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Deux jours, deux ambiances pour les manifestations

  • Fermeté de rigueur
  • Une vingtaine d'interpellations
  • La lente démobilisation de la marche blanche
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Deux jours, deux ambiances pour les manifestations

Deux jours, deux ambiances pour les manifestations
Face aux mesures covid

Deux jours, deux ambiances pour les manifestations


par Patrick JACQUEMOT/ 13.12.2021

Samedi, les arroseuses étaient de service.Photo: Alain Piron

Samedi agité, dimanche plus calme : la capitale a encore vécu un drôle de weekend. Les cortèges d'opposants aux choix sanitaires du gouvernement n'avaient visiblement pas les mêmes buts d'un jour à l'autre.

Evidemment, ces 11 et 12 décembre ne pouvaient voir se reproduire les troubles du 4 décembre dernier. Plus question pour la police grand-ducale de se laisser chahuter par une poignée d'agitateurs faute d'une anticipation à la hauteur. Quitte pour cela à faire appel aux renforts belges spécialisés dans le maintien de l'ordre. Plus question surtout de laisser les défilés de protestataires quitter, ne serait-ce que d'un pas, le «zoning» fixé (entre Glacis et Kirchberg). ''L'invasion" des marchés de Noël du Knuedler ou de la place de la Constitution, les regroupements devant le domicile du Premier ministre et autres scènes ou messages violents étant tout ce que les autorités ne voulaient plus revivre.


IPO , PK Xavier Bettel u. Paulette Lenert , neues Covidgesetz , Foto.Guy Jallay/Luxemburger Wort
Il menaçait Bettel et des ministres
La police a identifié un des possibles auteurs des courriers de menace de mort reçus par le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement. Ce trentenaire a été placé en détention préventive.

Et, au final, le dispositif a tenu bon. Mais que de différence entre les cortèges du samedi et celui du dimanche. Même si l'un comme l'autre ont mobilisé chacun de l'ordre de 500 participants, l'ambiance dans les rangs et le rapport avec les forces de l'ordre sur le terrain n'avaient rien à voir.  

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Fermeté de rigueur
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Photo : Christophe Olinger

D'abord, il y aura eu le rassemblement, samedi 14h au champ du Glacis. Des discours aux mégaphones harangueurs, un ton plus potache que menaçant. Le temps que la masse des opposants se forme, 100, 200, 300... Allez, un peu plus de 500 au final quand, au bout d'une heure dans le froid et les esprits un peu échauffés, le cortège a pris la direction du Kirchberg. Il n'était pas 15h30 quand la première autopompe de la police est entrée en action pour repousser quelques manifestants bien décidés à ne pas se contenter de la ligne droite ''concédée'' par le ministre de la Sécurité intérieure et la bourgmestre de Luxembourg.

Longtemps, l'avenue de la Porte-Neuve est ainsi devenu le point chaud de ce 11 décembre. Là où tout pouvait basculer. Sur fond de pétards et dans une ambiance colorisée aux fumigènes, les plus agités des manifestants se font systématiquement refouler par des policiers équipés, organisés et bien décidé à laisser le centre-ville de la capitale hors d'atteinte de toute bousculade.

Sur les coups de 17h, la Ville n'a donc connu que quelques «chamailleries» et la foule se disperse petit à petit. La police reste sur ses gardes, et les contrôles d'identité inopinés se multiplient dans les rues. Mais la tension monte et des groupes tentent de semer le trouble. Aux Nouvelles Galeries (repoussés), aux abords du marché de Noël de la place d'Armes (qui fermera préventivement quelques minutes), ici et là mais sans que le cordon policier ne soit jamais débordé.

Quelques échauffourées donc mais pas d'affrontements violents dans ce samedi que tout le monde redoutait de voir tourner au pugilat. Une journée que le Premier ministre, Xavier Bettel (DP) a conclu par un tweet remerciant les policiers belges et luxembourgeois et signalant que le gouvernement «prend au sérieux la radicalisation d'une partie de notre société. Avec toutes les parties prenantes et avec le soutien d'experts nationaux et étrangers, nous élaborerons un plan d'action pour lutter contre ce problème».

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Une vingtaine d'interpellations
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Photo: Christophe Olinger

En marge du cortège de samedi, la police a procédé à diverses arrestations au fil de la journée. Et dimanche, en fin d'après-midi, un homme était toujours en garde à vue pour s'expliquer sur son attitude. 

Pêle-mêle, parmi les 19 personnes interpellées le 11 décembre, les reproches portent sur des agressions ou menaces sur agents, port d'armes prohibées, résistance au pouvoir de l'Etat mais aussi exposition de signes ou de symboles propres à perturber l'ordre public. Une liste que les enquêteurs pourront compléter selon l'analyse qu'ils feront des images filmées du terrain ou depuis les drones et l'hélicoptère qui ont survolé les différentes rues empruntées par les contestataires.

A noter qu'à l'issue de la journée de samedi, la plus tendue, le communiqué officiel de la police ne relevait aucun blessé dans ses rangs. Signalant toutefois qu'un agent avait été touché par un tir de feu d'artifice.

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La lente démobilisation de la marche blanche
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Photo: Steve Eastwood

Lassitude d'un mouvement engagé depuis la rentrée? Crainte d'être pris au cœur d'actions violentes non souhaitées? Toujours est-il que la septième marche blanche et silencieuse n'a réuni qu'environ 500 personnes. Estimation de la police. En tout cas, la foule qui s'était rassemblée à nouveau devant la Philharmonie, au Kirchberg, n'avait rien à voir avec cette foule de 4.500 personnes qui avait manifesté le 30 octobre dernier.


Lokales, Esch, CHEM, SchweigeminuteFoto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
La minute de silence reconduite chaque semaine
Initialement, la mobilisation des soignants était prévue tous les 14 jours. Ses initiateurs entendent désormais la mener chaque jeudi et que toute la population y prenne part.

Reste que l'annonce du début, mardi, de la campagne de vaccination anti-covid des moins de 12 ans (vulnérables) a constitué l'un des principaux points dénoncés par ce cortège. Sous une fine pluie, la marche n'a pris son départ qu'après avoir écouté le Dr Ochs, généraliste porte-flambeau de la contestation des choix sanitaires actuels. Loin d'enflammer les participants à s'opposer aux conditions et au parcours fixés, le médecin (condamné à un an de privation d'exercice, décision faisant l'objet d'un appel) a seulement rappelé que ce n'était pas là des «conditions sereines pour manifester».

Après avoir franchi le Pont rouge et rejoint le Glacis, les manifestations -calmes- ont partagé un vin chaud avant de se disperser sans aucun heurt. 


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