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Des Luxembourgeois ont porté plainte contre EDF: ils racontent
Luxembourg 3 min. 04.12.2017 Cet article est archivé

Des Luxembourgeois ont porté plainte contre EDF: ils racontent

Ils ont fait la queue pendant plus de deux heures pour déposer leur plainte au bureau de police de Thionville.

Des Luxembourgeois ont porté plainte contre EDF: ils racontent

Ils ont fait la queue pendant plus de deux heures pour déposer leur plainte au bureau de police de Thionville.
Roger Spautz
Luxembourg 3 min. 04.12.2017 Cet article est archivé

Des Luxembourgeois ont porté plainte contre EDF: ils racontent

Ils étaient un peu plus de 250 personnes, dans 5 villes de France ce weekend, à porter plainte contre EDF et l'Etat français pour «mise en danger de la vie d'autrui». Leur revendication? La fermeture des centrales nucléaires. Une vingtaine de Luxembourgeois ont fait le déplacement.

Des citoyennes et citoyens venus de Belgique, d’Allemagne, du Luxembourg et de Suisse, et de nombreux Français se sont réunis samedi dans cinq villes de France pour dénoncer le manque de protection des installations nucléaires de l’Hexagone et les risques encourus.

Ils ont déposé plainte contre EDF et l’Etat français pour mise en danger de la vie d’autrui. A Thionville, Lyon, Dunkerque, Colmar et Bordeaux, près de 250 citoyens européens se sont mobilisés pour signifier leur refus des risques nucléaires français.

Cette initiative citoyenne, soutenue par Greenpeace Luxembourg et d’autres associations, s’appuie sur un constat commun: «le parc nucléaire français, en plus d’être vieillissant, n’est pas assez sécurisé face au risque d’attaques extérieures», selon un communiqué de l'association luxembourgeoise.

Avec 58 réacteurs sur le territoire français et de nombreuses centrales à deux pas de pays voisins de la France, «le risque nucléaire ne connaît pas de frontières», ajoutent-ils. A Thionville, une vingtaine de Luxembourgeois ont porté plainte aux côtés de la soixantaine de personnes présentes devant le poste de police.

Marc, habitant d'Esch/Alzette: «C'est l'angoisse en permanence»

Marc Cascant, habitant d'Esch/Alzette, en faisait partie. «Quand je vois que n'importe qui peut entrer dans une centrale nucléaire, ça m'inquiète forcément», explique-t-il.

Il vit depuis 5 ans au Luxembourg et se dit «angoissé», notamment lorsque les sirènes retentissent dans sa commune. «Je sais que ce sont des exercices mensuels mais ça me fait toujours un peu peur: un jour, ce ne seront peut-être plus des exercices», confie-t-il.

Pour lui, c'était important de déposer plainte contre l'Etat français pour mettre l'accent sur le manque de sécurité dans les centrales. «Pour Fukushima aussi, tout le monde disait qu'il n'y avait aucun problème... Il faut avoir conscience que si quelque chose arrive à Cattenom, c'est fini pour le Luxembourg: tout ce qui se trouve à 80km autour de cette centrale sera détruit», plaide-t-il.

Le Luxembourg doit-il intervenir pour Cattenom? Pour Marc oui, même si cela semble difficile. «Je me doute que tout est une question de diplomatie, de politique. Mais le Luxembourg peut au moins forcer la France à fermer ses centrales situées près des frontières.»

Se tourner vers les énergies renouvelables

L'Eschois souligne même que le Grand-Duché devrait «montrer l'exemple, en investissant dans les énergies renouvelables et en bannissant toutes productions nucléaires du territoire».

«Je sais qu'aujourd'hui, nous ne pouvons pas faire uniquement avec les énergies renouvelables, c'est impossible. Mais si on investissait l'argent que l'on met dans le nucléaire, pour se tourner davantage vers les énergies renouvelables, ce serait bien !», clame-t-il, rappelant que «la pollution nucléaire que nous créons aujourd'hui sera l'héritage de nos enfants et petits-enfants plus tard».

Mara, habitante de Sandweiler : «On n'est pas des moutons»

Même son de cloche pour Mara, une habitante de Sandweiler qui a, elle aussi, fait le déplacement jusqu'à Thionville samedi. «J'ai vu en avant-première le documentaire de la chaîne Arte, sur le nucléaire - mardi soir à la télévision ndlr. - et ça a été mon déclic. C'est aberrant tout ce qui se passe !», s'exclame-t-elle.

Comme Marc, elle met l'accent sur le manque de sécurité des centrales nucléaires et reste très marquée par le fait que des militants Greenpeace aient pu pénétrer aussi loin dans la centrale de Cattenom le 12 octobre dernier.

«Si un petit groupe d'activistes a pu le faire, c'est du gâteau pour des terroristes», s'affole-t-elle. Elle aura patienté près de 4 heures dans le froid ce samedi mais reste déterminée à «montrer qu'on n'est pas des moutons et que ce n'est pas juste que ces centrales fassent courir un tel danger à des milliers de personnes».

Comme Marc et Mara, de nombreux habitants de pays frontaliers de la France ont ainsi décidé de se joindre à des citoyens français et de saisir la justice pour lutter contre EDF et ses centrales nucléaires.

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