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«Difficile de s'en sortir sans nouvelles restrictions»
Luxembourg 2 min. 23.10.2020 Cet article est archivé

«Difficile de s'en sortir sans nouvelles restrictions»

Réparties en plusieurs shifts, les équipes de contact tracing de l'Inspection sanitaire travaillent chaque jour de 8 heures à 23 heures.

«Difficile de s'en sortir sans nouvelles restrictions»

Réparties en plusieurs shifts, les équipes de contact tracing de l'Inspection sanitaire travaillent chaque jour de 8 heures à 23 heures.
Photo: Guy Wolff/archive
Luxembourg 2 min. 23.10.2020 Cet article est archivé

«Difficile de s'en sortir sans nouvelles restrictions»

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Face à la spectaculaire recrudescence des nouveaux cas de covid-19, l'Inspection sanitaire a dû adapter sa méthode de travail. Le service compte plus que jamais sur un coup de pouce des personnes diagnostiquées positives.

Alors que l'épidémie de covid épouse une courbe exponentielle avec plus de 1.000 nouvelles contaminations sur les deux derniers jours, la division de l'Inspection sanitaire ne manque pas de pain sur la planche. «Nous nous efforçons de contacter systématiquement et dans les plus brefs délais toutes les personnes testées positives», glisse Anne Vergison, la responsable du service. «Ce, à la fois pour les informer de l'importance de respecter l'isolement, et pour qu'elles nous fournissent une liste de leurs contacts afin que nous puissions les retracer», poursuit-elle.

Interrogée ce vendredi sur la Radio 100,7, Anne Vergison avoue toutefois qu'«avec la hausse exponentielle des contaminations, nous demandons la collaboration de ces personnes afin qu'elles appellent elles-mêmes leurs contacts éloignés». Ce, alors que l'Inspection sanitaire s'efforce toujours de joindre les contacts très étroits des personnes diagnostiquées positives. Avec, à l'arrivée, un risque potentiel de perte d'informations que déplore la cheffe de service, tout en soulignant que «nous nous occupons encore des contacts lorsqu'il est question d'un cluster épidémique ou dans les secteurs à risque, comme la santé».

Pour Anne Vergison, «pas de panique si on ne peut justifier son absence auprès de l'employeur qu'après quelques jours seulement»
Pour Anne Vergison, «pas de panique si on ne peut justifier son absence auprès de l'employeur qu'après quelques jours seulement»
Photo: Chris Karaba

Ainsi, «nous avons contacté soit par téléphone, soit via e-mail environ 500-600 personnes sur la journée de jeudi», précise celle qui est en poste depuis le 1er octobre seulement, «ce qui équivaut pratiquement au nombre de nouveaux cas. Nous avons donc 24 heures de retard, un délai qui nous semble encore acceptable, mais que nous ne souhaitons pas voir s'allonger.»

Concrètement, il est demandé aux gens entrés en contact avec une personne positive de se mettre en auto-quarantaine. Anne Vergison tient à les rassurer sur une éventuelle absence au travail. «Pas de panique si on ne peut justifier son absence auprès de l'employeur qu'après quelques jours seulement», dit celle qui était auparavant cheffe de la division de Médecine curative. En effet, ils peuvent contacter directement l'Inspection sanitaire pour demander les documents dans le cadre de la quarantaine, et «nous leur enverrons le certificat de quarantaine nécessaire si besoin», affirme celle qui dirige une équipe d'une centaine de personnes.

Débordée par l'explosion des contaminations, l'Inspection sanitaire n'a plus les moyens que de contacter les personnes positives et leurs contacts étroits
Débordée par l'explosion des contaminations, l'Inspection sanitaire n'a plus les moyens que de contacter les personnes positives et leurs contacts étroits
Photo: Anouk Antony

Anne Vergison explique que «toutes les données récoltées sont ensuite analysées par des spécialistes pour essayer de voir où se trouvent les lieux de transmission et les secteurs sensibles». De quoi pouvoir intervenir de la manière la plus efficace possible. Et, une fois en possession de ces précieuses données, les décideurs politiques, et singulièrement «le Premier ministre et la ministre de la Santé peuvent se faire une idée très claire de la situation et prendre les décisions les plus judicieuses», relate celle qui estime que «cela va être très difficile de s'en sortir sans de nouvelles restrictions si on ne limite pas les contacts».

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