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En quoi la Schueberfouer est unique au monde
Luxembourg 5 5 min. 30.08.2016 Cet article est archivé
Un Français à la foire

En quoi la Schueberfouer est unique au monde

Atypique, la Schueberfouer est une des plus grandes fêtes foraines d'Europe.
Un Français à la foire

En quoi la Schueberfouer est unique au monde

Atypique, la Schueberfouer est une des plus grandes fêtes foraines d'Europe.
Anouk Antony
Luxembourg 5 5 min. 30.08.2016 Cet article est archivé
Un Français à la foire

En quoi la Schueberfouer est unique au monde

Pour comprendre ce qui rend la Schueberfouer si unique, wort.lu a envoyé sur place un journaliste étranger à toute coutume luxembourgeoise. Portrait décalé d'une des plus grandes fêtes foraines d'Europe.

Par Benjamin Jung

Pour comprendre ce qui rend la Schueberfouer si unique, wort.lu a envoyé sur place un journaliste étranger à toute coutume luxembourgeoise. Portrait décalé d'une des plus grandes fêtes foraines d'Europe.

Lorsqu'on arrive près du champ du Glacis, l'odeur de nourriture et la musique se mêlent aux cris des amateurs de manèges puissants.

Les sensations se précisent à mesure que l'on pénètre dans les allées bondées de la foire: odeurs de confiseries au caramel, de grillades, de gaufres et de friture chatouillent les narines.

«C'est une foire européenne!»  

Dans la foule, on entend parler luxembourgeois, mais aussi anglais, français, allemand, portugais, italien, arabe, et même russe et créole. Les forains, quant à eux, s'expriment essentiellement en français et en allemand. Certains panneaux de tarifs ou de sécurité sont traduits en plusieurs langues.

Francois Kopp, vieux forain habitué à parcourir les plus grandes villes avec son manège explique: «Les forains sont français, allemands, belges, luxembourgeois, néerlandais et suisses. C'est une foire européenne!»

En plus de la variété de nationalités, des personnes de tous genres et de toutes classes sociales se côtoient.

Tandis que certains cabotins se parent de leurs plus beaux vêtements, d'autres viennent dépenser leurs économies pour faire plaisir à leurs enfants.
Il n'est pas rare de voir se croiser dans les allées ministres, ouvriers, étudiants, employés de bureau qui déjeunent et membres de la famille royale.

«La Grande-Duchesse est montée avec ses enfants sur mon manège. Xavier Bettel aussi: le Premier Ministre ne passe pas à la foire sans saluer tous les forains. C'est un honneur pour nous.» raconte monsieur Kopp.

Pour Steve Kayser, historien et spécialiste de la Schueberfouer, la foire est «un lieu de rencontres internationales, qui la distingue de loin des autres fêtes européennes.»

Marquée par son multiculturalisme, elle est le reflet de la société luxembourgeoise. L'évènement fournit d'ailleurs un échantillon important de la diversité du pays, puisque d'après TNS Ilres, 79 pour cent des habitants auraient l'intention de se divertir à la foire cette année.

«Un autre monde pendant trois semaines» 

Pendant trois semaines, la vie sociale luxembourgeoise déserte les bars du centre ville pour migrer vers la Schueberfouer. On s'y retrouve en famille, entre collègues ou entre amis pour manger et boire dans des grandes salles de restauration, toutes plus typiques les unes que les autres. Les traditionnelles saucisses, choucroutes, côtelettes, galettes de pomme de terre (gromperekichelcher) et le poisson frit sont appréciés des luxembourgeois comme des étrangers.

Pour l'historien Steve Kayser, la Schueberfouer est intimement liée à l'Histoire luxembourgeoise.
Pour l'historien Steve Kayser, la Schueberfouer est intimement liée à l'Histoire luxembourgeoise.
Photo: Ann Sophie Lindström

Pour l'historien, la foire est aussi un endroit de retrouvailles entre forains d'horizons et de pays différents qui ne travaillent pas de la même manière: «Gérer un manège à la française ce n'est pas gérer un manège à l'allemande.»

Au milieu des nouvelles machines à sensations trônent fièrement quelques reliques. Ce n'est pas sans nostalgie que l'on passe à côté du Carrousel Galopant, rare témoin en bon état des fêtes de la fin du XIXème siècle. Il en va de même pour le Bayern Kurve, dernier exemplaire au monde d'une attraction vieille de cinquante ans, et pour le Breakdance et le vieux train fantôme, construits tous deux il y a plus de trente ans.

Pour Steve Kayser, ces manèges sont des traces qui permettent de comprendre les époques: «Il ne faut pas sous-estimer la culture populaire. La Schueberfouer permet de lire dans l'Histoire. Elle retrace les évolutions de l'ingénierie, du savoir-faire et des modes européennes.»

Lorsque tombe la nuit, les machines se parent de leurs plus belles lumières. La majesté de la foire s'exprime tandis que les allées fourmillent d'une foule qui redouble d'allégresse.

La fête ne s'achèvera que tard dans la nuit: «On travaille de 11 heures à 3 heures du matin» raconte une ancienne étudiante qui travaillait à la foire. «Nous vivons dans un autre monde pendant trois semaines. À la fin on est sur les rotules, mais c'est le moyen de se faire de l'argent en peu de temps.»

Des souvenirs comme ceux-ci, La Schueberfouer en est gorgée. Pour Steve Kayser, «il s'agit d'un lieu de mémoire pour tous les Luxembourgeois. Chacun se souvient de bons moments passés ici, ou y a pris des photos. C'est l'évènement le plus important du pays.»

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