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Erreur d'ordonnance sur la formation des infirmières
Luxembourg 3 min. 12.05.2021

Erreur d'ordonnance sur la formation des infirmières

Erreur d'ordonnance sur la formation des infirmières

Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 12.05.2021

Erreur d'ordonnance sur la formation des infirmières

Alors que le gouvernement vient d'annoncer l'ouverture de nouveaux cursus pour accéder à la profession, les syndicats infirmiers font la grimace. La potion administrée ne soignera pas les maux des blouses blanches en matière de diplômes.

(pj avec Michelle Gantenbein) A peine annoncée que voilà la réforme de la formation infirmière attaquée. Et face à la proposition soutenue la semaine dernière encore par les trois ministres de la Santé, de l'Enseignement supérieur et de la Famille, on trouve l'Association luxembourgeoise des enseignants pour professions de santé (Aleps) et l'Association nationale des infirmières et infirmiers du Luxembourg (Anil). Autrement dit, les formateurs et les formés...


Nurses put on protections before entering the room of a Covid-19 patient under respiratory assistance at the intensive care unit at Valenciennes Hospital on April 6, 2021. - Coronavirus restrictions have been tightened across France as the country struggles to contain a third wave of infections. (Photo by DENIS CHARLET / AFP)
Le blues des infirmières devient sujet d'étude
Elles seraient de plus en plus nombreuses à vouloir quitter le métier, y compris au Luxembourg. Pour en avoir le cœur net, l'Uni et l'Association nationale des Infirmières et Infirmiers (ANIL) vont questionner un maximum des 7.000 professionnels en service.

Ce 12 mai, Journée internationale de l'infirmière, voilà donc les deux organisations dénonçant une «réforme à moitié cuite, pas claire, pas transparente et pas bien pensée» pour reprendre les mots de la vice-présidente d'Anil, Marie-France Liefgen. Et Gilles Evrard, son homologue de l'Apes, d'insister: «Nous nous opposons catégoriquement à la création de deux profils d'infirmières différents».

En effet, telle que présentée, la réforme pourrait se traduire par la création de deux niveaux de diplômes nationaux pour la profession d'infirmière. D'un côté, les BTS (Bac+2) acquis au Lycée technique pour professions de santé (LTPS). De l'autre, les formations Bachelor (Bac+3) proposées à l'avenir en collaboration avec l'Université. Il y aurait même un troisième profil envisageable puisqu'il est aussi prévu une formation «infirmière plus» au terme d'une année d'enseignement supplémentaire.

En fonction du niveau de qualification, les compétences des personnels (et donc les habilitations pour tel ou tel acte) ne seraient pas les mêmes, ce qui pourrait créer des désordres dans la marche des services de soins. «Ce serait un désastre pour l'organisation du travail mais aussi pour le patient», craint Marie-France Liefgen pour l'avenir des hôpitaux et autres établissements de santé du pays.

Pour les syndicats, l'indispensable réorganisation des filières de formation doit se monter marche par marche, de l'infirmière auxiliaire (aide socio-familiale) à l'infirmière auxiliaire (DAP) et de l'infirmière (Bachelor) aux spécialisations (Master). Sachant que pour l'instant, la passerelle n'existe pas pour passer d'aide-soignante au statut d'infirmière. Une proposition que l'Anil a présentée déjà aux partis représentés à la Chambre mais aussi individuellement aux ministres Claude Meisch (DP), Paulette Lenert (LSAP) et Corinne Cahen (DP). Mais au final, les suggestions des deux groupes n'ont pas été retenues.


07.01.2021, Großbritannien, London: Krankenschwestern arbeiten auf einem Korridor einer Akut-Station im St. Georges Krankenhaus. Wegen der rasant steigenden Zahl von Corona-Patienten geraten Krankenhäuser in Großbritannien immer stärker unter Druck. (zu dpa: "Britische Kliniken wegen Corona zunehmend unter Druck") Foto: Victoria Jones/PA Wire/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Un risque sur 100 d'attraper le covid à l'hôpital
Le ministère de la Santé indique que le taux d'infectiosité au sein des établissements de santé ne dépassait pas les 1,2% entre le 15 mars et le 18 avril. Ce qui représente un risque inférieur à celui d'autres maladies nosocomiales.

Pour les deux groupes représentatifs de la profession, c'est la version de Claude Meisch qui s'est imposée, en maintenant le BTS. «D'autres représentants du gouvernement se sont prononcés en faveur de l'élimination progressive du brevet de technicien supérieur.»

Aussi maintenant Anil et Aleps tapent du poing et réclament un baccalauréat pour l’infirmière normale et une mise à niveau des spécialisations allant jusqu'à la maîtrise. Une hypothèse que le ministre de l'Enseignement supérieur a bien évoquée, mais pas avant 2028 et l'évaluation de la réforme désormais lancée pour la rentrée 2022. 

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