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Des experts controversés au micro de la Chambre
Luxembourg 4 min. 13.01.2022
Choix sanitaires

Des experts controversés au micro de la Chambre

La ministre de la Santé n'a laissé place à aucun doute sur l'efficacité de la vaccination.
Choix sanitaires

Des experts controversés au micro de la Chambre

La ministre de la Santé n'a laissé place à aucun doute sur l'efficacité de la vaccination.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 13.01.2022
Choix sanitaires

Des experts controversés au micro de la Chambre

Le débat public organisé, mercredi, autour de la vaccination anti-covid a permis à plusieurs médecins et professeurs à la renommée internationale de s'exprimer. Des spécialistes dont les récentes prises de position leur ont valu bien des reproches de leurs pairs.

(pj avec Michele GANTENBEIN) Les pétitions publiques autour de la situation sanitaire ont le vent en poupe ces derniers mois. Et le succès des deux propositions ayant fait l'objet d'un débat public, mercredi après-midi, à la Chambre témoigne bien du positionnement d'une partie de l'opinion publique. Ainsi, le texte de Christelle Pizzirulli a recueilli 11.456 soutiens contre l'introduction d'une vaccination obligatoire, et David Georgiu 4.674 avec sa pétition contre la vaccination des enfants


French Nobel Medicine Prize winner Luc Montagnier talks to the media on October 6, 2008 at the presidential palace in Abidjan. Montagnier dedicated his award to AIDS sufferers and predicted results on a "therapeutic vaccine" for the pandemic within four years. Montagnier and Francoise Barre-Sinoussi, who shared the Nobel prize, discovered the human immunodeficiency virus (HIV) that causes AIDS by destroying immune cells, one of the scourges of modern times. AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO
Un prix Nobel de médecine pour défendre la liberté vaccinale
Ce mercredi après-midi, le Pr Luc Montagnier participera avec d'autres scientifiques aux échanges entre députés luxembourgeois et pétitionnaires au sujet de la campagne vaccinale anti-covid.

Et pour mieux argumenter leurs thèses les pétitionnaires ont pu compter, ce 12 janvier, sur des renforts de poids. Ainsi, sur les bancs, pouvait-on notamment reconnaître rien moins qu'un prix Nobel de médecine, le Pr Luc Montagnier. A 89 ans, celui dont la découverte du virus du sida a fait la gloire, voit aujourd'hui son aura quelque peu diminuée après des prises de position douteuses, et pas seulement sur le covid. Selon lui toutefois, la vaccination censée lutter contre les effets du SARS-CoV2 serait à l'origine même des variants. D'où sa thèse : la campagne de vaccination est une erreur scientifique et médicale majeure.

A ses côtés, la généticienne française Alexandra Henrion Caude était également présente. Elle estime, pour sa part, que les vaccins «sont encore en phase d'essais cliniques». Comme le Pr Montagnier, ce médecin estime que les injections anti-covid risquent de favoriser les mutations virales. Et s'il fallait encore ajouter des voix dans le débat, les pétitionnaires ont volontiers cédé leur temps de parole qui au dentiste Romain Blum, qui à l'avocate Karima Rouizi. Autant d'intervenants qui, globalement, ont surtout insisté sur l'inutilité de la vaccination en soi.

Pour le pétitionnaire David Georgiu, s'il convient d'interdire la vaccination des enfants avec des vaccins à ARNm c'est parce que, selon lui, ces sérums peuvent modifier le patrimoine génétique des individus. Aussi, estime-t-il que les effets secondaires sur la santé des jeunes sont bien plus nombreux que les bénéfices de l'immunisation face au virus. Et pour défendre sa position, le Luxembourgeois s'est fait aider par le Dr Benoit Ochs. Qu'importe si ce généraliste fait l'objet d'une interdiction d'exercer (recours prochainement jugé), il a eu droit à la tribune parlementaire. Avec lui, la présence de l'infectiologue renommé Christian Perronne n'a pas permis de dissiper l'odeur de soufre planant sur ce 48e débat public.


