Dès le 1er décembre 2017

Train moins cher et parking gratuit pour les frontaliers belges

Gare d'Arlon. L'abonnement mensuel va passer de 93,50 euros à 80 euros pour les frontaliers belges qui se rendront au Grand-Duché à compter du 1er décembre 2017.
Gare d'Arlon. L'abonnement mensuel va passer de 93,50 euros à 80 euros pour les frontaliers belges qui se rendront au Grand-Duché à compter du 1er décembre 2017.
Photo: Maurice Fick

Par Maurice Fick

L'accord a été signé ce lundi à Arlon entre le ministre de la Mobilité belge, François Bellot, et François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures, son homologue luxembourgeois. A partir du 1er décembre 2017, les frontaliers belges abonnés au train bénéficieront d'un abattement de 13,50 euros par mois pour se rendre au Luxembourg. Le gouvernement luxembourgeois fait l'effort. En contrepartie, le gouvernement belge rend les parkings SNCB gratuits.

A Arlon par exemple, une place de parking coûte 32,80 euros par mois. Dans moins d'un mois, un travailleur belge qui se gare sur l'un des deux parkings à proximité immédiate de la gare d'Arlon -qui comptent 600 places- ne paiera plus pour s'y stationner et verra son abonnement mensuel de train passer de 93,50 euros à 80 euros. Il gardera concrètement 46,30 euros de plus dans sa poche et perdra sans nul doute moins d'énergie à s'énerver au volant dans les bouchons de l'A6.

Les parkings seront gratuits dans plus de 20 gares situées le long des lignes ferroviaires entre la Province de Luxembourg et le Grand-Duché. A Arlon (notre photo) les deux parkings de 600 places au total sont «en moyenne occupés à 40% pour l'un et 70% pour l'autre», assure Sophie Dutordoir, patronne de la SNCB.
Les parkings seront gratuits dans plus de 20 gares situées le long des lignes ferroviaires entre la Province de Luxembourg et le Grand-Duché. A Arlon (notre photo) les deux parkings de 600 places au total sont «en moyenne occupés à 40% pour l'un et 70% pour l'autre», assure Sophie Dutordoir, patronne de la SNCB.
Photo: Maurice Fick

«Cette offre tarifaire beaucoup plus attractive et le parking gratuit représentent un pas très important pour améliorer la situation des frontaliers belges», estime François Bausch. En Belgique, le transport public est partiellement pris en charge par l'employeur. Ce qui n'est pas le cas des salariés belges travaillant au Grand-Duché.

23 gares concernées

Par la lettre d'intention signée ce lundi, le Luxembourg s'engage à prendre en charge un abattement de 13,50 euros par mois et à gommer «l'effet frontière» sur «toutes les lignes qui convergent du Luxembourg vers la Belgique», précise François Bellot.

Lors de la phase de lancement, les mesures sont valables pour Arlon mais aussi Aubange, Bertrix, Florenville, Forrière, Gouvy, Grupont, Habay, Halanzy, Jemelle, Libramont, Marbehan, Messancy, Neufchateau, Poix-St-Hubert, Stockem, Trois-Ponts, Vielsalm, Virton, Viville, Zone Marche (Marloie, Marche-en-Famenne, Aye). 

Le «déchet de recettes» engendré par l'abattement de 13,50 euros que reversera l'Etat luxembourgeois à la Belgique selon un décompte réalisé par la SNCB et les CFL, «sera de 300.000 euros par an» a grosso modo calculé François Bausch. Avant de glisser qu'il s'agit-là «plus que d'une mesure psychologique» vu les efforts financiers consentis de part et d'autre.

Dans la lettre d'intention signée ce lundi, le ministre de la Mobilité belge, François Bellot (à gauche),et François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures, s'engagent à promouvoir le transport par rail en proposant des tarifs plus attractifs mais aussi en réduisant de vingt minutes le temps de transport entre Luxembourg et Bruxelles et en améliorant la sécurité à bord des trains via l'ETCS.
Dans la lettre d'intention signée ce lundi, le ministre de la Mobilité belge, François Bellot (à gauche),et François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures, s'engagent à promouvoir le transport par rail en proposant des tarifs plus attractifs mais aussi en réduisant de vingt minutes le temps de transport entre Luxembourg et Bruxelles et en améliorant la sécurité à bord des trains via l'ETCS.
Photo: Maurice Fick

Les deux nouvelles mesures phares ont pour objectif de capter un maximum de travailleurs belges pour les encourager à monter dans le train. Et il y a plus de pain sur la planche que de monde sur le quai. Quotidiennement 40.000 frontaliers belges font la route jusqu'au Grand-Duché. Seuls «5,3% sont des navetteurs» qui se déplacent en train, pose Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB. Soit un peu plus de 2.100 personnes.

Avec l'effort consenti sur l'abonnement et les parkings gratuits «notre objectif est de doubler ce chiffre», lance François Bellot. A titre de comparaison, 10.000 frontaliers français circulent tous les matins sur la ligne Thionville-Luxembourg. Sans en révéler davantage pour l'heure François Bausch glisse que «des approches similaires sont en discussion côté français» et rappelle qu'une conférence intergouvernementale est prévue entre le Luxembourg et la France en mars 2018.