Elles dépassent le tabou pour pédaler librement

Elles sont adultes et ne savent pas, ou plus, faire du vélo. Un sujet tabou dans notre société.  Toutes ont pris leur courage à deux mains et décidé de se mettre en selle grâce à la Vélo-école de la Ville de Luxembourg et de la LVI. Chacune a une très bonne raison pour relever ce défi personnel en vingt heures à peine...

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"Grâce à ce cours et à ses méthodes douces, on peut retrouver son équilibre. On a débuté lundi avec une trottinette! J'avais vraiment l'impression d'avoir 5 ans...", raconte avec le sourire Marianne, élève des cours d'apprentissage de la Vélo-école qui ont lieu deux fois par jours durant ces vacances de Pâques dans le cour du Lycée technique Michel Lucius à Luxembourg.

C'est toute la philosophie de la Vélo-école façon LVI (Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ): Permettre à des adultes de redevenir des enfants pour apprendre, en douceur et en tâtonnant, à maîtriser une bicyclette.

Les élèves sont, pour la grande majorité, des femmes. Certaines "viennent même en cachette!", sait Monique Goldschmit qui dirige la Vélo-école. Car "c'est un sujet tabou dont l'origine est: je ne sais pas faire quelque chose que tout le monde sait faire!" Monique est persuadée qu'"il y a aussi beaucoup d'hommes qui ne savent pas mais ils ne le disent pas".

"Lorsqu'elles arrivent je leur dis: vous avez fait le premier pas et vous êtes venues! Le deuxième pas, c'est sur ce terrain que vous allez le faire en réalisant un tas d'exercices. Suivra le 3e pas, le plus important: rouler seule", explique Monique Goldschmit qui préfère se définir comme une accompagnatrice plutôt qu'une prof.

C'est faisable en 20 heures?

Les participants déboursent 100 euros de leur poche, l'autre moitié du coût réel est financé par la Ville de Luxembourg, et viendront durant dix jours, à raison de deux heures par jour, pour atteindre l'objectif fixé.

Vingt heures, c'est suffisant avec une méthode axée sur la mise en confiance. "C'est même moins d'heures que les enfants...", glisse Monique Goldschmit avant de reconnaître que le taux de réussite des cours n'est pas de 100% pour autant. "Sur une trentaine de personnes, il  y en a une ou deux qui décident, au final, de ne pas rouler tout simplement parce que le vélo n'est pas leur truc", explique-t-elle.

Quant à l'outil utilisé pour l'apprentissage, il s'agit d'"un vélo normal excepté le fait qu'il dispose d'un guidon classique de vélo de ville et de pédales pliables de façon à ne pas être gêné lorsqu'on travaille assis sur la selle, les pieds au sol", assure Monique Goldschmit. 

En fin de session, chacune repartira avec une photo. Mais aussi cet incroyable joie d'enfant qu'on garde au fond de soi pour annoncer fièrement le nouveau pas franchi à ceux que l'on aime!

Maurice Fick