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Des restaurateurs face à l'équation des tests rapides
Luxembourg 4 min. 07.05.2021

Des restaurateurs face à l'équation des tests rapides

D'ici au 16 mai, le gouvernement devra clarifier les dispositions pratiques imaginées pour permettre la réalisation de tests rapides dans les restaurants.

Des restaurateurs face à l'équation des tests rapides

D'ici au 16 mai, le gouvernement devra clarifier les dispositions pratiques imaginées pour permettre la réalisation de tests rapides dans les restaurants.
Photo: Hendrik Schmidt/dpa
Luxembourg 4 min. 07.05.2021

Des restaurateurs face à l'équation des tests rapides

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Si l'annonce de la réouverture de l'ensemble de l'activité du secteur Horeca fait l'unanimité, la mise en oeuvre concrète des nouvelles mesures sanitaires reste encore un point d'interrogation. En cause, l'absence de répartition claire des droits et des devoirs de chacun.

Six mois après la fermeture complète des bars, cafés et restaurants et un mois après la réouverture des terrasses, la totalité des 2.600 entreprises du secteur Horeca pourront reprendre leur activité à compter du 16 mai prochain. Annoncée mercredi par Xavier Bettel (DP) et Paulette Lenert (LSAP), la mesure s'accompagnera de nouvelles mesures afin de «maintenir une situation sanitaire stable». 


People have lunch at the restaurant La Coupole in Paris, on June 15, 2020, as cafes and restaurants are allowed to serve customers inside, as well as on terraces, as part of the easing of lockdown measures taken to curb the spread of the COVID-19 pandemic, caused by the novel coronavirus. (Photo by ALAIN JOCARD / AFP)
Les restaurants reprendront eux aussi du service
Face à une situation sanitaire jugée stable «depuis plusieurs semaines», le gouvernement annonce, mercredi, la mise en place de nouveaux allègements. Parmi eux, le plus spectaculaire tient dans la réouverture des tables en intérieur. A condition que les clients prouvent qu'ils sont négatifs.

En l'occurrence, cela prendra la forme d'une obligation faite aux restaurateurs de ne servir à l'intérieur de leur établissement que les clients capables de présenter un test négatif récent. Que ce dernier soit un test PCR daté de moins de 72 heures, un test antigénique prélevé par un personnel formé de moins de 24 heures - certificat à l'appui - ou un test réalisé sur place. Et c'est sur ce dernier point que le bât blesse pour le moment. 

Car si 500.000 kits seront distribués gratuitement par la Chambre de commerce à l'ensemble du secteur entre lundi et mercredi prochains, leurs conditions d'utilisation restent, pour l'heure, indéfinies. «Si je suis content de pouvoir enfin rouvrir, cette question des tests m'inquiète car les responsabilités ne sont pas clairement définies», constate Yaghma Yasha, cofondateur de l'asbl Don't forget us, qui craint de devoir «faire la police» tout en prenant le risque «de perdre les aides reçues, voire de devoir les rembourser, si un client ne joue pas le jeu ou parvient à déjouer notre vigilance».


A medical worker administer the Jansen (Johnson and Johnson) Covid-19 vaccine to the public at a FEMA run mobile Covid-19 Vaccination clinic at Biddeford High School in Bidderford, Maine on April 26, 2021. - The clinic is jointly run by FEMA and the state of Maine with the help of other federal agencies and the Maine National Guard. The United States has resumed vaccinations with the Johnson & Johnson shot, the third authorised injection, after a brief pause over links to a rare form of clotting. (Photo by Joseph Prezioso / AFP)
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Même interrogation autour du dispositif qui devra être mis en place pour permettre la réalisation des tests au sein des établissements. Si le Premier ministre avait indiqué mercredi que ces derniers pourraient soit «être réalisés devant les établissements», soit «être mis directement sur la table», les deux options se heurtent à des considérations pratiques. Dans un cas, cela pourrait créer une file d'attente dissuasive pour des clients impatients de revenir déjeuner ou dîner en salle, dans l'autre aboutir à une concentration importante de personnes dans un espace réduit pour réaliser leur test.


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Qu'ils soient propriétaires, serveurs ou cuisiniers, tous protestent contre la manière dont est gérée la pandémie dans le secteur des bars, cafés et restaurants. En amont de la manifestation de jeudi, rencontre avec certains d'entre eux.

Au vu des enjeux économiques, la majorité des acteurs de l'Horeca interrogés plaident pour la création d'une structure située à l'extérieur afin de faciliter le service et le respect des gestes barrières. A la fois pour les clients installés en salle et les personnels. «Car notre priorité reste que nos clients reviennent et se sentent bien», résume Etienne-Jean  Labarrère-Claverie, chef impliqué dans le mouvement de grogne du secteur en début d'année. 


19.01.2021, Hessen, Frankfurt/Main: Zeynep Kallmayer, Pflegegruppenleiterin der Covid-19-Intensivstation C1 am Uniklinikum Frankfurt, zeigt ihren Impfpass mit den beiden Eintragungen für die Corona-Impfung. Kallmayer hat ihre zweite Impfung gegen das Coronavirus erhalten. Für den vollen Impfschutz ist mit Abstand von mehreren Wochen eine zweite Impfung nötig. Foto: Andreas Arnold/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Même analyse du côté de Carlo Thelen, directeur de la Chambre de commerce, qui signale également que s'il considère le recours aux tests rapides comme «la bonne voie à suivre pour rouvrir pas à pas les différentes activités», cette solution ne pourra être que temporaire. Pour le représentant patronal, «le gouvernement devra trouver, à la longue, une solution pour permettre aux personnes immunisées d'accéder plus facilement aux différents services». Soit la mise en place d'un système à deux vitesses que refuse fermement l'exécutif.


Wirtschaft, Friseur, Coiffeurs, machen wieder auf, Salon Tendrelle, Olinger Luc, Coronavirus, Covid-19, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
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A noter enfin que les kits mis à disposition gratuitement par le gouvernement ne constitueront pas un stock suffisant pour plusieurs mois, raison pour laquelle la Chambre de commerce appelle d'ores et déjà les entreprises de l'Horeca, mais également toutes les entreprises du pays, à constituer leurs propres réserves. Ce qui aura un coût qui pourrait être répercuté sur le menu, à l'image du surcoût appliqué par les coiffeurs pour compenser l'achat de matériel de protection. 

Une option qui ne devrait toutefois pas décourager les clients «puisque beaucoup consomment déjà plus qu'à l'accoutumée pour nous soutenir», relate Yaghma Yasha qui assure que «le principal tient avant tout dans le fait que nous approchions ensemble du bout du tunnel».

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