Education: le Luxembourg se dirige-t-il vers une réforme de l'alphabétisation?

Le Luxembourg est connu pour être un pays multilingue. Une richesse qui peut parfois être le pire ennemi d'un élève lors de son parcours scolaire. Voici ce que propose le nouveau gouvernement pour tenter de remédier au problème de l'enseignement des langues au Luxembourg.

Photo: Shutterstock

(Ch.L) - Le problème de l'alphabétisation au Luxembourg a toujours été un casse-tête pour les politiciens.

"Les langues sont souvent un des facteurs déterminants de la réussite ou de l'échec scolaire d'un élève", a expliqué Xavier Bettel dans sa déclaration gouvernementale, "aucune solution adéquate n'a été trouvée jusqu'à maintenant pour remédier au problème".

Qu'à cela ne tienne, le nouveau gouvernement n'a pas l'intention de baisser les bras et prévoit de mettre un programme sur pied destiné aux élèves de l'enseignement précoce et du cycle 1.

"Ce programme permettra de développer leurs compétences et leur vocabulaire", a précisé le Premier ministre

Une classe à double ou simple alphabétisation?

Le gouvernement envisage également une réforme de l'alphabétisation. Pour rappel, au Luxembourg, les élèves sont d'abord alphabétisés en allemand à l'âge de six ans puis en français.

"Nous devons d'abord analyser la nécessité d'une classe à double alphabétisation ainsi que la nécessité d'une classe à alphabétisation en français avant d'envisager une telle réforme", a souligné Xavier Bettel.

Le gouvernement va également voir s'il est possible de décaler l'alphabétisation en français d'une année.

Un air de déjà-vu

L'évocation d'une classe à double alphabétisation sonne comme un air de déjà-vu. En 2010, un couple d'enseignants de l'école primaire luxembourgeoise francophone de Walferdange, qui a fermé ses portes en juin dernier, avait proposé de créer une classe à double alphabétisation.

Le projet avait été refusé catégoriquement par la ministre de l'Education de l'époque, Mady Delvaux-Stehres, mais il n'avait pas déplu à la Ville de Luxembourg, qui s'était montrée ouverte à l'idée de lancer le projet-pilote dans sa commune.

Le projet des deux enseignants était d'ailleurs passé en commission parlementaire en 2012 et avait été soutenu par...les membres du parti démocratique (DP), le parti de l'actuel Premier ministre, Xavier Bettel.

L'idée ne serait donc finalement pas tombée dans l'oreille d'un sourd.