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Enseignement du français au Luxembourg: l'APFL s'inquiète
Luxembourg 3 min. 27.11.2012

Enseignement du français au Luxembourg: l'APFL s'inquiète

Enseignement du français au Luxembourg: l'APFL s'inquiète

Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 27.11.2012

Enseignement du français au Luxembourg: l'APFL s'inquiète

L'Association des Professeurs de Français du Luxembourg fête cette année ses 25 ans. "Mais l'heure n'est pas aux réjouissances" estime le président. L'association se fait beaucoup de soucis quant à l'enseignement du français au Luxembourg.

Selon le président de l'association Jean-Claude Frisch, le niveau de français des élèves luxembourgeois a considérablement diminué ces dernières années. «C'est notamment dû au fait que les élèves sont issus d'une population hétérogène. Et il est très difficile de donner cours dans de telles conditions», explique le président.

Alain Wagner, professeur de français et secrétaire de l'association, constate encore davantage de problèmes. «En arrivant au lycée, nous sommes obligés de constater qu'il existe déjà une grande différence en ce qui concerne les performances de chaque élève. Certains n'ont aucune difficulté à écrire une rédaction en français, d'autres peinent à écrire quelques phrases», déplore-t-il.

Moduler l'enseignement du français

L'AFPL a donc proposé à la ministre de l'Éducation, dans le cadre de la réforme, d'introduire dès la troisième une modulation du français en termes de contenu. Les élèves ayant de bonnes connaissances en français suivront une orientation littéraire, ceux qui ne maîtrisent pas encore la langue, suivront des cours à usage plus pratique afin de leur apprendre à mieux gérer la langue. «Cette proposition a été très bien accueillie par la ministre. Mais nous espérons que cela n'en restera pas aux compliments et qu'elle appliquera cette proposition dans la réforme», déclare Jean-Claude Frisch.

L'AFPL exige aussi que, si la proposition actuelle de la ministre concernant les deux dominantes (littéraire et scientifique) entre en vigueur, les élèves qui suivront la dominante scientifique auront la possibilité de prendre des cours de littérature. Ce qui, dans le système actuel, n'est pas possible pour un élève qui est dans la section de sciences naturelles ou de mathématiques.

Le français en tant que langue véhiculaire

L'association tient aussi à ce que le français garde son statut de langue véhiculaire. En effet, de nombreux professeurs constatent une nette amélioration du niveau de français de l'élève à partir du moment où les matières secondaires sont enseignées en français. Donner à l'élève la possibilité d'étudier ces branches en allemand faciliterait certes la tâche de l'élève à court terme, mais cela finirait par lui nuire à long terme.

Selon l'AFPL, il faudrait également exiger un savoir de base de chaque élève et tant que ces compétences n'auront pas été atteintes, l'élève ne pourrait pas passer en classe supérieure.

«Le français n'a jamais été aussi présent dans notre société», déclare le président. «Souvent les élèves ne se rendent pas compte de la place que le français occupe dans la vie de tous les jours. Il faut le leur expliquer. J'ai peur qu'en choisissant le chemin de la facilité et en diminuant les exigences requises en français, la population se divisera en deux. Et que plus tard, de moins en moins de personnes seront bilingues».

Cindy Garcia