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Du grabuge à la Chambre des députés
Luxembourg 1 2 min. 09.07.2019

Du grabuge à la Chambre des députés

Du grabuge à la Chambre des députés

Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 1 2 min. 09.07.2019

Du grabuge à la Chambre des députés

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Tous les partis d'opposition (CSV, ADR, Déi Lénk et Piraten) ont quitté la Chambre des députés ce mardi après-midi en pleine séance plénière, laissant le DP, Déi Gréng et LSAP seuls dans la salle.

Voilà un mardi bien agité du côté du Parlement luxembourgeois. Aux alentours de 14h30, tous les députés de l'opposition, composée des partis CSV, ADR, Piraten et Déi Lénk ont quitté la Chambre, suite au refus du président, Fernand Etgen (DP) et de la majorité, de s'expliquer sur le dossier des bases de données de la Justice et de la Police.

«Nous avons demandé à modifier l'ordre du jour, comme c'est possible de le faire en début de séance. La majorité souhaitait également ajouter un point à cet ordre. Mais ils ont refusé notre demande et validé la leur !», tempête Martine Hansen, cheffe de fraction du CSV, contactée par le Luxemburger Wort.

«C'est un vrai signe d'arrogance, un refus démocratique», poursuit-elle. Face à ce constat, les 29 députés de l'opposition ont donc décidé de quitter le Parlement. «Rien n'avait été orchestré, cela s'est fait spontanément», souligne la députée CSV.

A l'ordre du jour de ce mardi après-midi, le plan national pour le développement durable ainsi qu'un point sur la précarité énergétique au Luxembourg. Un projet de loi relatif à l'assistance à l'inclusion dans l'emploi devait également être voté.

«Mais il faut qu'ils soient 31 pour faire quelque chose et ils ne le sont pas», ironise Martine Hansen, qui attend désormais une réaction de la majorité avant de se rendre à la Chambre demain, mercredi.

Plusieurs députés DP, dont la bourgmestre Lydie Polfer, alors en pleine interview, sont retournés en catastrophe à la Chambre pour tenter d'atteindre le quorum nécessaire pour procéder au vote.

Exclus de dix séances publiques

Le 10 octobre 1989, Robert Mehlen, Gast Gibéryen, Josy Simon, Jean-Pierre Koepp, Jup Weber et Nic Clesen, Jean Huss et François Bausch ainsi que René Urbany ont exigé l'égalité des droits pour tous les parlementaires.
Le 10 octobre 1989, Robert Mehlen, Gast Gibéryen, Josy Simon, Jean-Pierre Koepp, Jup Weber et Nic Clesen, Jean Huss et François Bausch ainsi que René Urbany ont exigé l'égalité des droits pour tous les parlementaires.
Photo: Archives LW / Jean Weyrich

Ce n'est pas le premier coup d'éclat de ce genre à la Chambre. Il y a près de 30 ans, le 10 octobre 1989, neuf députés qui ne pouvaient pas former un groupe parlementaire ont protesté contre la «discrimination à l'encontre des sans-fraction». Ils ont alors bloqué l'accès aux escaliers menant à la salle plénière.

L'ouverture de la séance parlementaire avait été retardée et seule l'intervention de la gendarmerie a permis de dégager l'accès à sa salle.

Les factions du CSV, LSAP et DP se sont mises d'accord pour condamner ce sit-in, et les manifestants avaient finalement été exclus de dix séances publiques.

Au centre de notre photo d'archives on reconnaît François Bausch, actuel ministre de la Défense et de la Sécurité intérieure.

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