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Entretien avec Xavier Bettel : «La présidence est une chance pour le pays»
Luxembourg 4 min. 03.07.2015 Cet article est archivé

Entretien avec Xavier Bettel : «La présidence est une chance pour le pays»

Xavier Bettel, le 25 juin dernier à son arrivée au Conseil européen.

Entretien avec Xavier Bettel : «La présidence est une chance pour le pays»

Xavier Bettel, le 25 juin dernier à son arrivée au Conseil européen.
REUTERS
Luxembourg 4 min. 03.07.2015 Cet article est archivé

Entretien avec Xavier Bettel : «La présidence est une chance pour le pays»

Le Luxembourg prend ce vendredi pour la douzième fois les rênes du Conseil de l'Union européenne. Entretien avec le Premier ministre, Xavier Bettel, avant ce rendez-vous si important pour le pays.

Le Luxembourg prend ce vendredi pour la douzième fois les rênes du Conseil de l'Union européenne. Entretien avec le Premier ministre, Xavier Bettel, avant ce rendez-vous si important pour le pays.

Quelle est l’importance de la présidence du Conseil européen pour le pays ?

C’est très important. Tous les projecteurs sont braqués sur nous. Que nous le voulions ou non, l’Europe est en crise, du moins une certaine. Il est nécessaire de créer à nouveau des ponts entre les pays. Sans oublier de gérer l’actualité. Il y a deux semaines encore, personne ne croyait que le sujet des réfugiés allait créer de telles discussions au sein de l'Union, ce qui oblige de mener des négociations avec les différents pays. En ce qui concerne la Grèce, nous allons voir ce qui se passe dimanche avant de continuer nos efforts pour trouver une solution, des négociations vont débuter bientôt avec l’Angleterre, entre l’Ukraine et la Russie le dialogue doit reprendre à nouveau et le terrorisme nous oblige à s’unir et trouver des pistes communes pour le combattre.

Et puis il y a tout le volet du développement de l’économie. Nous devons faire en sorte que le triple A social devienne une réalité dans certains pays et le reste dans d’autres. Une autre mission consiste à faire que la COP21  à Paris soit couronné de succès.

Autre problème: le sentiment comme quoi les décisions sont prises à huis clos est encore trop présent dans la tête des gens. Nous voulons montrer que ce n’est pas le cas, en organisant par exemple des conférences sur des sujets précis, comme nous allons le faire avec le TTIP. 

Ces derniers temps, le Luxembourg s’est souvent trouvé sous le feu des critiques. La présidence nous donnera l’opportunité de nous présenter sous un meilleur angle.

Il reste donc beaucoup à faire. Ces derniers temps, le Luxembourg s’est souvent trouvé sous le feu des critiques. La présidence nous donnera l’opportunité de nous présenter sous un meilleur angle et cela nous fera du bien à tous, je dis bien à tous, partis de l’opposition comme ceux de la majorité. Il en va de l’intérêt général du pays.

L’Europe reste très abstraite pour bon nombre de nos citoyens. Il y a eu des changements depuis 2005 avec notamment un président permanent. Comment expliquer aux gens le rôle exact que le Luxembourg va jouer durant ces prochains mois ?

Il existe une présidence du Conseil de l’Union européenne, présidée par Donald Tusk. Mais tous les conseils des ministres seront présidés par nos ministres. Moi-même je présiderai celui des télécommunications. Nous serons également présents dans l’élaboration des conclusions. Et je me répète, avec tous ce qui s’est passé ces dernières semaines, il s’agit de recoller les morceaux et de proposer des solutions. C’est notre mission à nous : créer des ponts entre pays. Reste qu’il faut une volonté de participer de cette logique de la part de tous les intervenants.

Justement, vous voulez créer des ponts entre les différents protagonistes. Quelles sera votre marge de manœuvre ?

La marge de manoeuvre sera aussi importante que ce que les autres voudront bien accepter. Nous arrivons à nos limites si certains ne veulent pas travailler avec nous. D’où notre mission d’élaborer des compromis.

Des Luxembourgeois vont se retrouver aux manettes à la fois de la Commission et de la présidence du Conseil de l'UE. Que peut-on en attendre ?

Il y a ce qu'on peut appeler un esprit luxembourgeois

La relation entre Jean-Claude Juncker et moi-même est au beau fixe et même si le président de la Commission européenne défend les intérêts des 28 pays membres, ce qui est normal, il y a ce qu’on peut appeler un esprit luxembourgeois. Nous avons des intérêts communs. Si l’Europe se porte bien, alors le président de la Commission européenne et le Premier ministre luxembourgeois sont contents. Dans le cas contraire, nous avons tous les deux perdus. Je sais qu’en ce qui concerne les principaux dossiers, Jean-Claude Juncker et moi-même sommes sur une même longueur d’onde. Nous défendons les mêmes valeurs de solidarité, responsabilité et partageons cette même volonté de dialoguer.

Comment faire en sorte que le pays profite au maximum de cette présidence ?

En travaillant bien. La meilleure chose qui puisse nous arriver c’est qu’après ces six mois de présidence, les gens disent que nous avons réalisé du bon travail en ayant débloqué moins de moyens que ce que font les grandes nations. Nos fonctionnaires sont également conscients de ce défi. D’habitude nous avons toujours bien géré la présidence. Nous voulons faire en sorte que cette réputation perdure.

Propos recueillis par Marc Vanacker


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