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Des soignants «à la limite de leurs capacités»

  • Un travail harassant
  • Une approche différente
  • Quel avenir?
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  • Une approche différente 2/3
  • Quel avenir? 3/3

Des soignants «à la limite de leurs capacités»

Des soignants «à la limite de leurs capacités»

Des soignants «à la limite de leurs capacités»


par Jean-Michel HENNEBERT/ 19.11.2020

Photo: Christophe Olinger

Considérés lors de la première vague de covid-19 comme des «héros», les personnels soignants poursuivent leur travail, jour après jour, depuis huit mois. Un marathon qui commence à peser sur le moral des troupes. Notamment au sein du service de soins intensifs du CHL.

«La lutte contre le covid n'est pas un sprint, mais un marathon.» Si la formule, lâchée vendredi dernier par Xavier Bettel (DP), ambitionne de préparer la population générale au maintien des restrictions sanitaires sur une période plus longue qu'escomptée, elle illustre aussi le quotidien en milieu hospitalier. 

En première ligne depuis la mi-mars, aides-soignants, infirmiers ou médecins ont vu défiler des milliers de patients atteints par le virus, parvenant à soigner la majorité d'entre eux, mais accompagnant aussi les 248 victimes recensées à ce jour dans leurs derniers instants. 

Huit mois après le début de la pandémie, les différents acteurs du service de soins intensifs du CHL partagent leur vécu d'une situation où se mêlent «beaucoup de frustration» mais aussi de «l'espoir». Retours d'expérience.

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Un travail harassant
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Interrogés à tour de rôle sur leur état d'esprit actuel, les membres de l'unité 33 de l'hôpital de la route d'Arlon affichent une réponse unanime. La situation apparaît non seulement comme «difficile» en raison «du nombre élevé de patients présents en soins intensifs», mais aussi de «l'absence d'horizon» à court, voire à moyen terme. 

Car même si la courbe des infections devrait baisser dans les prochains jours ou prochaines semaines, l'impact au sein de ce service ne se fera pas sentir avant un certain temps «puisque les patients qui y sont présents peuvent rester plusieurs semaines». Une situation qui pèse clairement sur le mental de ceux qui estiment être passés «du statut de héros à celui de gens qui font peur».


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Une approche différente
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Alors que la première vague d'infections au covid-19 avait atteint son apogée début avril avec un nombre d'hospitalisations supérieur à 200 cas sur une période de deux semaines, la deuxième vague, elle, déferle avec une intensité bien plus forte. Tant au niveau des nouvelles infections que du nombre de patients devant être pris en charge dans les établissements de soins. Si la barre des 700 nouveaux cas est régulièrement franchie depuis le début du mois d'octobre, le nombre d'hospitalisations reste depuis trois semaines «à un niveau élevé» comme l'indiquait mardi le Premier ministre. 

Une activité forte du virus qui a amené le chef du gouvernement à indiquer que de nouvelles mesures sanitaires pourraient entrer en vigueur lundi prochain, une fois que le nouveau texte aura été voté à la Chambre. Pour mémoire, le renforcement du dispositif se basera notamment sur le nombre de nouveaux cas enregistré au cours du week-end, dont le seuil à ne pas dépasser a été fixé à 500. Les données publiées mercredi par le ministère de la Santé faisaient état officiellement de 891 nouvelles infections pour la journée de mardi.

Bien que plus vigoureuse, la deuxième vague a également été abordée de manière différente par les équipes médicales. Conséquence directe du retour d'expérience du mois d'avril et des connaissances accrues dans le traitement des patients atteints.


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Quel avenir?
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Alors que les annonces sur l'arrivée prochaine d'un vaccin se multiplient, la question des répercussions concrètes se pose. Pour le Dr Pit Braquet, spécialiste des maladies infectieuses au CHL, «les prochains jours seront déterminants pour savoir dans quelle direction nous allons». Une analyse conforme à celle réalisée par le gouvernement, à une nuance près. Car même en cas de baisse des nouveaux cas, «la situation dans les hôpitaux restera identique au moins deux semaines après le pic», estime le médecin. 

Toutefois, au moment où les hôpitaux basculent officiellement en phase 4, synonyme de hausse du nombre de lits de réanimation, mais aussi de report des chirurgies programmées, des chimiothérapies et des radiothérapies, un «espoir» existe. Un horizon lié à la progression des connaissances sur la maladie et ses mécanismes. 


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