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Deux chiens renifleurs attendus en prison
Luxembourg 3 min. 08.09.2021
Drogues

Deux chiens renifleurs attendus en prison

Les deux chiens antidrogue pourront mettre leur nez partout en prison, y compris dans les affaires des visiteurs.
Drogues

Deux chiens renifleurs attendus en prison

Les deux chiens antidrogue pourront mettre leur nez partout en prison, y compris dans les affaires des visiteurs.
Photo archives : Serge Waldibilig
Luxembourg 3 min. 08.09.2021
Drogues

Deux chiens renifleurs attendus en prison

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Quatre nouveaux effectifs vont bientôt entrer dans les rangs de l'administration pénitentiaire : deux malinois et leurs maîtres-chiens chargés de traquer les stupéfiants dans les prisons luxembourgeoises.

Lundi 4 octobre. Le jour est entouré de rouge sur l'agenda de Serge Legil. A cette date, le directeur de l'administration pénitentiaire accueillera deux nouveaux personnels. Les premiers à aboyer! En tout cas, les premiers malinois intégrés au sein de ses effectifs. Ainsi, au même titre que la police grand-ducale, les douanes ou les secours du CGDIS, les prisons du pays vont-elles aussi être dotées de chiens.


Le Centre pénitentiaire d'Uerschterhaff sera d'une capacité maximale de 400 détenus.
La «pierre angulaire» du système carcéral ouvrira en 2023
Alors que la commission de la Justice visite ce mercredi la future prison de Sanem, l'administration pénitentiaire assure que le timing d'ouverture sera respecté. Si des agents seront sur place dès le mois de mai prochain, les premiers détenus n'arriveront que dans deux ans.

Ceux-là n'auront qu'une seule mission : repérer tout porteur de drogues ou toute cache de produits stupéfiants dans les trois établissements pénitentiaires luxembourgeois. «Oui, ça circule (essentiellement des cannabinoïdes) et malgré tout notre dispositif, nous savons que ça passe toujours», grogne Serge Legil. Fouilles des détenus et des cellules, caméras de surveillance, détecteur chimique, contrôles d'urine permettent toujours des petites saisies, une quarantaine par an en moyenne.

Mais le ministère de la Justice est convaincu que «rien ne peut remplacer le flair d'un chien formé à cette traque». Aussi a-t-il été décidé de recruter : deux maîtres-chiens donc et leur compagnon de travail. Des chiens qui seront donc achetés d'ici quelques semaines, aux Pays-Bas, à des éleveurs privés. Des chiots dont l'esprit joueur laisse à penser qu'ils se prendront au jeu du cache-cache avec les drogues. «Nous irons les choisir sur place, et reviendrons avec pour les remettre au premier duo qui composera notre groupe canin». Un joli cadeau dont le coût est pour l'heure estimé entre 4.000 et 7.000 euros par toutou.

Avant cela, il aura fallu départager les trois candidats encore en lice pour les deux postes à pourvoir... «Au départ, aux deux réunions d'information que nous avons organisées sur ces jobs, une cinquantaine de personnes étaient intéressées.» Mais les exigences pour devenir agent pénitentiaire ET maître-chien en ont découragé beaucoup. Cinq ans de secondaire au moins, la maîtrise des langues administratives du pays, les examens d'embauche ont servi de premiers filtres.

Ensuite, les demandes propres au métier ont fini par écrémer la liste des postulants. «Même si l’administration fournit le véhicule de service aménagé/climatisé, la nourriture du chien et la formation continue indispensable au binôme, il faut aussi que le maître-chien dispose d'un jardin où installer un chenil extérieur, mais aussi faire accepter la présence de l'animal à sa famille.» Car quand homme et bête ne travailleront pas ensemble, ils vivront ensemble, vacances incluses. «Cela va donc au-delà des heures de travail...»


Vers une meilleure réinsertion des détenus
A partir de 2023, les personnes incarcérées pourront bénéficier d'un suivi personnalisé et de modules de formation professionnelle. Un dispositif visant à limiter le risque de récidives.

Passé le 4 octobre, les deux duos fileront directement en stage aux douanes. Huit mois pour initier les quatre effectifs à ouvrir l’œil et les narines pour rechercher les stupéfiants en milieu carcéral. «L'idée ensuite étant d'envoyer les équipes, selon un calendrier aléatoire, dans nos différents centres en coordination avec les directeurs.» Ainsi, dès 2022, dans les couloirs des prisons de Schrassig, Givenich et Sanem (sitôt le chantier achevé), les museaux entreront en service.

«Actuellement, on réussit à saisir de l'ordre de 500 à 800 grammes par an, mais là nous allons faire mieux», pronostique Serge Ledig. D'ailleurs, si l'opération anti-stup est concluante, l'administration pénitentiaire envisage d'étendre son cheptel d'ici deux ans. Sachant que tout ce petit monde du groupe canin, à poils ou en uniforme, sera basé à Givenich où seront installés bureaux, chenils abrités et terrain d'entraînement. 

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Gefängnis - Prison - gefangenschaft - strafvollzug - Schrassig - Gefangener  - prisonnier-Détenu - Uhaft - u-haft -  Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort