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En dix ans, 4.755 IVG pour le Planning familial
Luxembourg 3 min. 08.07.2020

En dix ans, 4.755 IVG pour le Planning familial

La présidente du Planning familial, Ainhoa Achutegui, sait que de nombreux combats restent à mener.

En dix ans, 4.755 IVG pour le Planning familial

La présidente du Planning familial, Ainhoa Achutegui, sait que de nombreux combats restent à mener.
Photo : Pierre Matgé
Luxembourg 3 min. 08.07.2020

En dix ans, 4.755 IVG pour le Planning familial

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Depuis 2009, les demandes d'interruption volontaire de grossesse adressées au Planning familial ne sont plus réorientées vers l'étranger. Et ça change tout, comme le rappelle la structure dans son rapport annuel.

Depuis 2015, la baisse des demandes d’IVG est continue au Planning familial. N'en déplaise à ceux qui voyaient dans la possibilité offerte à la structure de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses, la porte ouverte à une recrudescence de ces actes. Une décennie pile que la mesure a été adoptée, et en 2019, 482 IVG ont pu être pratiquées en toute légalité (et sécurité) au pays. Chiffre le plus bas depuis huit ans. Sachant que du côté de la CNS, on parle d'un bilan général proche des 992 avortements.

Plus besoin donc de partir vers Belgique ou Pays-Bas, ou pire de s'en remettre à un curetage amateur, pour les filles ou les femmes ne souhaitant pas conserver un embryon. Et pour les équipes des trois centres du Planning familial, cette avancée est loin d'être neutre. Désormais, «le choix de chacun est respecté, où le regard est neutre et bienveillant, sans discrimination aucune entre femmes face à une grossesse non désirée». Et l'association de préciser que l'âge moyen des femmes ayant eu recours à ce service se porte à 27 ans. Sachant que, globalement, les moins de 25 ans représentent 45,5% de l'ensemble des consultations médicales, tous motifs confondus.

 Mais l'on aurait tort de résumer l'activité du Planning familial à ces seules données sur l'IVG. Son champ d'action s'avère bien plus large, et justifie qu'en 2019 les centres de Luxembourg, Esch et Ettelbruck aient enregistré 33.532 prises de contact et 12.221 consultations l'an dernier. Ainsi, à travers ses diverses actions, la structure a pu protéger 40.432 cycles d'une grossesse non désirée avec la mise en place d'une contraception (d'urgence ou à long terme; a distribué 22.500 préservatifs ou réalisé 15.000 dépistages d'infections sexuellement transmissibles. 

Si l’activité de consultations psychologiques a quelque peu baissé en fréquentation, cela n'est dû qu'à un problème d'effectif et non à un quelconque désintérêt pour ce type de soutien, indique par ailleurs le bilan 2019. A l'inverse, les consultations médicales ont, elles, progressé de 21% (8.715 au total sur un an). L'effet immédiat du  recrutement depuis fin 2018 d'un médecin à temps complet, complété en novembre par l’arrivée d’un gynécologue.

Mais rien n'est gagné, se défend le Planning familial pour mettre en avant les causes qu'il entend défendre dans les mois à venir. Si 2019 a permis d'obtenir plusieurs belles avancées (diminution de la TVA à 3% sur les produits d’hygiène féminine), du chemin reste à faire. A commencer par la gratuité de la contraception pour toutes, souvent évoquée pas encore réalité... 

Et la présidente Ainhoa Achutegui d'attendre aussi une meilleure prévention en matière d’abus sexuels dans les écoles. «Nous ne cesserons pas non plus de réclamer la possibilité d’intervenir auprès des élèves du cycle 4 en fondamental sans la présence de leur enseignant afin de créer un espace d’intimité pour que leur liberté de parole puisse être totale, sans peur ni réserve.»


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Par rapport à l'année précédente, il y a eu plus de cas de violence domestique au Luxembourg en 2019. Cependant, l'augmentation tant redoutée pendant le confinement ne s'est pas produite.

Le Planning entend aussi que les députés votent l’imprescriptibilité des crimes sexuels. Avec le Cesas et d'autres intervenants, les équipes veilleront aussi à ce que soit améliorée la prise en charge des victimes de violence.

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