Des logements dotés d'«une meilleure mixité sociale»
Des logements dotés d'«une meilleure mixité sociale»
L'annonce d'un financement à hauteur de 286 millions d'euros par l'Etat du projet «Wunne mat der Woolz» a pu paraître spectaculaire, bien que ce chiffre corresponde aux estimations avancées jusqu'à présent. S'agissait-il uniquement d'un message politique destiné à marquer le retour de la main publique dans l'immobilier?
Diane Dupont, présidente du conseil d'administration du Fonds du logement - «Cette annonce confirme d'une part les ordres de grandeur que nous avions effectivement depuis des années, mais elle donne aussi un coup d'accélérateur car nous avons reçu un signal clair pour réaliser ce projet. Via l'octroi d'une sécurité financière de la part de l'Etat.
Jacques Vandivinit, directeur du Fonds du logement - «Il ne faut pas non plus oublier qu'une grande partie des coûts est liée à un historique industriel. Nous allons donc assainir, dépolluer pour permettre l'installation des logements, mais aussi des constructions d'utilité publique. Ce qui représente une part importante de l'enveloppe allouée.
La totalité du projet doit être achevé à l'horizon 2035. Ce qui paraît encore éloigné pour le moment. Quand les premières unités d'habitation seront-elles livrées?
Jacques Vandivinit - «Il y a bien sûr tout un phasage qui est prévu pour permettre notamment l'assainissement du terrain, puis les travaux d'infrastructure avant la construction des plus de 1.000 logements proprement dits. Vu que les travaux de la future école sont déjà en cours, les premiers logements devraient arriver d'ici la mi ou la fin 2023 dans le quartier Geetz, situé à proximité immédiate. Quelque 70 unités doivent y être créées, via une approche modulable qui permet de construire plus vite, même si je ne peux pas garantir que toutes seront présentes immédiatement. Pour la globalité du site, nos estimations actuelles tablent sur une fin en 2038.
Au vu de la croissance démographique prévue à l'horizon 2050 et l'arrivée attendue de 300.000 nouveaux résidents, une densification supplémentaire de ce projet est-elle envisagée?
Diane Dupont - «Ce projet, comme les autres, a bien évidemment évolué au fil des années, mais ce qui a été retenu apparaît comme la densité maximale acceptable par la commune. Celui de Wiltz est déjà partiellement assez dense. Mais on ne sait jamais, dans quelques années, quelques modifications ponctuelles pourront être réalisées.
La demande de logements reste forte et inquiète bon nombre d'organismes nationaux et internationaux. Quels dispositifs sont mis en place pour suppléer à cette attente, notamment de la part des classes moyennes?
Diane Dupont - «Le but du Fonds du logement reste la production de logements abordables. C'est pourquoi à Wiltz, 70% des logements seront destinés à la location et 30% à la vente avec bail emphytéotique. Mais le ministère du Logement est en train de changer le règlement grand-ducal de 1979 qui gère la question du loyer. Ce qui signifie qu'il est prévu d'avoir un peu plus de mixité sociale sur base des différents déciles de revenu dans le calcul des loyers.
Jacques Vandivinit - «Aujourd'hui, l'ensemble des projets que nous gérons représente une moyenne de cinq euros du mètre carré. Ce qui est très bas. Pour le moment, nous attribuons les logements en fonction de la liste nationale - qui regroupe environ 3.500 personnes, ndlr - en prenant en compte les revenus mais aussi les conclusions des enquêtes sociales. Ce qui signifie que, pour l'heure, nous ne touchons pas ces fameuses classes moyennes. Les réflexions du ministère nous permettraient d'attribuer des logements dans différentes catégories pour bénéficier d'une meilleure mixité sociale.
L'autre grand projet du Fonds tient dans l'aménagement du site «Neischmelz» à Dudelange et ses quelque 1.000 unités de logement attendues. Des réalisations longues à mettre en place...
Diane Dupont - «Cela prend effectivement du temps. Entre le début de la planification d'un PAP et la pose de la première pierre, cela prend quatre ans quand tout va bien. Même si nous tentons de mettre en place toutes les ressources nécessaires pour construire le plus possible et que nous avons les terrains nécessaires, nous ne sommes pas les seuls à décider de la vitesse d’exécution.
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