Changer d'édition

Des services de livraison sous le feu des critiques
Luxembourg 2 min. 17.03.2021 Cet article est archivé

Des services de livraison sous le feu des critiques

Des services de livraison sous le feu des critiques

Photo: Getty Images
Luxembourg 2 min. 17.03.2021 Cet article est archivé

Des services de livraison sous le feu des critiques

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Conséquence directe de la fermeture des restaurants, le développement des offres vouées à déposer les commandes à domicile pose la question du cadre légal pour ce type de service. La crainte d'une «ubérisation» du droit des coursiers se fait jour.

Figurant sur la liste des gagnants de la crise, les plateformes de livraison de repas à domicile s'attirent des critiques de plus en plus vives. Si ces dernières apparaissent pour les restaurants comme l'un des moyens nécessaires pour maintenir leur activité malgré le maintien de la fermeture du secteur Horeca, elles contribueraient à «l'ubérisation d'une partie de l'économie», selon déi Lénk qui dénonce mercredi l'exploitation «des zones grises du droit du travail».


Les services traiteurs tirent profit du confinement
La fermeture des restaurants couplée à la crainte de la foule dans les supermarchés conduisent de plus en plus de résidents à commander leur nourriture en ligne. Une aubaine pour les professionnels du secteur qui voient leur activité exploser.

En ligne de mire directe, le service WeDely - utilisé par quelque 350 restaurants à travers le pays - qui a recours à des coursiers indépendants «qui n'ont généralement pas de contrat de travail avec la plateforme», synonyme d'absence de protection juridique et de paiement des cotisations sociales, assure le parti d'opposition. Une situation qui ferait de ces indépendants «des employés très précaires (...) dont les revenus dépendent de la plateforme et de ses opérateurs», juge-t-il en estimant que ce phénomène «se répand au Luxembourg et ne se limite pas aux services de livraison de nourriture».

A l'été dernier, Dan Kersch (LSAP), ministre du Travail, indiquait que plusieurs plaintes contre WeDely avaient été déposées et que «sept dossiers avaient été transmis au Parquet par l'ITM». Le procès pour suspicion de travail dissimulé s'est ouvert ce lundi au tribunal d'arrondissement de Luxembourg, le prononcé est attendu pour le 4 mai prochain. Ce n'est pas la première fois que la question de l'arrivée des plateformes internationales pose question au Grand-Duché, ce débat ayant notamment eu lieu lors de la réforme des taxis. 


Le Luxembourg encourage l'arrivée d'Uber&Co
Attendue avant la fin 2020, la nouvelle réforme du secteur des taxis a été validée ce vendredi en Conseil de gouvernement. Avec comme principale nouveauté l'introduction d'un cadre pour les voitures de location avec chauffeur. Objectif: faire baisser le prix des courses.

Avant que le gouvernement ne donne finalement son accord à l'arrivée d'Uber&Co, les discussions furent vives autour de la question de ce que François Bausch (Déi Gréng) nommait en janvier dernier «l'application des droits essentiels du travail et de la Sécurité sociale». Figurant dans l'accord de coalition via la création d'«un cadre juridique clair (...) pour les nouveaux modèles d’affaires de l’économie afin d’éviter la concurrence déloyale pour les entreprises traditionnelles existantes», cette question devrait, selon déi Lénk, s'inspirer de l'Espagne. 

Le Parlement espagnol a en effet adopté la semaine dernière «un amendement au droit du travail qui fait de tous les coursiers des employés, leur offrant ainsi le droit du travail et la protection sociale». En décembre dernier, la Chambre des salariés avait soumis une proposition de loi visant à encadrer le travail des personnes travaillant «par l'intermédiaire de plateformes électroniques». Un texte qui fait écho aux travaux menés au niveau européen par Nicolas Schmit, commissaire à l'Emploi et aux Droits sociaux.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Attendue avant la fin 2020, la nouvelle réforme du secteur des taxis a été validée ce vendredi en Conseil de gouvernement. Avec comme principale nouveauté l'introduction d'un cadre pour les voitures de location avec chauffeur. Objectif: faire baisser le prix des courses.
La fermeture des restaurants couplée à la crainte de la foule dans les supermarchés conduisent de plus en plus de résidents à commander leur nourriture en ligne. Une aubaine pour les professionnels du secteur qui voient leur activité exploser.