Deux ans après la collision, l'enquête touche à sa fin
Deux ans après la collision, l'enquête touche à sa fin
C'est un épisode qui reste dans les mémoires. Plus de dix ans après la catastrophe ferroviaire de Zoufftgen qui avait fait six morts, un accident mortel similaire avait lieu le 14 février 2017 entre un train de voyageurs, heureusement quasi vide, et un train de marchandises.
Deux ans après les faits, le Parquet de Luxembourg informe que "l'enquête judiciaire est presque terminée; le dernier rapport de l'expert ferroviaire suisse a été envoyé cette semaine au juge d'instruction".
Mais entre-temps, la Commission rogatoire internationale a fait une demande auprès de Whatsapp, aux Etats-Unis, pour avoir accès aux données du téléphone du conducteur décédé au moment de l'accident.
L'idée derrière cette demande est de comprendre pourquoi le conducteur de train n'a pas vu les différents signaux lumineux sur sa route; était-il distrait par son téléphone?
En attendant, le juge d'instruction peut à présent analyser les résultats détaillés de l'enquête pour les transmettre au Parquet.
Une fois que ce "volumineux dossier" aura été étudié, ce sera au juge d'instruction, sur avis du Parquet, de décider quelle sera la suite à donner à ce dossier: "une inculpation éventuelle de personnes suspectes ou la clôture de l'instruction".
Trois causes pour l'accident
À 08h44 ce jour-là, le TER de voyageurs, en route pour Thionville, passe un premier signal en position d’avertissement, à environ 123km/h, sans réduire sa vitesse, conformément à la réglementation. Le conducteur du train n'engage un premier freinage que 100m en amont d'un autre signal qui lui, est en position d'arrêt. Mais le TER passe tout de même ce signal, à une vitesse de 131km/h.
Le freinage d'urgence ne sera actionné qu'après avoir passé tous ces signaux. Mais il est alors trop tard et la collision avec le train de marchandises en route pour Luxembourg est inévitable.
Il aura fallu plusieurs semaines pour dégager complètement les wagons accidentés des voies. Sans compter la crainte des conducteurs de trains, ne souhaitant plus se rendre au Luxembourg seuls à bord des appareils; et celle des voyageurs de cette ligne frontalière très empruntée, sous le choc.
En 2018, un premier rapport intermédiaire de l'enquête est rendu public et dévoilera trois causes pour expliquer cet accident:
1. Le conducteur du train TER n'a pas réagi au signal lumineux fixe avancé présentant la position «avertissement» et n'a donc pas réduit sa vitesse comme la réglementation le lui imposait;
2. L'impulsion que le système d'aide à la conduite dit «crocodile» du signal fixe avancé aurait dû émettre n'a pas été reçue par le train TER, ce qui a eu pour conséquence que le système Memor II+ n'a pas déclenché de freinage;
3. Lorsque le conducteur du train TER a réalisé que le signal fixe principal était en position «arrêt», la distance de freinage était insuffisante pour lui permettre d’arrêter le train à temps afin d’éviter la collision frontale.
Une erreur humaine donc, mais aussi un problème technique lié au dispositif de sécurité des trains qui diffère d'un pays à l'autre.
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