Changer d'édition

Entendu par le juge d'instruction: Xavier Bettel et la rencontre avec André Kemmer
Luxembourg 3 min. 11.04.2016 Cet article est archivé

Entendu par le juge d'instruction: Xavier Bettel et la rencontre avec André Kemmer

Xavier Bettel se contredit dans sa première réaction: l'actuel Premier ministre était bien présent lors de l’interrogatoire d’André Kemmer le 19 février 2013.

Entendu par le juge d'instruction: Xavier Bettel et la rencontre avec André Kemmer

Xavier Bettel se contredit dans sa première réaction: l'actuel Premier ministre était bien présent lors de l’interrogatoire d’André Kemmer le 19 février 2013.
Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 11.04.2016 Cet article est archivé

Entendu par le juge d'instruction: Xavier Bettel et la rencontre avec André Kemmer

Marc VANACKER
Marc VANACKER
Xavier Bettel, a été entendu en automne dernier par le juge d’instruction Ernest Nilles comme témoin dans l’affaire du SREL. Le Premier ministre a confirmé une rencontre privée avec André Kemmer, ancien membre du SREL qui avait participé à l’écoute, via une montre, d’une rencontre entre l’ancien chef du SREL, Marco Mille et le Premier ministre de l’époque, Jean-Claude Juncker.

Xavier Bettel a été entendu le 9 octobre dernier par le juge d’instruction Ernest Nilles comme témoin dans l’affaire des services de renseignement, le SREL.  Le Premier ministre avait eu une entrevue privée avec André Kemmer, au moment où celui-ci se trouvait en pleine tourmente dans l’affaire dite de la montre.

Nous sommes fin 2012. Jean-Claude Juncker est encore Premier ministre et le député Xavier Bettel est membre de la commission d’enquête parlementaire chargée de l’affaire du SREL.

André Kemmer est un ancien membre des services de renseignement. Il avait fourni une montre spéciale à son supérieur de l’époque, Marco Mille. Cette montre a permis d’enregistrer Jean-Claude Juncker lors d’une rencontre où celui-ci était apparemment ivre. André Kemmer avait participé à ladite rencontre entre Marco Mille et Jean-Claude Juncker.

L’affaire est dans ce sens intéressante qu’elle a beaucoup nuit à la réputation de Jean-Claude Juncker, rival politique de Xavier Bettel.  

Pourquoi Xavier Bettel a rencontré André Kemmer ?

André Kemmer avait aidé son chef de l'époque au SREL à enregistrer Jean-Claude Juncker à son insu
André Kemmer avait aidé son chef de l'époque au SREL à enregistrer Jean-Claude Juncker à son insu
Photo: Serge Waldbillig

Xavier Bettel a avoué devant les micros de RTL lundi soir avoir effectivement rencontré André Kemmer alors qu’il faisait partie de la commission d’enquête. « Une personne de confiance du milieu de la police m’a dit que Monsieur Kemmer voulait me voir. Nous avons organisé une réunion qui s’est déroulée à mon domicile. Durant cette réunion, Monsieur Kemmer m’a raconté sa version des faits, insistant notamment qu’il n’avait pas été responsable de l’écoute. Notre conversation n’a duré qu’une dizaine de minutes. Après coup, j’ai eu l’impression d’avoir été instrumentalisé par ce personnage et qu’il avait essayé de me manipuler. J’ai donc pris la décision de démissionner de la commission parlementaire d’enquête, voulant éviter qu’un vice de forme n’anéantisse tout le travail fait par la commission. »

Le Premier ministre rejette ainsi tout reproche fait à son encontre. « Si je n’avais pas démissionné de la commission, on aurait effectivement pu me faire des reproches. Mais mon sixième sens m’a dit que je devais le faire. L’enquête était déjà ouverte et je n’ai pas assisté au rapport final. »

Réunion dans la maison de Bettel le 17 décembre 2012

Selon des éléments en possession du Luxemburger Wort, Kemmer, qui avait été entendu par le juge d’instruction quelques jours avant Xavier Bettel, dit qu’il avait demandé à voir Xavier Bettel pour définir avec lui ce qu'il pouvait dire ou non devant la commission d’enquête. Selon les dires de Kemmer, Xavier Bettel aurait eu des doutes quant à la crédibilité du service de renseignement et aurait notamment affirmé qu’on ne pourrait plus continuer avec Jean-Claude Juncker comme Premier ministre.

Bettel se contredit dans sa première réaction

Dans une première réaction, Xavier Bettel explique donc sur les ondes de RTL qu’on ne peut pas lui faire de reproches, dans la mesure où il a démissionné de la commission d’enquête. «Si je n’avais pas démissionné de la commission d’enquête et que si j’étais resté pour le rapport final ou si j’étais resté au moment où la commission entendait les témoins et notamment M. Kemmer, alors j’accepterais qu’on me fasse des reproches.»

Le problème : Bettel était présent lors de l’interrogatoire d’André Kemmer le 19 février 2013. Il n’a démissionné en tant que vice-président de la commission parlementaire d’enquête qu’au 9 avril.

Mardi matin, le CSV, avec son chef de file Claude Wiseler, a souligné être déterminé à demander les moindres détails de cette affaire. Si jamais les reproches s'avèrent être fondés, alors le parti est prêt à demander la démission du Premier ministre.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Affaire Bettel-Kemmer: Xavier Bettel fait son mea culpa
Xavier Bettel vient de faire son mea culpa dans un entretien accordé au Luxemburger Wort. Le Premier ministre revient sur son entrevue avec l'ancien agent du service des renseignements luxembourgeois, André Kemmer, et admet avoir commis une erreur.
Xavier Bettel lors de la visite de travail de Habib Essid, Chef du Gouvernement Tunisien, le 04 Mars 2016.Photo: Chris Karaba
Jean-Claude Juncker présente la démission du gouvernement
Le rapport de la commission du SREL a été discuté mercredi après-midi à la Chambre. Il en allait de l'avenir du  Premier ministre et du gouvernement. Jean-Claude Juncker a perdu le vote de confiance dont il faisait l'objet. Malgré ses 26 sièges sur 60, le CSV n'est pas parvenu à trouver des alliés de circonstances.
Marco Mille: Le Premier ministre "avait bien envie de me virer"
Jean-Claude Juncker "m'a dit: j'ai bien envie de te virer!" a raconté Marco Mille devant la commission d'enquête parlementaire mardi à la Chambre des députés. L'ancien directeur du SREL a qualifié les services secrets de "black box". L'audition s'est déroulée à huis clos, dans un second temps.