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Des vignes en souffrance en raison de la météo
Luxembourg 2 3 min. 26.08.2019

Des vignes en souffrance en raison de la météo

Les vendanges 2018 avaient été exceptionnelles du point de vue qualitatif et quantitatif. Cette année les quantités seront réduites de moitié.

Des vignes en souffrance en raison de la météo

Les vendanges 2018 avaient été exceptionnelles du point de vue qualitatif et quantitatif. Cette année les quantités seront réduites de moitié.
Photo: Maurice Fick
Luxembourg 2 3 min. 26.08.2019

Des vignes en souffrance en raison de la météo

Maurice FICK
Maurice FICK
Dans un mois démarrent les vendanges sur les coteaux de la Moselle. Records de chaleur, sécheresse mais aussi gelées tardives ont sévèrement abîmé les raisins. La récolte s'annonce «difficile» et les quantités seront moitié moindres, avance déjà l'Institut viti-vinicole.

Comme l'an passé, le cru mosellan 2019 s'annonce de très bonne qualité. Mais cette fois, les bouteilles seront comptées. «On arrivera à la moitié d'une année normale», assure Robert Mannes. «Mais qualitativement», ajoute aussitôt l'ingénieur de l'Institut viti-vinicole de Remich, «les raisins qui restent seront excellents». 


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Comme la forêt luxembourgeoise a pâti de la météo, la vigne paye un lourd tribu aux conditions météo sortant de l'ordinaire. Une longue période sans pluie pendant la phase de végétation de la vigne, de février à fin juillet, a sérieusement impacté la vigne. 

Tout comme «les brûlures causées par des températures extrêmes qu'on n'a jamais connues. Avec des températures maximales touchant les 40°C», glisse Robert Mannes. 

Sur les coteaux comme dans le reste du pays, nul n'a oublié les 23, 24 et 25 juillet quand le mercure affichait plus de 35°C. Ces trois jours ont suffi «pour que les vignes brûlent». 

Résultat: la plupart des grappes montrent un double visage: en pleine santé d'un côté, complètement desséchées de l'autre:

Mais avant cet épisode estival, une nuit aura suffi à ruiner les espoirs des vignerons. «Début mai -dans la nuit du 4 au 5- la quantité de raisins a été réduite d'au moins 40% à cause d'une gelée tardive extrême», rappelle l'ingénieur viticole. L'expert a d'ailleurs connaissance de «vignerons qui ont tout perdu» à cet instant.

Les grappes qui ont survécu aux nombreux caprices du climat seront d'excellente qualité «parce qu'il n'y a pratiquement pas eu d'humidité, ni de pluie. Donc on a échappé aux maladies fongiques classiques», explique le spécialiste.

Vendanges prévues le 23 septembre

Jean-Marie Vesque, vigneron à Hëttermillen, montre l'état des grappes de raisins et explique pourquoi les vendanges 2019 seront particulièrement compliquées:

Dans le vignoble mosellan, les vendanges débuteront lundi 23 septembre. Jean-Marie Vesque juge, au vu de l'état des grappes dans ses vignes que «cette année sera beaucoup plus difficile que l'an dernier parce que les raisins sont grillés». 

Les vendangeurs devront par conséquent passer deux fois dans chaque rang. Pour récolter les raisins sains au premier passage puis trier les bons grains de ceux desséchés dans un second temps.

Encore des réserves 2018

Le vigneron confirme les dires du spécialiste de l'Institut viti-vinicole sur les plus faibles quantités de vin attendues tout en ajoutant, avec précaution, qu'il «faut encore attendre les trois à quatre semaines qui suivront». Pour l'heure, il table sur «800 à 900 hectolitres en sachant qu'on produit en moyenne 1.200 hectolitres par an». L'an passé, la vigne s'était même montrée généreuse en lui offrant 1.500 hectolitres de vin.

La rareté fera-t-elle grimper les prix des bouteilles ? «Peut-être, répond Robert Mannes. Mais cela va dépendre de chaque vigneron». Sachant que dans les caves luxembourgeoises les réserves de vin de 2018, une année exceptionnelle en termes de quantité de vin produite, ne sont pas épuisées. Jean-Marie Vesque exclut, lui, d'ores et déjà de faire payer le consommateur.  


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