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En Belgique, Koen Geens a jeté l’éponge
Luxembourg 3 min. 16.02.2020

En Belgique, Koen Geens a jeté l’éponge

Pour la seconde fois, le socialiste Paul Magnette rompt les négociations pour la formation d'un gouvernement.

En Belgique, Koen Geens a jeté l’éponge

Pour la seconde fois, le socialiste Paul Magnette rompt les négociations pour la formation d'un gouvernement.
Photo: Facebook
Luxembourg 3 min. 16.02.2020

En Belgique, Koen Geens a jeté l’éponge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La crise politique belge s’aggrave. Torpillé par le socialiste francophone Paul Magnette, le chrétien-démocrate flamand a remis sa démission au roi.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Exit Koen Geens. Vendredi soir, le chrétien-démocrate flamand a décidé de jeter l’éponge. Le roi a accepté sa démission, écourtant ainsi une mission prévue à l’origine jusqu’à ce lundi 17 février. Geens devait alors faire rapport au souverain et dire si, oui ou non, une coalition entre la N-VA nationaliste flamande et le PS francophone était possible en vue de former le prochain gouvernement fédéral.

Vendredi soir, Koen Geens a estimé avoir réussi à obtenir le maximum de résultats possible au terme de deux semaines de discussions entre les partis, des discussions portant sur des thématiques aussi variées que la sécurité, la justice, le climat et la mobilité. Puis, l’actuel ministre de la Justice a déclaré : «Je croyais avoir la confiance des deux grands partis (le PS et la N-VA) pour former une coalition avec l'axe MR-CD&V (les libéraux francophones et les chrétiens-démocrates flamands). Quand j'ai vu que cette confiance n'y était plus, ce n'était plus possible.» Il a alors rejeté la faute de l'échec sur le PS. 

L’origine de cette démission surprise est à trouver dans les déclarations faites par Paul Magnette à la presse. «On commence à en avoir vraiment assez de cette situation», a déploré le président du PS francophone dans une interview au Soir. Avant d’ajouter : «A titre personnel, négocier avec des nationalistes avec lesquels nous n’avons rien à voir, cela devient un vrai supplice.» 

Des dizaines de réunions ont eu lieu à ce jour entre la N-VA et le PS. En vain. Pour Paul Magnette, la coupe est pleine. Le socialiste laisse clairement entendre que le bureau du PS qui se déroulera lundi pourrait sonner la fin des discussions : «C’est un choix à faire entre, d’une part, la politesse et le respect des règles constitutionnelles et, d’autre part, la clarté politique.»

Un second "plantage"

C'est désormais clair: le socialiste ne veut pas du schéma qu'a tenté d’imposer coûte que coûte Koen Geens, au risque de subir un affront. « La logique selon laquelle, parce que nous sommes le premier parti francophone, on devrait forcément s’entendre avec le premier flamand, cette logique est absurde (…) On fait des majorités en cherchant à réunir des formations politiques entre lesquelles il y a des convergences. Or, là, on voit bien que cela ne conduit absolument à rien», a martelé le président du PS.

C’est la seconde fois que Paul Magnette «plante» ouvertement une tentative de rapprochement entre son parti et la N-VA. Dans une précédente sortie à la presse, fin janvier, il avait qualifié les propositions des nationalistes flamands d’ «imbuvables», compliquant singulièrement la tâche des informateurs royaux Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens.

Pour certains commentateurs, il est désormais clair que le PS a choisi la voie des nouvelles élections.  Paul Magnette ne s’en cache pas : «Entre accepter n’importe quoi et les élections, on préfère que le peuple se prononce».


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Pour Koen Geens, le camouflet est cinglant. Le chrétien-démocrate flamand s’était donné pour mission de marier l’eau et le feu, la N-VA et le PS. Pour lui, la N-VA doit absolument faire partie du prochain gouvernement fédéral. Il y voit la garantie que la nouvelle coalition sera soutenue par une majorité linguistique flamande. Mais le francophone Paul Magnette en a décidé autrement ce vendredi, franchissant peut-être le Rubicon qui séparait encore le pays d’un nouveau scrutin législatif.


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