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Esch-sur-Alzette accueille la seconde salle de shoot
Luxembourg 4 3 min. 25.07.2019

Esch-sur-Alzette accueille la seconde salle de shoot

Discrète, la nouvelle "salle de shoot" est masquée par une palissade.

Esch-sur-Alzette accueille la seconde salle de shoot

Discrète, la nouvelle "salle de shoot" est masquée par une palissade.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 4 3 min. 25.07.2019

Esch-sur-Alzette accueille la seconde salle de shoot

Début septembre, une nouvelle salle de consommation de drogues au Luxembourg sera opérationnelle au sud du pays. La structure est destinée à sauver des vies humaines.

(PJ avec Nicolas ANEN) «Il y a 100 raisons pour lesquelles quelqu'un peut descendre avec quelqu'un. Mais il n’y a souvent personne pour aider à remonter.» Jeudi, Jean-Nico Pierre, directeur de la Youth Aid Foundation a rappelé à Esch-sur-Alzette combien l'assistance des personnes toxicomanes restait délicate et fragile. Derrière lui, une structure de conteneurs installée 130, rue de Luxembourg. Nom: «Contact Esch». 


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Il s'agit là de la deuxième salle de consommation de drogues dans le pays. Un endroit où les drogues illégales peuvent être prises légalement et dans des conditions hygiéniques. Dans une salle, six espaces ont été aménagés pour les injections et une chambre avec ventilation est prévue pour les inhalations. 

Les assistantes sociales de la fondation Jugend-und Drogenhëllef vont désormais prendre en charge la nouvelle structure. Elles commenceront à travailler dès la dernière semaine de juillet. La salle de consommation de drogues, elle, ouvrira au début de septembre.

Le bourgmestre CSV d'Esch-sur-Alzette, Georges MIscho, s'est voulu rassurant pour les riverains de «Contact Esch».
Le bourgmestre CSV d'Esch-sur-Alzette, Georges MIscho, s'est voulu rassurant pour les riverains de «Contact Esch».
Photo: Guy Jallay

Martina Kap, membre de la fondation, a du mal à prévoir le nombre d'usagers qui viendront. L'estimation envisagée parle de 50 personnes. Une certitude, par contre: un tiers des plus de 200 habitués qui visitent la salle de shoot «Abrigado», à Bonnevoie, viennent du sud du pays. Ils disposent donc désormais d'un lieu plus proche, accessible aux mêmes conditions.

Pour les porteurs du projet eschois, il était important de veiller à ne pas concentrer les structures sociales au même endroit, comme c'est le cas à Bonnevoie. Cela empêche toute ghettoïsation. Et, contrairement à son aînée de la capitale, «Contact Esch» ne disposera pas d'espace pour abriter un camp de tentes pour les sans-abris.

A l'abri des regards

Ouvert en 2015, le centre «Abrigado» de Bonnevoie a accueilli depuis son ouverture en 2015, 1.800 toxicomanes, selon des chiffres du ministère de la Santé datant de 2017. La fréquentation a doublé dans cette salle de shoot, entre 2011 et 2016, à plus de 57.000 visites, avec une moyenne de quelque 160 actes de consommation par jour.

Devant la structure d'Esch-sur-Alzette, une grande palissade a été érigée. Elle devrait protéger des regards indiscrets, mais aussi probablement renforcer le sentiment de sécurité des voisins. «Vous ne devez pas peindre en noir, ce qui n'est pas noir», a toutefois déclaré, à l'heure de l'inauguration, le bourgmestre (CSV)  d'Esch-sur-Alzette. Un Georges Mischo qui se voulait rassurant pour sa population. 

Quatre décès en 2018

Même optimisme du côté de Mandy Ragni, échevine aux affaires sociales (Déi Greng). Comme d'autres élus, elle sait bien que dans sa ville il existe déjà des points chauds pour l'usage de stupéfiants. «Ce n'est pas comme si nous apportions quelque chose à Esch maintenant; le problème est déjà là.» Il s'agit bien d'améliorer la situation des toxicomanes. 

Alain Origer, coordinateur en matière de drogue au ministère de la Santé, n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler le nombre de décès dans le pays liés à la drogue en 2018: quatre. «Quatre de trop» souligne-t-il. Mais ce nombre ne cesse de baisser. Voilà pourquoi il a dit et répété que «Contact Esch» doit devenir une maison «pour sauver des vies». 

Mais des structures de ce type, il en manque encore au Grand-Duché. La Fondation Jugend- an Drogenhëllef l'affirme, d'autres besoins existent et il faut agir vite. Sachant que dans le cas de la nouvelle structure eschoise, le dossier a mis plus de vingt ans à éclore.  

 

 



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