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En vue des élections européennes de 2019: Anglade devient "Monsieur Europe" du mouvement Macron

En vue des élections européennes de 2019: Anglade devient "Monsieur Europe" du mouvement Macron

Anouk Antony
Luxembourg 8 min. 11.01.2018

En vue des élections européennes de 2019: Anglade devient "Monsieur Europe" du mouvement Macron

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Pieyre-Alexandre Anglade, le député des Français du Benelux, a été choisi pour son parcours politique et son expérience professionnelle afin de porter à l'Assemblée nationale les réformes et faire voter les projets du gouvernement Macron.

Par Virginie Orlandi

C'est tôt ce mercredi matin que Pieyre-Alexandre Anglade nous donne rendez-vous dans un café du quartier de la Gare. Arrivé de Bruxelles la veille au soir pour présenter ses voeux aux Français du Luxembourg, le député du Benelux repart dans la foulée pour la capitale belge où d'autres rendez-vous l'attendent. Il déjeune avec Pavel Telicka, député tchèque et l'un des vice-présidents du Parlement européen.

L'Europe, le jeune trentenaire la connaît bien, il la fréquente depuis de nombreuses années. Il a travaillé pendant quatre ans auprès de Nathalie Griesbeck, députée européenne française, avant de devenir directeur de cabinet de Pavel Telicka.

Il semblait tout désigné pour la mission que Christophe Castaner vient de lui confier: porter à l'Assemblée nationale les réformes du début de quinquennat d'Emmanuel Macron et les faire voter. Mais avant cela, c'est un travail titanesque qui attend le député de la 4e circonscription des Français établis hors de France et qu'il nous explique devant une tasse de café.

  • Cinq jeunes députés ont été choisis pour leur parcours politique afin de porter à l'Assemblée nationale les réformes et faire voter les projets du gouvernement. Comment devient-on  “Monsieur Europe” du gouvernement Macron?

Suite à son élection de délégué général de LREM en novembre dernier, Christophe Castener a souhaité réorganiser le mouvement qui avait été construit au moment de la campagne électorale pour la Présidentielle et qui est aujourd'hui un parti de gouvernement.

L'Europe c’est l’ADN d'En Marche, c’est ce qui nous rassemble et ce qui constitue l’un des piliers de l'action d’Emmanuel Macron. Des échéances importantes arrivent en Europe, notamment les élections européennes et cela se prépare. En Marche étant un nouveau mouvement en Europe, nous devons construire avec d'autres ce que sera le Parlement européen en 2019. L'Europe change sous l'impulsion du Président de la République et il est important que notre mouvement accompagne cet élan.

  • "Renouveler le rêve européen", comme l'a déclaré Emmanuel Macron en septembre dernier?

Dans son discours de la Sorbonne, Emmanuel Macron a énoncé toute une série de mesures sur la défense, la zone euro, sur le marché intérieur ou encore la culture. Il est important que les Français comprennent qu'aujourd'hui l'avenir de leur pays passe par l'Europe.

Quand on parle de changement climatique, de lutte contre le terrorisme, de puissance commerciale, on se rend compte que même la France qui est un grand pays n'y arrivera pas toute seule et donc il faut être capable de faire basculer une partie de notre souveraineté française au niveau européen.  C’est l'échelon pertinent pour protéger les Européens, défendre leurs intérêts et les promouvoir dans le monde.

  • Le Luxembourg est-il un allié dans ce contexte?

Oui, le gouvernement Xavier Bettel est particulièrement collaboratif sur toutes les questions européennes. D'ailleurs, les relations entre la France et le Luxembourg ont rarement été aussi bonnes que depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République. La politique, c'est souvent des histoires de relations humaines et en Europe, on assiste depuis quelques mois à un renouvellement des mentalités à travers une génération de leaders européens dont Xavier Bettel, Emmanuel Macron, Charles Michel, Mark Rutte ou Albert Rivera font partie.

  • Ce rapprochement européen se fait dans la perspective des élections européennes de 2019 et les prochains mois vont être décisifs. Quelle va être exactement votre mission?

En vue des élections européennes de 2019, il faut développer les relations de la France en Europe sans exclusive et sans a priori mais tout en respectant un socle de valeurs comme le respect de l'Etat de droit, la liberté fondamentale, la liberté de la presse ou encore l'égalité femme-homme peuvent l'être. 

