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Differdange s'équipe de caméras et d'agents de sécurité
Luxembourg 7 4 min. 17.06.2019

Differdange s'équipe de caméras et d'agents de sécurité

Differdange s'équipe de caméras et d'agents de sécurité

Photo: Caroline Martin
Luxembourg 7 4 min. 17.06.2019

Differdange s'équipe de caméras et d'agents de sécurité

La troisième plus grande ville du Luxembourg affiche depuis décembre sa volonté d'installer des systèmes de sécurité dans son centre-ville. Ce sera le cas à partir du 1er juillet prochain. Mais des agents privés feront également des rondes.

A partir du 1er juillet au soir, deux agents de sécurité privés effectueront une tournée à Differdange pour surveiller les lieux. Ils patrouilleront autour du parc Gerlache, de la rue Michel Rodange, du parking Contournement et de son passage souterrain pour piétons.

Leur mission: «accompagner» les gens qui traversent ces endroits et leur assurer un meilleur sentiment de sécurité, explique Robert Mangen (CSV), échevin à la sécurité publique de la ville.

A sa connaissance, aucun incident grave n'a eu lieu dans les environs du parc jusqu'ici. Mais depuis le Multikultifest 2018, il est devenu évident que de nombreux habitants évitent le parc et ses environs autant que possible à des heures tardives.

Les visiteurs du festival par exemple, ont dû placer des points noirs sur les endroits qu'ils jugeaient délicats: résultat, beaucoup de points noirs se situaient autour du parc.

Selon les plans actuels, deux caméras seront installées dans la rue Michel Rodange de telle sorte qu'elles auront à la fois la rue et le parc en vue. En automne, l'ascenseur du parking de Contournement, victime de vandalisme à répétition, sera réparé. Une autre caméra est prévue là-bas.

Patrouille sans chien

En plus de ces caméras, des hommes patrouilleront dans ces rues. «Nous voulons redonner aux gens un sentiment de sécurité», explique l'échevin, ajoutant: «au début, nous avions pensé à une patrouille avec un chien. Mais finalement, l'idée a été abandonnée, car perçue comme trop provocatrice»

Aucune arme

«Ce ne sont pas des remplaçants de la police», explique Robert Mangen. Ainsi, ils ne seront pas armés et ne devront pas s'immiscer dans les conflits; sauf en cas d'urgence. Ils patrouilleront l'été de 17h à 22h et l'hiver de 16h à 21h.

«C'est dommage que nous ayons à recourir à cela», se désole Robert Mangen. Mais la police a un problème de personnel; pas seulement à Differdange.

La municipalité considère donc ce service de sécurité comme une sorte d'aide pour la police. «Idéalement, il devrait y avoir une force de police de quartier. Cela assurerait la sécurité et un plus grand seuil d'inhibition», a imaginé Robert Mangen. Or, à l'heure actuelle, c'est loin d'être le cas. 

Drogues dans le parc  

Mais d'où vient ce sentiment d'insécurité dans un parc qui invite à flâner par temps ensoleillé? D'un côté, certains se sentent mal à l'aise avec les jeunes qui passent le temps là-bas, parfois avec de la musique forte.

Selon l'échevin, la priorité de la ville de Differdange est avant tout de s'attaquer au sentiment d'insécurité.
Selon l'échevin, la priorité de la ville de Differdange est avant tout de s'attaquer au sentiment d'insécurité.
Photo: Caroline Martin

D'autre part, le problème de la drogue est beaucoup plus grave. «Il ne faut pas mélanger les deux», prévient Robert Mangen. Afin de contrer ce dernier phénomène en particulier, la ville souhaite mettre en place un service de travail de rue. «Il ne s'adressera pas seulement aux jeunes», précise l'échevin.

Une analyse est en cours. Le bourgmestre a également à l'esprit que l'administration municipale pourrait mettre en place une sorte de lieu de rencontre où les gens pourraient se voir offrir une tasse de café et, idéalement, une conversation avec un travailleur social.

Mais en attendant, ne peut-on pas craindre un effet de déplacement dû à la présence de ces patrouilles et caméras? Robert Mangen admet que c'est un risque. Si un nouveau point critique apparaît, par exemple dans le parc Edmond Dune, des caméras pourraient y être installées ultérieurement. «C'est une première tentative», souligne l'homme politique.

Problème de vandalisme dans les écoles 

Certaines écoles sont aussi plus ou moins régulièrement victimes de vandalisme. Pendant les vacances de Pâques, une personne a ainsi mis le feu à une salle de classe de l'école de la rue Emile Mark. Il n'est donc pas impossible d'installer des systèmes de surveillance dans certains bâtiments scolaires à l'avenir.

«Mais ce n'est pas un but en soi», explique clairement Robert Mangen. La ville souhaite d'abord analyser l'effet des caméras et du service de sécurité sur les zones actuelles. Le contrat avec l'entreprise de sécurité est d'ailleurs d'une durée d'un an. Les coûts s'élèvent à environ 12.000 euros par mois, même si la commune ne veut pas donner le prix exact pour des raisons de concurrence.

Où seront stockées ces images?

Reste la question du stockage des enregistrements des caméras. L'administration municipale donnera des détails exacts sur ce sujet à une date ultérieure. Toutefois, il est déjà clair qu'aucun membre du personnel municipal ne devrait être autorisé à regarder les enregistrements.

«Ils seront stockés pendant un mois, puis effacés», explique Robert Mangen. Aucun employé ne sera assis derrière l'écran à regarder les images tourner. Les enregistrements ne seront utilisés que pour être transmis à la police lorsqu'un incident aura eu lieu. Ils devraient être conservés dans un coffre-fort.

Par Nicolas Anen, traduction Sophie Wiessler

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