Changer d'édition

Des policiers critiquent le dispositif choisi samedi
Luxembourg 3 4 min. 08.12.2021
Après les débordements du 4 décembre

Des policiers critiquent le dispositif choisi samedi

Face à une foule hostile, les policiers ont dû créer un cordon protecteur devant la Chambre des députés, samedi.
Après les débordements du 4 décembre

Des policiers critiquent le dispositif choisi samedi

Face à une foule hostile, les policiers ont dû créer un cordon protecteur devant la Chambre des députés, samedi.
Photo: Sibila Lind
Luxembourg 3 4 min. 08.12.2021
Après les débordements du 4 décembre

Des policiers critiquent le dispositif choisi samedi

Pas assez nombreux, pas équipés pour la circonstance, manquant de consignes claires : les agents qui ont, de près ou de loin, assisté aux débordements de ce 4 décembre en gardent un souvenir amer.

(pj avec Steve REMESCH) Combien d'agents déployés? Quelle stratégie envisagée en amont face à une manifestation non officielle certes, mais dont la police grand-ducale avait connaissance? Au lendemain des troubles survenus dans la capitale le 4 décembre, Philippe Schrantz, directeur général de la police, s'était réfugié derrière le secret d'«informations opérationnelles confidentielles» pour ne pas répondre à ces questions légitimes. Seule confidence de la part du responsable : le dispositif policier «avait été renforcé en amont de la manifestation, au vu des informations en notre connaissance». Insuffisant visiblement.


La contestation a déjà fixé ses rendez-vous
Samedi 11 mais aussi dimanche 12 décembre, au moins deux rassemblements déclarés d'opposants aux mesures anti-covid doivent avoir lieu dans la capitale. Mais «trois actions» flottent aussi dans l'air.

Un avis partagé par plusieurs policiers interrogés par le Luxemburger Wort. Non seulement la ''menace'' aurait été mal évaluée, mais les agents de terrain sont aussi amers de constater que nombreux sont ceux qui, désormais, se moquent de la faiblesse de leur dispositif et de leurs capacités à (ré)agir. En témoigne une vidéo, prise dernièrement dans le parc de la Kinnekswiss. Là, Peter Freitag et Jean-Marie Jacoby, les deux organisateurs des marches Saturday for Liberty et Polonaise solidaire, se moquent ouvertement des forces de l'ordre et rabaissent les fonctionnaires en uniforme.

Pour les ''forces de l'ordre'' policières, la mission n'est pourtant pas simple.  D'une part, les agents sont tenus d'être intransigeants et sévères à l'égard de certains citoyens, principalement des jeunes, qui ne respectent pas les lois covid. D'autre part, chaque samedi depuis presque deux ans, on leur demande de sagement accompagner les marches des ''anti'' qui manifestent contre chacune des mesures prises pour faire face à cette épidémie. Des cortèges auxquels sont venus s'ajouter depuis la rentrée les opposants rassemblés, tous les deux semaines, à chaque marche blanche et silencieuse


IPO.Chamber Regierungserklàrung Anti-Covid Proteste&Debatte.Romain Schneider,Dan Kersch,Pierre Gramegna,Xavier Bettel. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Les députés dénoncent unanimement la violence
Suite au discours de Xavier Bettel devant la Chambre, les différentes familles politiques se sont à leur tour exprimées par rapport aux incidents de samedi. Tous, condamnent les agissements de certains manifestants.

Lors de ces mouvements, les policiers doivent fermer les yeux sur les violations ouvertes de la loi, comme l'obligation de porter un masque ou les règles de distanciation. Et pas question de répondre aux provocations ouvertement proférées à l'encontre des policiers : esprit zen de rigueur, notamment parce que faits et gestes sont désormais filmés par des dizaines de téléphones. 

Sur les faits de samedi (avec invasion des marchés de Noël, propos antisémites tenus, dégradations sur et autour du domicile du Premier ministre, etc), les policiers interrogés s'accordent à dire que leurs collègues ont fait tout ce qu'il fallait. Une approche plus défensive, mais qui a sans doute permis à l'émeute de ne pas tourner au pugilat au cœur de rues et de places où les familles étaient nombreuses à la veille de la Saint-Nicolas.

Président du syndicat de police SNPGL, Pascal Ricquier comprend les critiques sur le manque d'anticipation. «Oui, nous aurions aimé qu'une telle intervention soit mieux préparée, souligne le responsable. Disposer de plusieurs pelotons pour le maintien de l'ordre aurait permis d'intervenir immédiatement en cas d'agression. Ces effectifs seraient alors sortis de leur réserve.» Mais ces personnels n'ont guère été visibles, samedi dernier. Pourtant, mieux équipés et entraînés à ce type d'action que les policiers en patrouille, ils auraient pu être utiles. Y compris à titre dissuasif.

Point chaud

«Au vu des débordements passés qui ont eu lieu à l'étranger, on aurait pu s'attendre à ce que quelque chose de similaire se produise ici aussi», regrette Pascal Ricquier. Dans la précipitation, il a été fait appel à des renforts qui avaient d'autres missions prévues soit dans la capitale, soit en régions. Mais impossible de s'appuyer sur ces pelotons de maintien de l'ordre intervenant sous les ordres d'un officier qui décide, à la seconde, qui intervient, à combien d'effectifs et comment. 

Il va de soi que les événements ont laissé des traces, sur les hommes du terrain, parmi la hiérarchie et jusqu'au ministère de la Sécurité intérieure. Chacun s'accordant désormais à réviser les mesures accompagnant les mouvements de protestation avec un niveau d'encadrement bien moins léger. Un choix à vite déterminer car le calendrier des manifestations reste brûlant pour les jours à venir. Avec notamment un ''point chaud" craint pour ce vendredi déjà, où des groupuscules ont déjà fait savoir qu'ils comptaient profiter d'un cortège organisé par Amnesty International à l'occasion de la journée mondiale des droits de l'homme pour semer le trouble... 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Samedi agité, dimanche plus calme : la capitale a encore vécu un drôle de weekend. Les cortèges d'opposants aux choix sanitaires du gouvernement n'avaient visiblement pas les mêmes buts d'un jour à l'autre.
Etwa 500 Personen hatten sich gegen 15 Uhr auf dem Glacis versammelt. Kurz darauf kam es zu Ausschreitungen.
Afin de maîtriser tout débordement autour des cortèges d'opposants aux mesures sanitaires attendus ce weekend à Luxembourg, la police grand-ducale a obtenu des soutiens en hommes et matériels venus de Belgique.
Un policier pour 312 habitants au Luxembourg
Quelles forces veillent sur vous au Luxembourg? Le ministre de la Sécurité intérieure, Étienne Schneider, fait le point.