Ma mission consiste à développer les relations de la République en Marche en Europe, dans les pays de l'UE afin de rencontrer les partenaires européens.  Je souhaite consulter le plus largement. On pense souvent aux grands pays comme l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne mais les plus petits Etats, parfois aux marges de l'UE sont aussi importants. Le but étant de constituer une force dans la perspective de 2019 et de former un groupe politique fort au Parlement européen.

  • Est-ce une nouvelle façon de penser la politique et d'en faire?

Oui, ça n'a jamais été fait. Ce que je souhaite, c'est de pouvoir rencontrer la société civile avant d'aller négocier avec des partis politiques. Interroger les universitaires, les professeurs, les journalistes... faire de la société civile notre point de départ car ils ont une perception de l'Europe qui est forcément différente de celle des partis politiques.

  • Consulter les citoyens a été le mode de fonctionnement de LREM depuis le départ.

Oui  et il serait temps que cela soit un mode de fonctionnement démocratique également parce qu'on ne peut plus construire l'Europe à l'abri des peuples. Il est primordial de retisser ce lien.

On le dit depuis très longtemps et on ne l'a jamais fait. Jusqu'à présent des femmes et des hommes décident en conclave à Bruxelles sans vraiment s'intéresser à ce que pensent les Européens. Les gens veulent être consultés et lorsqu'ils ne le sont pas, ils se désintéressent des questions qui leur sont soumises.

  • L'Europe, justement, est-ce un sujet qui mobilise les Français du Luxembourg?

Oui, je retrouve dans ce pays, ce que je ne retrouve pas ailleurs. Durant la campagne pour les législatives, c'est au Luxembourg qu'il y avait le plus de monde, le vote s'en est suivi d'ailleurs. Des gens qui avaient envie de s'impliquer, de poser des questions, de participer à la politique européenne.

C'est très souvent sur l'Europe que les Français du Luxembourg me sollicitent. Ils ont une véritable envie que la France réussisse et que l'image de leur pays à l'étranger évolue.

  • Pouvez-vous dresser un bilan de vos six premiers mois en tant que député du Benelux?

Je préfère ne pas dresser de bilan parce que six mois, c'est à peine plus de 10 % du quinquennat et il est beaucoup trop tôt. Je préfère tirer des enseignements sur les mois écoulés d'une part pour la France qui a profondément changé au travers de toute une série de projets de loi qui ont été adoptés à l'Assemblée nationale, et d'autre part pour le Luxembourg où je m'efforce de mettre en place des groupes de Français dans le but de réfléchir à différentes thématiques. Ces groupes de travail pourront nourrir mon action, affiner les questions que je vais poser au gouvernement ou orienter les amendements que je vais éventuellement déposer sur certains projets de loi à l'Assemblée nationale.

  • Quelles en sont les thématiques?

L'Europe, l'enseignement, l'environnement et la mobilité. A l'Assemblée nationale, nous avons obtenu deux missions parlementaires sur la vie des Français de l'étranger. Une concerne le droit social, la fiscalité, les démarches administratives et la seconde mission a pour objet l'enseignement du français à l'étranger et le fonctionnement de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), qui a défrayé la chronique ces derniers mois.

Ces problématiques concernent tous les Français de la circonscription. Les réalités des Français de l'étranger sont beaucoup plus complexes que ce qu'on imagine et ne concernent pas uniquement les questions de fiscalité. 

Le lycée Vauban, par exemple, me préoccupe. Avant les fêtes de Noël, j'ai reçu des courriels de parents d'élèves qui s'inquiétaient de l'arrivée des élèves du secondaire à Gasperich en février 2018 et du fait que l'accès à l'école n'était pas complètement sécurisé.

Certains sont préoccupés et craignent des accidents et me parlent d'un réseau de transports en commun saturé ou inexistant. Je veux voir concrètement comment les choses se passent avant de juger. L'enseignement du français à l'étranger, c'est le rayonnement de la France à l'étranger. Nous devons être exemplaires.

Je vais revenir au Luxembourg rapidement autour de la rentrée des secondaires à Gasperich pour constater par moi-même comment cela va se passer.  

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