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Des futurs logements sociaux encore chauffés au gaz
Luxembourg 5 min. 24.08.2022
Habitations bon marché

Des futurs logements sociaux encore chauffés au gaz

Entre 2016 et 2021, le gaz équipait 54% des nouveaux logements de la SNHBM.
Habitations bon marché

Des futurs logements sociaux encore chauffés au gaz

Entre 2016 et 2021, le gaz équipait 54% des nouveaux logements de la SNHBM.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 5 min. 24.08.2022
Habitations bon marché

Des futurs logements sociaux encore chauffés au gaz

Simon MARTIN
Simon MARTIN
Une situation que l'on pourrait qualifier d'ahurissante au regard du prix du gaz qui a explosé et qui est voué à augmenter à l'avenir. Le ministre du Logement tempère quant à lui.

Malgré le besoin désormais plus que primordial de s'affranchir du gaz russe, une certaine partie des nouvelles constructions des deux promoteurs publics luxembourgeois, la SNHBM et le Fonds du Logement, seront chauffées au gaz.


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Un constat surprenant au regard, d'une part, de la nécessité de se passer autant que possible du gaz russe et, d'autre part, de la hausse fulgurante du prix du gaz. Surtout que les habitations des deux promoteurs publics s'adressent avant tout à des ménages plus modestes. D'une manière plus générale, rappelons que les ménages luxembourgeois doivent s'attendre à une augmentation drastique de leur facture de gaz dans les prochains mois.  «Les prix du gaz sur les marchés de gros ont plus que doublé depuis février», nous expliquait le fournisseur Enovos il y a quelques jours, ajoutant prévoir des augmentations de prix d'environ 80%.

183 nouvelles habitations chauffées au gaz

Pour les députées Myriam Cecchetti et Nathalie Oberweis (déi Lénk), cette situation relève presque du non-sens. Elles prennent d'ailleurs pour exemple le chantier de la SNHBM dans le cadre du plan d'aménagement particulier (PAP) à Belvaux, dans la commune de Sanem. Là, la SNHBM y construit 93 maisons unifamiliales et 11 résidences, avec un total de 183 habitations. 


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Les députées déplorent que ces logements, destinés principalement aux jeunes familles, seront encore équipés de chaudières au gaz. «Le ministre de l'Énergie a pourtant annoncé tout récemment la fin des chauffages sur la base d'énergies fossiles pour les nouvelles constructions, tout en précisant que la nouvelle technologie de référence en matière de chauffage serait la pompe à chaleur», déplorent les deux députés dans une question parlementaire. 

En effet, la législation en vigueur prévoit qu'à partir du 1er janvier 2023 des chaudières à gaz et à fioul ne pourront en principe plus être posées dans des bâtiments résidentiels neufs. De son côté, le ministre du Logement Henri Kox (déi Gréng) a bel et bien confirmé la présence de chaudières à gaz dans le cadre du projet du PAP à Belvaux.

Des disparités entre les deux promoteurs publics 

Ce dernier a toutefois tenu à faire le point sur les différentes sources d'énergie principale utilisées lors de chaque projet immobilier, tant au niveau du SNHBM qu'au niveau du Fonds du Logement. Concernant ce dernier d'ailleurs, les pompes à chaleur équipaient la moitié des bâtiments qui ont été achevés entre 2016 et 2022. Le gaz était quant à lui présent dans 18% des bâtiments. 


Carton rouge pour la SNHBM où, entre 2016 et 2021, le gaz équipait 54% des nouveaux logements.

La question que l'on se pose désormais est de savoir si les logements qui seront construits ou qui sont actuellement en cours de construction depuis la deuxième moitié de l'année 2022 seront encore équipés de chaudières à gaz et si oui, est-il possible de modifier les plans initiaux pour que cela ne soit plus le cas?


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Pour le ministre, les promoteurs publics doivent effectivement donner le bon exemple en affichant un «bilan écologique exemplaire». Dans sa réponse parlementaire, il invoque toutefois l'impossibilité de modifier des projets en chantier ou en cours de planification, surtout si ceux-ci se sont déjà vu attribuer un permis de construire. «Or, un changement du système de chauffage pour de tels projets présente une modification à tel point substantielle, qu'elle ne saurait être justifiée ni du point de vue du coût supplémentaire engendré, ni du point de vue du retard dans la réalisation», a justifié le ministre.

Seulement 2% d'installations au gaz dans les futurs projets

Concernent les projets du Fonds du Logement, la bonne nouvelle étant que seulement 2% des projets en chantier ou en phase d'études seront équipés au gaz. La majorité des futures constructions sera ainsi chauffée grâce à une pompe à chaleur air-eau, qui produit du chauffage et de l'eau chaude en utilisant les calories naturellement présentes dans l'air. «La part très minoritaire de bâtiments encore chauffés au gaz s'explique par des contraintes techniques ne permettant pas le recours à une source d'énergie renouvelable», a justifié le ministre.

Du côté de la SNHMB, pas moins de 20% des logements à entamer entre le deuxième semestre 2022 et la fin 2023 utiliseront encore le gaz. Les autres nouvelles constructions utiliseront quant à elles en majorité le chauffage urbain.

Toutefois, le ministre Kox l'assure: les logements prévus dans le cadre des projets de grande envergure votés en 2022 par la Chambre des députés seront chauffés sur la base d'énergies renouvelables. «Dans le cadre du PAP Wëltgebond à Mamer, tous les bâtiments du Fonds du Logement seront raccordés au réseau de chauffage urbain communal qui fonctionne sur base de pellets de bois. En ce qui concerne le PAP Neischmelz à Dudelange, le concept énergétique prévoit de chauffer les logements à l'aide d'une installation de géothermie», a-t-il détaillé.

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