Changer d'édition

Electricité rime avec voiture de société
Luxembourg 3 min. 03.06.2020

Electricité rime avec voiture de société

Plus question d'aider fiscalement à l'achat ou à la location de modèles essence ou diesel.

Electricité rime avec voiture de société

Plus question d'aider fiscalement à l'achat ou à la location de modèles essence ou diesel.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 03.06.2020

Electricité rime avec voiture de société

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
A l'avenir, pour les entreprises et les salariés, l'Etat ne procédera à la défiscalisation que pour les modèles à propulsion électrique. Claude Turmes, ministre de l'Energie, a levé le voile sur cette mesure qui entrera dans la prochaine réforme fiscale.

Pour Pierre Gramegna (DP), le début d'année aura dû être consacré aux dernières retouches de la réforme fiscale. Un travail de titan pour le ministre des Finances que la crise économique du covid-19 est venu stopper net. Mais à en croire son collègue du ministère de l'Energie, Claude Turmes (Déi Gréng), il est une page qui ne sera pas changée: celle de l'accompagnement fiscal de l'Etat au déploiement des flottes de voitures de société au Luxembourg. Le régime devait être modifié, à la grande crainte des professionnels du leasing, le ministre de l'Energie a annoncé qu'à l'avenir, «l'avantage fiscal ne serait plus accordé qu'aux véhicules tout électriques».

D'ailleurs, la mesure figure déjà dans le Plan national énergie climat (PNEC) que le gouvernement a adopté. S'attendant par avance à un flot d'interrogations, le ministre de l'Energie prévient à l'avance qu'il y aura «possibilité d'attribuer des aides aux entreprises pour qu'elles disposent des infrastructures (de rechargement) dans leurs parkings». Des bornes à installer en aérien ou en souterrain, qui viendront s'ajouter au réseau en cours de densification sur le pays.


Laden statt tanken: Der Markt für Elektroautos beginnt Schwung aufzunehmen.
L’installation des bornes Chargy relancée
Alors que le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures incitant à l'achat de véhicules électriques, il continue de tisser le réseau de bornes de recharge à travers le pays. L'objectif de 800 emplacements demeure lointain, mais le ministère de l'Energie annonce que 345 sont en service, soit 53 de plus qu'en fin d'année dernière.

Et Claude Turmes n'entend pas changer de route en la matière. Il l'affirme : «Le secteur sait que l'avenir n'est possible que si nous disposons de plus de voitures électriques. Ce sont les seules voitures écologiques; toutes les autres émettant du CO2.» Ainsi, le parc des entreprises suivrait-il la route tracée par l'Etat luxembourgeois lui-même. En effet, en 2020, les différentes administrations devraient se doter de près de 36 voitures électriques et de véhicules plug-in hybrides. Le ministère de la Mobilité a passé un appel d'offres en ce sens, pour quelque 945.000 euros hors tva. 

D'ailleurs, pour l'instant, la solution des véhicules à moteur hydrogène ne trouve clairement pas grâce aux yeux du ministre Déi Gréng. Ces voitures consomment encore trois plus d'énergies renouvelables qu'un modèle électrique, tacle-t-il. Toutefois, Claude Turmes ne referme pas la porte à cette possibilité. Un groupe de travail, avec son ministère, la Fedil, l'Uni et les principaux fournisseurs d'énergie du pays planche encore sur le développement de cette technologie au Grand-Duché.

Par contre, plus libéral que jamais, le ministre Vert reste un fervent partisan pour positionner le Luxembourg comme la place économique qui finance le déploiement des énergies renouvelables, hydrogène compris.

Taxe à la pompe

Dans la réforme fiscale annoncée, il était aussi question d'instaurer une taxe carbone. Le coronavirus n'a rien changé. Elle sera toujours dans un premier temps, et dès 2021, de 20€/tonne de dioxyde de carbone émise. Tout comme les ministères de l'Energie et de l'Environnement ont réussi à imposer l'idée d'une hausse régulière des accises sur les produits pétroliers. La crise l'a décalée de quelques mois, mais guère plus.

«Avec Pierre Gramegna, Franz Fayot, Carole Dieschbourg, nous nous étions rencontrés en mars quand les prix de l'essence avaient chuté de 70-80%, ça n'était pas le bon moment.» Mais que les automobilistes s'y attendent: cette nouvelle taxe ne devrait plus tarder à venir frapper les tarifs à la pompe. Les quatre ministres ont promis de se retrouver en juin pour en discuter.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La relance verte frappe à la porte
Le volet écologique du plan de redémarrage "Neistart Lëtzebuerg" passera par l'augmentation des primes accordées pour l'amélioration de l'efficacité énergétique de l'habitat et encouragera le déploiement des énergies renouvelables. Ce sera tout bénéfice pour les citoyens, le climat et... les artisans.
Isolation
La mobilité électrique reste «compétitive»
Malgré des coûts à la hausse, «investir dans une voiture électrique reste rentable», estime ce mercredi le ministre de l'Energie. Et Claude Turmes de préciser que les «frais d'entretien restent bien inférieurs à ceux des voitures thermiques».
Le secteur de l'automobile à la croisée des chemins
Dans un marché en pleine mutation, marqué par les innovations et le renforcement des normes antipollution, le comportement des consommateurs luxembourgeois reste au beau fixe. Etat des lieux à cinq jours de l'ouverture de l'Autofestival.
Le train à hydrogène reste à quai
Si le train à hydrogène à zéro émission nocive va bientôt entrer en service en Allemagne, l'éventualité de son déploiement sur le réseau luxembourgeois ne figure pas dans les projets.
Si les locomotives passagers sont électriques, nombre des machines en service pour les CFL fonctionnent encore au diesel.