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Difficultés financières: une personne sur 10 concernée
Luxembourg 3 min. 16.10.2017

Difficultés financières: une personne sur 10 concernée

Pour ceux qui sont au bord du gouffre, il en faut peu pour basculer

Difficultés financières: une personne sur 10 concernée

Pour ceux qui sont au bord du gouffre, il en faut peu pour basculer
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Luxembourg 3 min. 16.10.2017

Difficultés financières: une personne sur 10 concernée

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
Alors que ce mardi marque la journée internationale de lutte contre la pauvreté, le STATEC révèle que la situation au Grand-Duché n'est pas toute rose en ce qui concerne le travail et la cohésion sociale.

Une personne sur 10 au Luxembourg a récemment traversé au moins trois ans de difficultés financières: c'est ce que nous apprend le STATEC, qui publie ce lundi un cahier économique consacré au travail et à la cohésion sociale.

Alors que le 17 octobre marque la journée internationale de lutte contre la pauvreté, le STATEC s'est penché sur 4 dimensions importantes quand on parle de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale au Grand-Duché:

  • les revenus,
  • le travail,
  • les langues,
  • la santé.

Revenus: 20% des résidents ont moins de 1.689 euros

En 2016, le niveau de vie moyen au Luxembourg allait de 984 euros/mois pour les 10% les moins aisés, à 7.891 euros/mois pour les 10% les plus aisés.

Le STATEC note une répartition inégalitaire: 10% des individus les moins aisés se partagent seulement 3% de la masse totale des revenus des ménages, contre 24% pour les 10% les plus aisés.

Ainsi, certains basculent facilement dans la pauvreté: concrètement, cela signifie de faibles moyens financiers, une privation matérielle sévère et/ou peu de travail dans le ménage. En 2016, une personne sur 10 était concernée au Luxembourg.

Mais comme l'explique Jérôme Hury, co-auteur du rapport, "le phénomène de la pauvreté n'est pas figé, il est dynamique":  

  • 6% de gens qui n’étaient pas à risque en 2013 ont basculé entre-temps,
  • 28% des personnes qui étaient à risque il y a encore 3 ans, s'en sont sorties,
  • enfin, 30% de gens ont traversé de graves difficultés sur cette période.

Quant au taux de risque de pauvreté, il grimpe en 2016: en clair, au Luxembourg, en 2016, près de 20% de gens avaient un revenu disponible inférieur à 1.689 euros, aides sociales incluses. 

Les familles monoparentales (un seul adulte avec enfant) sont les ménages les plus à risque. 

Travail: des emplois oui, mais "atypiques"

Depuis 2000, l’emploi intérieur a augmenté de plus de 60%, une situation exceptionnelle dans l’Union européenne puisqu'il s'agit de la plus forte croissance. En 2016, plus de 13.000 postes ont ainsi été créés.

Mais dans le même temps, les formes d'emploi "atypiques" (temps partiel, samedi/dimanche/nuit, contrats à durée déterminée) sont en hausse. Autrement dit, la qualité n'y est pas.

Le STATEC indique que le travail à temps partiel est souvent "choisi" au Luxembourg, contrairement à d'autres pays, comme la France par exemple, où il est subi. Cependant, sans surprise, il concerne en majeure partie les femmes. 

L'emploi féminin à la traîne par rapport à l'UE

D'ailleurs, l'emploi féminin au Luxembourg (65%) se situe sous la moyenne des pays de l'UE. Dans les pays nordiques et aux Pays-Bas, les femmes sont beaucoup plus nombreuses à travailler (84% en Islande par exemple). Les Allemandes sont 74% à travailler et les Françaises 66%.

Le chômage s’établit à 6,3% pour 2016. Le Luxembourg n’est cependant pas le pays le plus performant de l’Union européenne. Il se situe dans le premier tiers mais il est devancé par des pays tels que Chypre, l’Allemagne, Malte et la Hongrie qui ont les taux les plus faibles de l’UE.

Au Grand-Duché, le chômage touche davantage les étrangers (surtout hors UE) et les moins instruits (10% pour les moins éduqués contre 4% pour les mieux éduqués).

Deux tiers de la population parlent 4 langues ou plus

Le multilinguisme de la société luxembourgeoise est précieux pour la cohésion sociale. Deux tiers de la population savent utiliser 4 langues ou plus. Et chez les Luxembourgeois dont les parents ont immigré, cette moyenne monte à 4,9 langues.

Le français est, de loin, la langue la plus maîtrisée au Luxembourg: 91% des gens comprennent et parlent le français. Viennent ensuite l'anglais (71%), l'allemand (66%), le luxembourgeois (61%), le portugais (21%) et l'italien (17%).

Santé: les femmes en première ligne

Les hommes peuvent s’attendre à vivre 80% de leur vie en bonne santé alors que pour les femmes, ce taux ne dépasse pas 72%.

La part des personnes en bonne santé augmente avec le revenu et le niveau d’éducation mais il faut tenir compte du fait que la pauvreté engendre la mauvaise santé et inversement.


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