École francophone Charlemagne

La rentrée scolaire d'une école en sursis

(VO) - Les écoliers de l'établissement primaire et francophone Charlemagne ont repris le chemin des salles de classe pour une nouvelle année scolaire à Walferdange.

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Ils sont 101 enfants à courir dans la cour de l'école par ce frais jeudi de septembre afin de se défouler avant de regagner leur classe, accompagnés de leur institutrice.

"Ce matin, les parents ont déposé les enfants au compte-gouttes, explique la directrice de l'établissement, Geneviève de Beler. "Habituellement, ils sont en sandales et en short pour leur rentrée, mais cette année l'automne est bien vite arrivé".

Le temps morose et le vent frais n'empêchent en rien les enfants de sauter depuis le perron en attendant d'être pris en photo pour immortaliser le moment de cette nouvelle rentrée qui aurait pu ne pas se faire.

En mars dernier, l'établissement lançait un appel au secours suite à une mauvaise nouvelle: le bail des locaux de Walferdange, mis à disposition par le ministère de l'Education nationale expirant avec l'année scolaire 2016/2017, l'école devait trouver refuge dans le quartier de Neudorf à Luxembourg-Ville dès septembre 2017.

Cependant, un courrier de la bourgmestre, Lydie Polfer, lui a appris ce printemps, que "la mise à disposition des infrastructures sises 257, rue de Neudorf (...) n'a pas reçu de suite favorable de la part du collège échevinal".

L'école se retrouvait donc à la rue.

"On est en sursis, mais on se porte bien"

La mobilisation des parents, du personnel enseignant et des fondateurs de l'école a permis aux choses de bouger. Des personnalités politiques du LSAP, DP et CSV ainsi que des entrepreneurs employant des parents d'enfants scolarisés à Charlemagne sont montés au créneau et en avril, le ministère de l'Education nationale annonçait qu'il prolongeait le contrat de bail jusqu'en juillet 2018

La rentrée de ce jeudi se passe une nouvelle fois dans les locaux de Walferdange, mais c'est la dernière fois.

"Le bail est pour une année seulement", précise Henri de Crouy-Chanel, un des fondateurs de l'école, "ça devrait être la dernière année pour nous à Walferdange. Nous travaillons sur différents projets avec certaines communes mais il est encore trop tôt pour en parler".

Les 55 familles et les 12 membres du personnel ont débuté ce jeudi la dernière ligne droite à Walferdange, avant d'amorcer un tournant dans l'histoire de l'école.

"C'est vrai, nous sommes une école en sursis", souligne Christian Moufle, président du conseil d'administration de l'établissement, "mais on se porte bien et nous envisageons l'avenir sereinement. Nous sommes d'ores et déjà en train de travailler sur une solution d'accueil de nos écoliers pour les années à venir".

10% d'inscriptions en plus

Depuis que l'école existe, ses effectifs ne cessent de croître de 10% tous les ans. C'est le cas encore, cette nouvelle année scolaire.

"Malgré les interrogations quant à notre bâtiment, rencontrées au printemps dernier, les parents sont restés à nos côtés et n'ont pas changé leurs enfants d'école pour autant", poursuit Geneviève de Beler, "Nos effectifs ont augmenté de 10% comme chaque année".

Pour l'enseignante, il est clair que Charlemagne doit déménager de Walferdange: "Nous avons atteint la capacité maximale d'accueil des enfants", note-t-elle, "Il nous manque même une salle de classe et les CM1 et les CM2 sont regroupés, ce qui donne une classe de 21 enfants alors que les autres classes accueillent 15 écoliers chacune".

La philosophie de l'établissement reste néanmoins de conserver une taille humaine et un esprit familial. Face au paquebot du Campus francophone Vauban du Ban de Gasperich, qui a une capacité de 796 élèves des écoles maternelle et élémentaire accompagnés de leurs 52 enseignants, l'école Charlemagne se veut plus modeste dans l'intérêt des familles.

"Nous aimerions à terme faire construire notre propre établissement", reprend Henri de Crouy-Chanel, "Mais une école qui s'apparenterait davantage à une école de quartier ou communale qu'à un campus d'envergure comme l'est le bâtiment de Gasperich".

Un esprit participatif et des parents investis

L'école Charlemagne accueille 55 familles dont 14 ont au moins trois enfants scolarisés dans l'établissement.

"Chez nous, la scolarité revient à 395 euros par mois cantine et navette comprises. A partir du deuxième enfant scolarisé, il y a un rabais de 20% sur son inscription, de 30% pour le troisième et de 50% pour le quatrième. Nous avons également un fonds d'aide pour les parents ayant des difficultés financières", explique la directrice, "Les parents sont investis dans le fonctionnement de l'école, ils surveillent à tour de rôle la cantine. Nous souhaitons conserver cet esprit d'entraide et de proximité".

Des parents qui aident à la cantine, des enfants francophones issus d'horizons linguistiques différents (30% des effectifs sont de nationalité belge, anglaise, allemande, espagnole, tchèque, italienne, croate et ukrainienne contre 70%, française) sont des raisons suffisantes pour la direction de vouloir trouver un emplacement près de la capitale pour son établissement.

"La plupart des familles vivent à Luxembourg-Ville, c'est pourquoi nous sommes à la recherche d'une commune limitrophe pour nous accueillir l'année prochaine", conclut Geneviève de Beler, avant d'ajouter: "il en va de la survie de notre école car les familles ne nous suivraient pas si nous nous éloignions trop de la capitale. Les enfants se lèvent déjà assez tôt comme ça".




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