont contrôlées, afin qu'elles ne provoquent pas de pollution.
Photo: CIS Schengen