Don de la vue au Luxembourg

Michel, 39 ans: «Cette greffe a changé ma vie»

Ce type de transplantation est le plus répandu dans le monde avec un taux de réussite dépassant les 90%.
Ce type de transplantation est le plus répandu dans le monde avec un taux de réussite dépassant les 90%.
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(SW) - Depuis presque deux ans maintenant, les Hôpitaux Robert Schuman ont décidé de soutenir le don de cornée et de former des collaborateurs spécialisés au prélèvement de ce tissu.

Un don qui permet à des personnes comme Michel, Luxembourgeois de 39 ans, de recouvrer la vue. Le presque quarantenaire souffrait d'un problème de naissance, qui lui provoquait de nombreuses infections et une vue qui baissait d'années en années. 

«Avec le temps, j'aurais fini aveugle en fait», raconte-t-il. Vrai handicap au quotidien, Michel décide de consulter son ophtalmologiste qui lui conseille alors la greffe de la cornée, dans un hôpital de Hombourg.

Michel Engel, à droite, a subi une greffe des deux yeux.
Michel Engel, à droite, a subi une greffe des deux yeux.
Hôpitaux Robert Schuman

«J'ai subi une première opération de l’œil gauche en 2008 puis l’œil droit en 2011». 

Un vrai soulagement pour lui. Après l'opération, un traitement est nécessaire, pour éviter le rejet - quasi nul - de la nouvelle cornée. Mettre des gouttes, prendre de la cortisone, faire attention à ses yeux avec un bandage la nuit etc... Puis vient la délivrance.

«Aujourd'hui je vois à 70% avec mon œil gauche et 100% à droite, avec tout de même des lentilles de contact. Mais cette greffe a changé ma vie c'est sûr. Avant je ne voyais pas bien, c'était un vrai handicap au quotidien et j'avais des infections qui me gâchaient encore plus la vie. Là, tout ça est derrière moi», conclut-il avec un sourire.

Tout le monde est donneur

Aux Hôpitaux Robert Schuman, cette greffe de cornée est désormais possible depuis presque 2 ans. «Mais nous avons mis les bouchées doubles depuis juin de cette année», détaille Philippe Welter, anesthésiste à l'hôpital.

Depuis quatre mois, 24 prélèvements de cornées ont ainsi été effectués au Luxembourg. «Nous répondons à une vraie demande, notamment de la part d'établissements universitaires à l'étranger. Mais c'était aussi important pour nous de proposer cette transplantation aux Luxembourgeois.»

Sauf critères d'exclusion, toute personne peut être donneuse de cornée. L'âge n'entre pas non plus en ligne de mire. «Il n'y a aucune limite d'âge. Même si vous souffrez d'un cancer, vous pouvez donner votre cornée», souligne Philippe Welter.

Aucun besoin de compatibilité. Et le risque de rejet est faible. «La cornée est un tissu qui est très similaire à la peau: il se régénère. Son prélèvement est préconisé jusqu'à 72 heures après la mort du défunt, mais pour des raisons de qualité, 24 heures suffisent.»

Pourquoi faire ce don?

Lorsque la cornée, tissu fin et translucide qui protège les yeux et contribue à la formation d'une image nette, s'opacifie, la personne concernée perd alors progressivement la vue jusqu'à une possible cécité, comme cela aurait été le cas pour Michel.

La seule option pour recouvrer la vue lorsque la cornée est atteinte est donc la greffe. On parle ici, non pas d'un don d'organes mais d'un don de tissu.

«Ce type de transplantation est le plus répandu dans le monde avec un taux de réussite dépassant les 90%. Aujourd'hui, on parle d'un million de greffes de cornées par an dans le monde. Ramené à l'échelle du Luxembourg, on peut parler de 45-50 greffes par an», explique le directeur médical des Hôpitaux Robert Schuman, Claude Braun.

Un don important, mais qui nécessite, comme pour les organes, de s'être procuré un Passeport de vie. Cette carte permet à quiconque de prendre position pour le don de ses organes ou de ses tissus. 

«Lorsque vous prenez ce passeport, vous pouvez préciser si vous acceptez ou non le don de tissus avec le don d'organes, ou de ne donner que certains organes et pas d'autres. Le premier pas est d'aller chercher sa carte de donneur et d'en parler avec ses proches. Même si nous rappelons qu'au Luxembourg, tout le monde est un potentiel donneur

Cette année au Grand-Duché, seuls deux donneurs d'organes avaient été recensés. Une mentalité que souhaite faire changer le ministère de la Santé, qui multiplie ses appels aux dons.

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