08.01.2022, Sachsen, Dresden: Ein siebenjähriges Mädchen bekommt bei einer Impfaktion der Staatlichen Kunstsammlungen Dresden (SKD) für Kinder und Jugendliche zwischen fünf und 17 Jahren im Residenzschloss nach der Impfung gegen das Coronavirus ein Pflaster auf den Arm geklebt. Foto: Robert Michael/dpa-Zentralbild/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
La vaccination dès 5 ans recommandée au Luxembourg
Le Conseil supérieur des maladies infectieuses se dit favorable à un schéma vaccinal à deux doses pour les jeunes de moins de 12 ans au Grand-Duché. Avec une priorisation pour les petits vulnérables ou en contact avec des personnes fragiles.

En effet, ce chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Raymond-Poincaré à Paris a été démis de ses fonctions en décembre 2020 pour des déclarations liées à la pandémie. Perronne est cash dans ses déclarations contre une formule à qui il ne veut pas donner le nom de vaccin, «la preuve : il ne protège pas contre la propagation du virus, ni contre la maladie». En ce qui concerne les enfants, c'est sur un ton formel qu'il a déclaré qu'il y aurait plus d'enfants qui mourraient à cause du vaccin anti-covid que du virus.

Autant de propos et tentatives de convaincre qui n'ont guère porté auprès des députés présents et de la ministre de la Santé. Une Paulette Lenert (LSAP) qui a reproché aux uns et aux autres de banaliser le virus et la pandémie. «Vous faites comme s'il s'agissait d'une petite grippe. Ce n'est pas le cas», a rappelé la vice-Première ministre. Une responsable politique vent debout aussi face aux déclarations sur les mutations évoquées par les hôtes du jour : «Les mutations existent aussi sans vaccination», tranchait-elle.

Reste qu'au-delà des oppositions d'arguments pro/anti-vax, les députés ont été particulièrement intéressés par la question des alternatives à la vaccination avancées par les ''experts'' présents. A cet égard, le nom des trois médicaments hydroxychloroquine, azithromycine ou ivermectine ont été mentionnés à plusieurs reprises comme des moyens efficaces contre les effets du covid-19. Autant de traitements qui n'ont pas eu les faveurs de l'Agence européenne des médicaments (EMA) et de son homologue US (FDA) juste pour des raisons économiques. La défense des intérêts financiers de certains laboratoires bloquant les études sur l'utilité de ces molécules.


«La population non vaccinée pose des problèmes»
Alors que le nombre de nouvelles infections au covid-19 a augmenté de 110% en ce début 2022 par rapport à la fin 2021 en lien avec le variant Omicron, le directeur de la Santé assure que «de nouvelles restrictions ne devraient pas survenir». Et se dit «plutôt en faveur» de la vaccination obligatoire.

Et Christian Perronne d'affirmer notamment que la célèbre revue scientifique The Lancet aurait publié une étude falsifiée sur l'efficacité du médicament hydroxychloroquine. Ajoutant que Pfizer avait produit des résultats d'études falsifiés sur son vaccin afin d'obtenir une autorisation de mise sur le marché. A la question du député Pirate Sven Clement de savoir si les experts présents remettaient en question le consensus de la majeure partie de la communauté scientifique, l'avocate Karima Rouizi a répondu. Pour elle, il n'y a justement pas consensus, «la science est faite de doutes». 

Une formule qui restera dans les esprits des députés ayant participé à cet échange. La semaine prochaine, eux et leurs collègues étudieront justement la question de l'introduction d'une vaccination obligatoire au Luxembourg. 

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A medical worker prepares a dose of the Pfizer/BioNTech vaccine, in a gymnasium, in Nogent-le-Rotrou, western France, on April 3, 2021. - 770 second doses are expected to be administered during a flash vaccination day. (Photo by JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
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An employee works on a production line at the factory of British multinational pharmaceutical company GlaxoSmithKline (GSK) in Saint-Amand-les-Eaux, northern France, on December 3, 2020, where the adjuvant for Covid-19 vaccines will be manufactured. - Canada's Medicago and British pharmaceutical giant GlaxoSmithKline (GSK) announced on December 3, 2020 the launch of phase 2 and 3 clinical trials on a Covid-19 vaccine, one of a series of candidates being developed worldwide. Final phase 3 trials of the plant-derived vaccine candidate will begin by year's end and will be tested on 30,000 volunteers in North America, Latin America and Europe, according to a joint statement. (Photo by FRANCOIS LO PRESTI / AFP)