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Des pluies sans aucun bénéfice
Luxembourg 3 min. 19.07.2021
Environnement

Des pluies sans aucun bénéfice

C'est sur des terrains déjà gorgés d'eau que les pluies diluviennes se sont abattues.
Environnement

Des pluies sans aucun bénéfice

C'est sur des terrains déjà gorgés d'eau que les pluies diluviennes se sont abattues.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 3 min. 19.07.2021
Environnement

Des pluies sans aucun bénéfice

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les fortes précipitations de mercredi et jeudi n'auront même pas servi à reconstituer les réserves souterraines d'eau potable du pays. Trop d'eau, trop vite sur un sol déjà gorgé.

De l'eau, il y en eut ces 14-15 juillet... Au point de battre des records et causer près de 50 millions d'euros de dégâts. Mais si la pluie s'est invitée plus que de raison, elle n'aura causé que des désagréments au pays. «Même pour la recharge en eau des nappes phréatiques, cet épisode n'aura servi rien», fait ainsi remarquer Brigitte Lambert de l'administration de la gestion de l'eau. Pourtant, un apport aurait été bien utile.


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Les sources et forages du Luxembourg sont de plus en plus sollicités. Que ce soit pour la consommation humaine, un usage industriel ou l'emploi au profit de l'agriculture. De quoi justifier une meilleure protection de cette ressource, voire l'exploitation de nouvelles réserves.

En effet, depuis quelques années, le niveau des nappes luxembourgeoises ne cesse de baisser. En cause : une succession d'hivers aux précipitations bien trop faibles. «Il faut bien avoir en tête que les réserves en eau ne se reconstituent que lorsque la végétation ne pousse plus et cesse de pomper. Disons de mi-octobre à fin avril.» 

Rien de tel alors que des pluies fines et la fonte du tapis neigeux pour assurer de quoi renouveler le potentiel en eau potable du Grand-Duché. Et ce sera alors autant la régularité que la quantité d'eau absorbée par la terre qui permettra aux m3 indispensables de se reconstituer. 

Déjà un déficit

Sauf que le déluge de cette mi-juillet est arrivé trop tard, trop brusquement. Pire, «comme nous avons eu une fin de printemps plutôt humide, ces averses puissantes sont tombées sur un sol déjà saturé en eau plus capable d'absorber la moindre goutte». Résultat : des flaques, des ruissellements, des débordements, des inondations comme le pays n'en avait plus connus depuis bien longtemps. On parle d'ailleurs de crues centennales pour certains ruisseaux comme la Sûre ou l'Our. «Tout cela a causé beaucoup de désordres mais juste en surface. Pour les nappes, rien n'a bougé.»

Pourtant, la cheffe de la division eaux souterraines/eau potable aurait espéré un apport. «Ces derniers mois, la recharge des réserves souterraines ne s'est pas faite en octobre-décembre mais n'a commencé qu'en janvier 2021. Nous entamons donc la saison sèche avec un déficit.» 

Pour l'instant, la situation est juste préoccupante mais, gare, si la canicule venait à sévir comme les étés derniers... «Même si le message ne plait pas, il nous faudrait encore de la pluie. Des averses fréquentes, douces et réparties dans le temps», indique la spécialiste. Idéalement, la terre luxembourgeoise aborderait ainsi l'automne avec un sol déjà doté d'une bonne saturation en eau «ce qui permettra à la recharge de se faire immédiatement».


ARCHIV - 27.05.2014, Bayern, Sand Am Main: Ein Glas mit Wasser aus dem Sander Baggersee. Nahezu alle Badeseen in Bayern haben eine gute oder sehr gute Wasserqualität. Nur 4 der 375 getesteten Badestellen fielen bei Tests im vergangenen Jahr negativ auf, darunter der Sander See. Foto: Rene Ruprecht/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Aux lendemains d'une semaine bien arrosée, Brigitte Lambert ne peut également pas s'empêcher de demander à chacun d'utiliser l'eau potable «raisonnablement». Y compris à l'heure où de nombreux particuliers et la quasi-totalité des 102 communes du pays poursuivent le grand nettoyage des sites touchés par les inondations. «La ressource est loin d'être inépuisable», rappelle la spécialiste.

Maintenant, si Meteolux veille sur le ciel, l'administration de la gestion de l'eau va continuer à surveiller le niveau des réserves aquatiques. Pour cela, 18 points de mesure sont dispersés sur le territoire, évaluant aussi bien le débit des sources que la hauteur des nappes phréatiques. 

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