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Du 10 au 20 septembre au Luxembourg: À votre tour d'oublier un livre... que chipera le prochain passant
Luxembourg 17 3 min. 08.09.2015 Cet article est archivé

Du 10 au 20 septembre au Luxembourg: À votre tour d'oublier un livre... que chipera le prochain passant

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Du 10 au 20 septembre au Luxembourg: À votre tour d'oublier un livre... que chipera le prochain passant

Pendant dix jours, la capitale et la plupart des communes luxembourgeoises devraient voir fleurir romans, essais, revues ou bandes dessinées déposés par des lecteurs anonymes dans des parcs, des halls de gare, à des arrêts de bus... à l'attention de nouveaux lecteurs. Prenez-vous au jeu, faites tourner !

Pendant dix jours, la capitale et la plupart des communes luxembourgeoises devraient voir fleurir romans, essais, revues ou bandes dessinées déposés par des lecteurs anonymes dans des parcs, des halls de gare, à des arrêts de bus... à l'attention de nouveaux lecteurs. Prenez-vous au jeu, faites tourner !

C'est la deuxième édition de l'événement « Oublie un livre quelque part », organisé par Marie-Rose Hary, qui travaille au Grand-Duché depuis 1979. Chaque personne qui souhaite y participer est invitée à coller une étiquette « Oublie un livre quelque part » sur la couverture et, éventuellement, à y signer un petit mot destiné à accompagner l'ouvrage que l'on souhaite partager.

Pour sa part, Marie-Rose va « oublier » 500 bouquins

Marie-Rose se promet de distribuer quelque 500 ouvrages sur les bancs qui bordent la Pétrusse, où elle va courir tous les jours.

Elle se réjouit que l'idée ait été reprise dans de nombreux pays européens, et même jusqu'au Maroc et au Proche Orient. « Ma fille qui se trouvait en Israël y a trouvé un roman avec la mention "Oublie un livre quelque part". Il l'a accompagnée jusqu'à l'aéroport, à Paris, où elle l'a à son tour déposé. »

Marie-Rose avait ouvert l'an dernier une page Facebook consacrée à l'événement. Plus de dix mille personnes y ont participé. Une kyrielle de personnes y ont posté leurs bouquins, « oubliés » ou « trouvés », sur un banc, dans une aire d'autoroute, sur un quai de gare, au fond d'un caddie, etc. Elle reprend cette année la même adresse pour relancer l'expérience et, déjà, quelques premiers commentaires fleurissent, de personnes se disant « prêtes à "oublier" ».

Marie-Rose Hary, dans le parc de la Pétrusse, le 8 septembre 2015
Marie-Rose Hary, dans le parc de la Pétrusse, le 8 septembre 2015
Photo: Dominique Nauroy

D'autres regrettent d'avoir moins trouvé que déposé des livres : un constat que partage Marie-Rose. « Il n'y en avait pas assez », juge-t-elle, espérant que cette deuxième édition surpassera la précédente. « Parce que les livres partent vite. Une demi-heure avait suffi pour qu'un exemplaire déposé place des Martyrs disparaisse », confie-t-elle. Elle avait épié la personne qui, s'arrêtant sur la quatrième de couverture, avait finalement glissé le bouquin dans sa poche.

À quand des « arbres à livres » dans la capitale ?

Depuis, la mode des « arbres » ou « boîtes à livres », d'abord répandue au Québec, s'est développée, à Nancy, Thionville, Liège ou encore Dudelange, pour ne citer que quelques villes parties prenantes d'un mouvement qui prend de l'ampleur. On peut y déposer un ou deux livres, et en prendre un ou deux. Marie-Rose milite désormais pour que cette initiative s'implante à Luxembourg.

Né en 2001, le site bookcrossing.com propose, sur le même principe que celui énoncé par Marie-Rose, de « libérer » des livres en pleine nature. De plus, grâce à un identifiant, celui qui partage l'ouvrage peut le suivre au cours de ses pérégrinations, et savoir ce que les autres en ont pensé si toutefois ils signalent leur découverte sur le site.

Photo: Dominique Nauroy

Cette idée du partage est au cœur de l'initiative de Marie-Rose : « Ce sont de petites graines qu'on laisse à destination des autres, sans lesquels nous ne sommes rien », explique-t-elle : « Il y a tant de personnes qui ont des choses à donner, à partager. » Sa formule est une proposition qui permet de « contourner la peur de demander, de donner ».

Elle s'est d'ailleurs prise à son propre jeu, trouvant sur son passage le « Traité d'athéologie » de Michel Onfray. Elle a dévoré cette critique en règle des trois monothéismes, ces pages qui déjà portaient le regard d'un premier lecteur, dans la peau duquel elle avait souhaité entrer, le temps d'une lecture.

Dominique Nauroy


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